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Sur la Route des Crêtes

La Route des Crêtes, une balade incontournable d’un séjour en Alsace. Les points d’intérêts y sont nombreux et les paysages magnifiques. Nous l’avons suivie sur une longue journée ponctuée de « ah » et de « oh » que je vous partage ci-dessous.

Cet article participe au rendez-vous mensuel #EnFranceAussi organisé par Sylvie du blog « Le coin des voyageurs ». Le thème choisi pour ce mois de septembre par Inès du blog « Les Millet du 62 » est « Sur la route».

Quelques mots sur la route

La Route des Crêtes a une origine historique. Elle fut tracée par le Haut-Commandement français pendant la Première Guerre mondiale afin d’assurer le ravitaillement et les communications entre le nord et le sud du massif vosgien.

Elle serpente sur les sommets des Vosges sur environ 80 km, dévoilant de superbes points de vue. Du nord au sud, elle relie sainte Marie aux Mines à Cernay. Le paysage évolue au fil des kilomètres. Après Sainte Marie aux Mines,  la route effectue des lacets au milieu d’une forêt de hauts conifères.  On comprend alors le surnom du massif  » la ligne bleue des Vosges ». Elle franchit plusieurs cols dont celui des Bagenelles, celui du Bonhomme ou encore celui de la Schlucht. Le premier d’entre eux, le col des Bagenelles à 903 mètres d’altitude, marque le passage entre l’Alsace et la Lorraine. C’est ici qu’il faut marquer un arrêt pour avoir un beau point de vue sur la vallée de Sainte Marie aux Mines quittée quelques minutes plus tôt. Car, le col suivant, celui du Bonhomme, est entouré d’une épaisse forêt ne laissant aucune chance au regard de voir au-delà des arbres.

Après le Honeck, le paysage change totalement , la route flirte avec les sommets chauves et arrondis. De vastes prairies recouvrent les pentes, parfois occupées par troupeaux de vaches noires et blanches dont les cloches tintent joyeusement. C’est avec le lait de ces vaches qu’est produit le fameux fromage de Munster, un fromage à pâte molle qui dégage une odeur terrible mais au goût subtil. Le long de la route, on peut d’ailleurs trouver plusieurs fermes qui en produisent.

Le paysage étant dégagé, la vue porte loin, très loin, jusqu’à la Forêt Noire et même jusqu’aux Alpes parfois, tandis que les vallons sont ponctués de nombreux petits lacs glaciaires comme celui de Kruth-Wildenstein par exemple. Au niveau du Markstein, une station de ski qui attire foule hiver comme été, de nombreux parapentistes s’élancent dans les airs.

En parlant de foule… il faut savoir que la Route des Crêtes rencontre énormément de succès.  Ainsi, en plein été,  et même en semaine,  les parkings sont saturés et quand je dis saturés,  ce n’est pas un vain mot. Les voitures envahissent les bords de la route en amont et en aval des parkings. Dans les cols ou les lieux d’intérêts, il est pratiquement impossible de s’arrêter dès lors que la journée est bien avancée.

Randonnée au lac blanc

Après le col du Bonhomme, c’est l’un des premiers arrêts à faire. Trois lacs se situent en contrebas de la route, accessibles par des sentiers de randonnées : le lac Blanc, le lac Noir et le lac Vert. Des couleurs qui font écho à leurs caractéristiques, le Noir en raison de sa couleur sombre due à son fond occupé par une tourbière, le Vert dont l’eau est teintée par la présence d’une algue ; quant au lac Blanc, sa couleur ne saute pas tout de suite aux yeux. C’est en s’approchant de sa rive que l’on comprend qu’il doit son nom au sable quartzeux qui le tapisse. D’ailleurs, du côté du parking, il y a une toute petite plage.

Plusieurs possibilités de randonnées existent ici, la plus longue reliant les trois lacs. Pour notre part, nous avons choisi de faire le tour du lac Blanc afin de garder du temps pour la suite de la Route des Crêtes. Nous l’avons fait dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, un peu à l’envers de tout le monde ! Le chemin est qualifié de difficile. En fait, je ne l’ai pas trouvé si compliqué, c’est surtout qu’il demande une attention de tous les instants et une grande concentration pour bien choisir où poser les pieds. La montée et la descente sont toutefois particulièrement raides.

le chemin démarre au niveau du lac et emprunte un sentier humide, voire boueux par endroit. Il est possible de s’approcher du bord et de prendre la mesure des hautes parois rocheuses qui le dominent sur l’autre rive… des parois que nous allons devoir grimper. D’ailleurs, assez vite, c’est une pente assez raide qui se présente à nous, parfois glissante en raison de l’eau qui ruisselle. Heureusement, les arbres nous offrent un ombrage très appréciable en cette journée ensoleillée d’août. Arrivés sur la crête, c’est une belle récompense qui nous attend avec une vue d’ensemble sur le lac et sur les montagnes alentours. Ici, les arbres ont laissé la place à un paysage de hautes-chaumes baptisé le Gazon du Faing. C’est un espace qui fait partie de la réserve naturelle Tanet Gazon du Faing, un nom un peu compliqué, mais tout s’explique : Tanet est un dérivé du mot allemand « sapin » (Tannenbaum) ; Gazon désigne les hautes chaumes, des pâturages d’altitude ; et Faing est le nom donné ici aux tourbières. On y trouve de nombreux pieds de myrtilles couverts de petits fruits bleus délicieux et de jolis pieds de bruyères en fleurs, de quoi faire oublier l’effort de la montée.

Il faut ensuite traverser un petit ruisseau avant d’attaquer la descente pour revenir au niveau du lac. Le chemin est complètement différent de la montée ; il s’effectue sur un éboulis de rochers qui demande une grande concentration. A mi-parcours, un escalier permet de passer à proximité du « Château de Hans », en fait un rocher surmonté d’une statue de la Vierge. Selon la tradition populaire, le château de Hans était la demeure d’un seigneur sanguinaire et cruel qui terrorisait la population de la région. Il paraît que seuls les cœurs purs peuvent voir son reflet dans le lac. Encore un peu d’attention, mais le chemin est déjà mieux tracé et nous voilà à nouveau au niveau de lac au bord de la petite plage de sable.

Le plus haut sommet des Vosges

C’est un paysage à  l’opposé de celui du lac blanc que nous découvrons. Ici les sommets sont dénudés d’arbres,  recouverts d’une prairie rase mais très fleurie faisant la part belle aux papillons, très nombreux. Le Grand Ballon aussi appelé Ballon de Guebwiller est le plus haut sommet des Vosges. Il culmine à 1424 mètres et est coiffé à son sommet d’un radôme tout rond, véritable clin d’œil à son relief ; un bâtiment construit en 1997 et dédié au trafic aérien. Légèrement en contrebas, un monument à la gloire des chasseurs alpins français a été érigé, le monument des Diables bleus, comme les surnommaient alors les allemands lors de la Première Guerre mondiale. C’est d’ici que la vue est la plus large, malheureusement un peu brumeuse le jour de notre passage, ce qui ne nous a pas permis de distinguer le Mont-Blanc. L’arrêt au Grand ballon fait partie des incontournables de la Route des Crêtes ; la montée est courte – environ 15 minutes à pied – et très facile.

Rendez-vous avec l’histoire

Tout au sud de la Route des Crêtes, c’est dans un lieu bien différent qui nous choisissons de nous arrêter, le Hartmannswillerkopf, un éperon rocheux lourdement marqué par la Première Guerre mondiale. Rebaptisé le Vieil Armand, c’est aujourd’hui un lieu de mémoire. Ici, des hommes se sont battus, sur ce qui fut le plus grand champ de bataille de l’Alsace, creusant des tranchées.  A l’entrée du site se trouve une crypte semi-enterrée qui abrite les ossements de 12 000 soldats non identifiés. A l’arrière, la pente est recouverte de plus de mille croix blanches marquant chacune l’emplacement d’une tombe. On peut ensuite suivre un petit parcours dans la montagne qui garde les stigmates de la guerre : le terrain est toujours bouleversé par l’impact des obus, des tranchées sont encore visibles. Au sommet se dresse une immense croix de 22 mètres comme un phare pour nous rappeler l’importance de la paix.

Mon avis sur la Route des Crêtes

J’ai vraiment été séduite par ce parcours. C’est un endroit où il y a de nombreuses randonnées à faire, de nombreux arrêts à marquer pour profiter du paysage tout simplement. J’ai eu un coup de cœur pour le lac Blanc !
Mais, cette route est très fréquentée et parfois, nous avons du renoncer à nous arrêter faute de place, notamment dans la partie des Hautes Chaumes que nous avons traversée pendant l’après-midi. Je conseillerais donc de la découvrir par petits tronçons sur 2 à 3 jours afin d’arriver tôt le matin sur les lieux à explorer.

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13 comments
  1. Renée

    Oui, on n’a pas resisté au Munster 😁. Et ces paysages sont effectivement une autre image de l’Alsace, très différente mais tellement belle.

  2. Paule-Elise

    On a fait la route des Crêtes en 2016, sur 3-4 jours, c’était magnifique ! Nous y étions en juin et il y avait déjà un peu de monde mais nous n’avons pas eu de difficultés à nous garer ou trouver des emplacements pour dormir en van. A tenter légèrement hors saison peut-être ! Par contre tu sembles avoir eu meilleur temps que nous, je me souviens du Grand Ballon dans une brume totale !!

  3. Aurélie

    Mon dernier passage en Alsace ayant été fortement pluvieux, j’avais du me rabattre sur des visites urbaines histoire de pouvoir m’abriter… En partant, je me suis promis d’y retourner pour profiter de la nature. Ton article est un beau point de départ pour commencer à imaginer ce projet, ça a l’air top comme escapade !
    Tu penses que ça peut s’envisager en automne, ou certains points risquent d’être compliqués à pratiquer selon comment la saison est avancée ?

  4. Renée

    Je pense que ça peut être une bonne idée, sans aller au-delà d’octobre si tu veux faire de la rando et avoir les sommets dégagés. Surtout, tu n’auras pas la foule et si tu fais la route des vins, ça doit être fabuleux avec les feuillages colorés.

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