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Dans cet article, je vais te donner la réponse, car je me suis vraiment posée la question d’aller ou non à Rotterdam. J’avais déjà traversé rapidement la ville dans les années 90 et elle ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Mais il semblerait qu’un vent de modernisme architectural a depuis soufflé sur la ville jusqu’à en faire un véritable laboratoire. Il fallait que j’en ai le cœur net. Je décidais donc d’y passer une journée tout en me disant : si ça ne plaît pas, je file avec le waterbus sur Kinderdijk.
Quelques repères sur Rotterdam
- Rotterdam était au 12ème siècle un village de pêcheurs ;
- Elle est devenue la deuxième métropole des Pays-Bas, le plus grand port d’Europe et le huitième port mondial ;
- Située en bordure de la mer du Nord, entre les deltas du Rhin et de la Meuse, elle occupe une position stratégique ;
- Aujourd’hui, c’est la ville la plus innovante et la plus étonnante du pays, une ville qui a su se relever après les terribles bombardements de la seconde guerre mondiale ;
- C’est ici qu’est né Érasme, au 15ème siècle. Plusieurs constructions lui rendent hommage : l’hôpital, un magnifique pont blanc.
Une architecture qui décoiffe
Rotterdam est une ville où les architectes osent et s’en donnent à cœur joie : des immeubles qui penchent, des étages suspendus au-dessus du vide, des cubes en équilibre, rien ne semble impossible ici ! Rotterdam a subi de lourdes destructions pendant la Seconde Guerre Mondiale : en quelques minutes, le 14 mai 1940, le cœur de ville fut anéanti : seules, une église et la Witte Huis (Maison Blanche) restèrent debout. Tout a du être reconstruit. Aujourd’hui, la ville est devenue un véritable laboratoire architectural.
Partout dans la ville au fil de ma balade, j’ai pu découvrir des bâtiments étonnants. Parmi les plus marquants, il y a les célèbres maisons cubiques, le dépôt artistique Bojimans et le Markthal.

La gare et autour
Je suis arrivée en train à Rotterdam et dès la sortie, je découvre un bâtiment original. Inaugurée en 2014, son toit forme une immense flèche comme pour indiquer la direction du centre ville. Pour ma part, le bâtiment me fait penser à la proue d’un bateau.
Suivant la direction donnée par la flèche, je longe un canal en direction du fleuve. Les constructions qui le bordent alternent de petits bâtiments de style néerlandais avec des façades en briques et des pignons, et, de l’autre côté de grands immeubles modernes dont les façades jouent avec la géométrie et les couleurs. Le ton est donné.
Les maisons cubiques
Des maisons cubiques certes (Kubuswoningen), mais pas forcément posées dans le sens auquel on s’attendrait. Non, non ! Ici aussi, les architectes ont fait preuve d’imagination en implantant les maisons en équilibre sur un pilier, comme les dés d’un jeu. Toutes les maisons sont ainsi inclinées à 45°. L’architecte, Piet Blom, a conçu sont projet comme une forêt : chaque maison représente un arbre. Forcément, certaines fenêtres présentent une inclinaison spéciale : impossible de s’y pencher au risque de tomber !
Witte House
Depuis le parvis où se situent les maisons cubiques, la vue porte sur le vieux port qui offre une toute autre image de Rotterdam. Ici se trouve « Het Witte Huis » (La Maison Blanche), l’un des rares édifices à avoir échappé au bombardement de 1940. Elle date de 1897 et fut le premier gratte-ciel des Pays-Bas avec 11 étages et une hauteur de 43 mètres. La façade est joliment décorée avec des carreaux de style art-déco.

Le Markthall
C’est ici que j’ai déjeuné et que j’ai dégusté un petit pain garni de harengs et d’oignons. C’est très bon ! Mais j’étais surtout venu ici pour voir le bâtiment. Il s’agit d’une immense halle – mais vraiment immense avec 120 mètres de long – en forme de fer à cheval dont la hauteur sous plafond (40 mètres) donne le vertige. Et ce plafond est entièrement recouvert de motifs colorés représentant des fruits et légumes… soit une fresque géante de 11 000 M2. Ça donne un air gai et joyeux. Dessous, de nombreux étals de nourritures sont installés, proposant des plats du monde entier ; la plupart ont aménagé un étage au-dessus de leur stand où on peut se poser pour déjeuner.
Plus étonnant encore, en observant le haut des murs, j’aperçois des fenêtres carrées au milieu des dessins… ce sont des appartements ! Il y en a 228.
Le dépôt Bojimans
Autre lieu qui vaut le coup d’œil, c’est le dépôt Bojimans ; mais attention, c’est un dépôt particulier : des œuvres d’art sont stockées ici… et figurez-vous qu’on peut le visiter. J’y suis arrivée trop tard pour ma part, mais rien que l’extérieur mérite d’y faire un détour. Imaginez un imposant bâtiment circulaire, ressemblant à un immense bol, dont la façade est recouverte de 1 664 miroirs… de quoi attirer les visiteurs, qui s’empressent de se prendre en photo dans les reflets. Évidemment, je n’ai pas résisté à faire de même 🙂 . Me trouverez-vous ?
Le port
Impossible d’aller à Rotterdam sans faire une balade en bateau dans le port. J’ai donc embarqué pour une croisière d’1H30 à la découverte de la Skyline et du port. Je suis montée directement sur le pont du bateau à l’air libre. On a beau être en août, la température ne dépasse pas 19° et un petit vent frais souffle. Mais la vue vaut vraiment le coup.
En 1h30, j’ai eu un aperçu de l’évolution du port. Il est vraiment immense, s’étendant sur plus de 30 kilomètres. Le départ se fait à hauteur du pont Erasmus, un magnifique pont blanc surnommé « Le Cygne » en raison de sa forme. Il s’agit d’un pont suspendu de plus de 800 mètres reliant le nord et le sud de la ville.
Je découvre côté sud, un nouveau quartier, Kop van Zuid, qui s’est développé autour d’un bâtiment en briques de 1901 surmonté de deux tours avec des toitures en bronze. C’était aujourd’hui autrefois le siège de la HAL, la Holland Amerika Lijn ; aujourd’hui, il est devenu un grand hôtel. Il semble un peu perdu au milieu de tous ces buildings rutilants.
Nous longeons ensuite les différents quartiers et découvrons des lieux très différents. Il y a les quartiers reconstruits et forcément très modernes.
Mais il y a aussi Delfshaven, un des rares endroits où je retrouve les éléments typiques des Pays-Bas : façades en briques, moulin. C’est un lieu marqué par l’histoire des Pères Pèlerins : il est possible de visiter l’église où ils se réunissaient avant de prendre la mer pour rejoindre l’Amérique.
Puis le bateau arrive dans le port industriel. Il passe au large des différents terminaux : ils sont dédiés à des marchandises spécifiques, par exemple le terminal des fruits et légumes. Un autre est dédié aux produits pétroliers : il est entièrement automatisé : chargements et déchargements sont contrôlés par l’intermédiaire d’écrans. Le balai des grues est incessant. Il y a aussi un terminal « green ».
L’activité est palpable : nous croisons plusieurs porte-containers chargés sur une hauteur impressionnante. Les grues, immenses, sont en action. Je découvre également un cargo à voile. Il s’agit du Trans Hav, construit en 2007. Il s’agit d’un navire qui circule entre Rotterdam, la Norvège et le Royaume-Uni. Trois grands mâts s’élèvent à l’avant, des cylindres verticaux qui captent l’énergie du vent afin de soulager les moteurs thermiques. Le pont est recouvert de panneaux solaires et le bateau dispose également d’un système de stockage d’énergie par batteries.
Changement d’époque : en revenant au point de départ, le bateau passe devant un beau paquebot blanc, le SS Rotterdam de la compagnie HAL (Holland Amerika Lijn). Autrefois un luxueux navire, aujourd’hui un hôtel qui ne quitte plus son quai.
Oude Haven et Leuvehaven
Il y a à Rotterdam un grand musée maritime. Je me suis contentée de la partie extérieure. Les bassins portuaires de Oude Haven et Leuvehaven accueillent un nombre important de bateaux anciens appartenant au Musée Maritime. J’ai pu y découvrir de vieilles grues portuaires, des ateliers dans lesquels s’activent des forgerons, des menuisiers…, et aussi un bateau phare, des remorqueurs et autres navires. Allez-y, l’accès est libre et gratuit. C’est vraiment chouette.
Mon avis sur Rotterdam
Ce serait dommage de faire l’impasse sur Rotterdam : elle ne ressemble à aucune autre ville des Pays-Bas ! Une journée permet d’en avoir un bel aperçu. J’ai commencé par la croisière dans le port puis j’ai fait le reste à pied : traversée du Het ParK, partie extérieure du musée maritime, Markthall, maisons cubiques, Oude Haven et enfin Bojiman. Une journée supplémentaire permettra de visiter les musées, d’aller déambuler dans Delfshaven, de monter dans la tour Euromast pour un point de vue sur la ville, enfin de découvrir encore tout un tas de bâtiments à l’architecture atypique et de très belles fresques de street-art. J’y ai donc passé une bonne journée… et ne suis pas allée à Kinderdijk. C’était l’un ou l’autre dans mon planning et je ne regrette pas mon choix.
Dis-moi en commentaire si tu aimerais (ou pas) visiter Rotterdam !
Les bons liens pour préparer sa visite
- les maisons cubiques
- le port et son évolution
- pour réserver sa visite en bateau . Il est possible d’acheter également les billets au guichet sur place.
- Musée maritime de Rotterdam
- Dépôt Bojimans
- Retrouverez mon circuit complet aux Pays-bas

























