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OccitanieTarn-et-Garonne

A vélo autour d’Auvillar

Une boucle à vélo dans le Tarn et Garonne, qui traverse de beaux villages, une campagne verdoyante et se termine en longeant le canal latéral à la Garonne.

A la confluence du Tarn et de la Garonne

Point de départ, la base de loisirs de Saint-Nicolas-De-La-Grave. Un magnifique plan d’eau situé en Terres des Confluences, là où le Tarn et la Garonne se rencontrent. Un vaste espace de 25 hectares bordé d’arbres, où s’ébattent de nombreux cygnes et autres palmipèdes. Le lieu est d’ailleurs une réserve ornithologique. Fin avril, la base de loisirs émerge à peine de sa torpeur ; quelques élèves prennent des cours de voile, quelques visiteurs viennent pique-niquer, un couple arpente le sentier botanique. La balade commence comme je les aime, au milieu d’une belle nature.
Départ en suivant le sentier botanique qui longe le plan d’eau, un sentier ombragé très agréable. Des panneaux d’informations ont été installés présentant la faune, la flore et la vie du lieu au fil des saisons. De loin en loin, des bancs permettent de se poser et de savourer la vue et la tranquillité du lieu.

Saint-Nicolas-de-La-Grave, une jolie surprise

Il nous faut ensuite bifurquer pour rejoindre le village de Saint-Nicolas-De-La-Grave. Je me demande bien pourquoi je n’en avais jamais entendu parler. Car il est vraiment très joli ce village. Il possède un château tout en briques roses, doté de tours carrés à chacun de ses angles, aujourd’hui occupé par la mairie. Il a été construit au 12ème siècle par les Abbés de Moissac, petite ville située à quelques kilomètres d’ici. Un château qui a vu passer Richard Cœur de Lion ; il paraît que c’est lui qui serait à l’origine de la construction de l’une des tours, celle dite « Tout des Anglais ». Imaginez qu’à cette époque, la Garonne coulait aux pieds du château et qu’un port avait été aménagé. Aujourd’hui, le fleuve a creusé son lit quelques kilomètres plus au nord.
Au centre du village, se trouve une halle qui date de 1898. Elle possède une toiture métallique joliment dentelée sur ses bords avec deux rangées de cornières en équerres.

Une petite anecdote avant de quitter Saint-Nicolas-De-La-Grave : saviez-vous que le fondateur de la ville de Détroit aux États-Unis, Antoine Laumet de Lamothe-Cadillac est né ici en 1658 ? Et que c’est en son honneur qu’un constructeur de voitures a donné son nom à une marque de voitures de luxe.

Auvillar, un village préservé

La deuxième étape nous mène dans l’un des « plus beaux villages de France », Auvillar. Pour le rejoindre, j’ai choisi d’emprunter les petites routes, l’occasion de longer d’immenses vergers. Nous passons ainsi par Merles, que nous laissons sur notre gauche pour emprunter une voie communale. Une surprise nous attend juste à la sortie du village. En bord de route se dresse un magnifique chêne, un chêne qui a vu passer Henri IV et la Reine Margot, « escortés de 44 chevaliers et d’une suite de belles dames et de gentilshommes ». Aux pieds de cet arbre majestueux, il y a une fontaine dont « l’eau fraîche et limpide » permis à la compagnie de se rafraîchir. A notre passage, pas une goutte d’eau… heureusement, nous avions nos gourdes !

La route contourne le village de Merles dont on peut apercevoir l’église qui jouxte les champs. Nous rejoignons ensuite la D12 qui nous mène droit sur Auvillar. Ici, beaucoup de jolis bâtiments à découvrir ainsi qu’un beau point de vue. Auvillar est perché sur un éperon rocheux, dominant la vallée de la Garonne, tandis qu’à ses pieds avait été installé, ici aussi, un port fluvial qui en faisait une étape importante. Une étape commerciale qui perdit son attraction lors de la construction de la voie ferrée et de la mise en service du canal des deux mers un peu plus bas dans la vallée.

Posons le vélo et partons à pied dans les ruelles, le nez en l’air… car, dans ce village, il y a de petites statues accrochées sur les devantures des maisons. Il y en a tellement que ça devient un jeu de les chercher. C’est à l’office du Tourisme des Deux Rives situé au cœur du village que nous obtiendrons les explications. Auvillar se situe sur la via Podensis, le chemin des pèlerins de Compostelle. Nous croisons d’ailleurs de nombreux pèlerins avec une coquille Saint Jacques accrochée à leur sac à dos. Ainsi, les statues représentent des pèlerins de Compostelle. Elles sont réalisées à l’occasion du marché des potiers qui a lieu une fois par an en octobre. Elles sont toutes différentes, variant selon l’humeur du potier, nous explique-t-on malicieusement à l’office du tourisme !

Le premier édifice que nous rencontrons sur notre chemin est l’église Saint Pierre, autrefois une abbatiale dépendant de l’Abbaye de Moissac. Elle présente un clocher un peu particulier, entouré de deux clochetons en brique. Un clocher qui donne sur un mur qui a visiblement été détruit. Et en effet, ce sont les protestants puis les révolutionnaires qui détruisirent une partie de la tour du 15ème siècle… et qui fut laissé en l’état. Elle est en pierre claire, d’un style extérieur assez sobre. Entrez à l’intérieur, ça vaut vraiment le coup. Il y a à gauche de l’entrée un polyptyque du 17ème siècle constitués de 7 panneaux dont deux représentant Saint Louis et un saint évêque… Et tout au fond de l’église, il y a une jolie petite chapelle aux murs peints dédiée à la Vierge à l’enfant. C’est la partie la plus ancienne de l’édifice qui date du 12ème siècle. Sur le côté gauche, un escalier mène à une crypte souterraine où est exposé le trésor de l’église.

Depuis l’église, nous enfilons la rue du Palais qui nous mène à la fameuse halle d’Auvillar, mon coup de cœur de la journée, une halle ronde au milieu d’une place triangulaire. Construite en 1825, elle est vraiment magnifique avec ses 20 piliers ronds. Sa forme est vraiment particulière ; à ce jour, ne n’en ai pas vu de semblable dans la région. Elle était utilisée pour vendre les céréales produites dans les champs alentours. D’ailleurs, on retrouve le nom de toutes ces céréales inscrites sous la halle sur tout le pourtour. Mais deux noms attirent mon attention : « champart » et « méteil ». Le premier désigne un mélange de seigle, d’orge et de blé ; le second un mélange de blé et de seigle. Au centre de la halle sont exposées des mesures à grains métalliques datant de la construction. Plus intrigantes sont les mesures à grain en pierre, provenant de la halle qui existait auparavant au Moyen-Âge.

La place est bordée de vieilles maisons, en briques et à colombages. La plus ancienne date du 15ème siècle ; elle est toute en bois et reconnaissable à ces colombages croisés en façade. Un couvert permet de circuler sous les maisons. Il devait y avoir une belle ambiance autrefois lorsque les boutiques y étalaient leurs marchandises.

Il ne faut pas hésiter ensuite à explorer les ruelles autour de la halle. Au bout de la rue de l’Horloge, il y a l’imposante tour de l’Horloge surmontée d’une cloche. A l’origine, il y avait ici une porte fortifiée et un pont levis. Elle abrite aujourd’hui un musée de la Batellerie, en souvenir des activités fluviales qui enrichirent autrefois la cité. De là part la rue Sombre, une rue étroite pavée de gros galets de Garonne sur laquelle donne le palais des consuls et son échauguette en briques.

A l’opposé, de l’autre côté de la place, dans la rue des Nobles, il ne faut pas manquer une belle maison à colombages peinte de rouge.
Enfin, là où se trouvait le château, il y a aujourd’hui un petit jardin ombragé avec une vue étendue sur la vallée de la Garonne, les nombreux vergers, le château de Lastours et les tours réfrigérantes de la centrale de Golfech.

Lorsque nous avons visité Auvillar, une exposition de calligraphie se tenait dans les locaux de l’office du tourisme. Car il y avait autrefois ici une « fabrication » de plume d’oie à écrire ; une fabrication en lien avec les nombreux élevages présents dans la région qui s’exportait alors jusqu’au Levant et en Espagne.
Il existe encore un autre musée à Auvillar, que je n’ai pas eu le temps d’aller visiter, celui de la faïencerie. Autrefois, de nombreuses fabriques étaient installées ici produisant de la vaisselle qui elle aussi s’exportait bien au-delà de la région.

Entre deux canaux

Pour entamer le chemin du retour, nous choisissons de filer sur le canal latéral à la Garonne. La route dévale du village jusqu’au fond de la vallée (d’où l’intérêt de faire le circuit dans ce sens). Nous traversons la Garonne, l’occasion d’avoir un beau point de vue sur Auvillar. En arrivant sur Valence d’Agen, nous passons au-dessus du canal de Golfech. Je suis surprise par sa largeur. Long de 15 km, il relie la centrale à la Garonne à la hauteur du barrage de Malause. Du pont, nous distinguons parfaitement les tours de la centrale et leur panaches blancs qui s’élèvent vers le ciel. Le canal de Golfech est parallèle à celui de la Garonne ; seuls quelques mètres les sépare.

Nous enfilons le chemin de halage du canal latéral, un parcours ombragé rythmé par les écluses. Des bateaux de tourisme commencent à nouveau à circuler avec les beaux jours. A la hauteur de Boudou, nous rejoignons un pont métallique qui mène vers la base de loisirs. Mais pour monter sur le pont, il faut emprunter un escalier à double volée… qui dispose de rails pour les vélos. Mais c’est haut quand même. Pour ma part, j’ai délégué la tâche pour faire des photos 🙂

Au final 40 km à vélo, des routes très tranquilles, peu de monde sur le chemin du halage (toujours beaucoup moins fréquenté que celui du canal du Midi) et un patrimoine très intéressant à découvrir.

Le coin pratique

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2 comments
  1. Eure-balades.fr

    Bonjour !
    Wow, les photos sont vraiment magnifiques, et le village semble vraiment hors du temps…
    Merci pour l’itinéraire, j’essayerai de l’emprunter cet été quand je serai dans le coin 🙂
    A bientôt !
    Sam

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