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Espagne

Que voir autour des Bardenas Reales

Ce qui fait la renommée des Bardenas Reales, c’est le désert. Mais, il y a aussi quelques pépites à visiter tout autour, notamment de petites villes ou villages avec un riche patrimoine historique. Dans cet article, je vous emmène à la découverte de quatre d’entre eux : Tudela, Olite, Arguedas et Roncesvalles.

Tudela, un joyau historique plein d’animation

Tudela est la deuxième grande ville de Navarre, construite au bord de l’Èbre. Située à une trentaine de kilomètres du désert des Bardenas Reales , elle est un point de chute idéal pour le visiter. Elle possède un riche patrimoine architectural, marqué par les influences arabe, juive et chrétienne. Il y a notamment une magnifique Plaza de los Fueros, une cathédrale, des palais et deux immenses statues qui dominent la ville. Le soir, les rues sont très animées : après une journée de visite, j’ai bien aimé déambuler dans le centre historique ou me poser dans un café pour y déguster des pintxos.

Mes endroits préférés à Tudela

  • La plaza de Los Fueros est le lieu phare de Tudela, là où les gens se rassemblent pour les fêtes ou tout simplement pour se détendre le soir. Elle est entourée de bâtisses à trois étages : leurs balcons sont ornés de blasons représentant les villes du Pays Basque ayant reçu les Fueros de Navarre (les rois du royaume de Navarre). La place sert aussi d’arène et les gens s’installent aux balcons pour assister aux spectacles. Un joli kiosque à musique en fer forgé trône au milieu de la place.
  • À Tudela, il y a deux collines qu’il ne faut pas manquer de monter. Au sommet de la première se trouve la tour Monreal, une ancienne tour de défense. Elle abrite une citerne dans laquelle l’eau de pluie était stockée. Là-haut, il y a aussi une statue de la Vierge. C’est d’ici que j’ai trouvé la plus belle vue sur la ville qui s’étend du clocher de la cathédrale jusqu’au désert des Bardenas. Au soleil couchant, c’est vraiment magnifique. La Tour Monreal abrite aussi un étonnant dispositif que je n’ai pas pu tester et c’est bien dommage : une chambre noire qui permet de projeter des images de la ville en temps réel. C’est une visite qu’il faut réserver.
  • À l’opposé de la tour Monreal, il y a une autre colline, avec dessus un immense Christ, la colline Cerro de Santa Bárbara. Un jardin et des bancs sont installés tout le long du chemin qui permet d’accéder au sommet. Et tout en haut, il y a le Sacré-cœur de Jésus – Sagrado Corazón de Jesús. Il a été érigé sur le premier emplacement de la ville, là où les arabes avaient construit une citerne, puis les chrétiens un château. La vue porte sur l’Èbre, sur les champs de légumes et les vergers et, en arrière-plan, sur les Bardenas.
  • La cathédrale de Santa María est un lieu qui marque l’évolution de la ville de Tudela. Elle a été bâtie au XIIe siècle sur l’emplacement de la grande mosquée de la ville (dont les pierres ont été réutilisées). Les porches d’entrée (au nombre de trois) valent le coup d’œil à eux seuls. Sur la façade principale, plus d’une centaine de personnages sont représentés !
  • En déambulant dans les rues, nous avons aussi vu une petite église, l’Iglesia de San Nicolás de Bari. Sancho VII le Fort y avait été enterré avant d’être transféré à Roncesvalles. Je vous parle de lui un peu plus loin dans cet article. À l’origine, au 12ᵉ siècle, cette église était un temple. Aujourd’hui, il ne reste de ce temple que les deux lions et le tympan que l’on peut encore voir au-dessus de la porte d’entrée.

Le coin pratique

  • Informations touristiques sur le site de l’office du tourisme
  • Se loger: Hotel Santamaría à Tudela, chambre spacieuse et petit déjeuner sous forme de buffet

Le coin du curieux : connaissez-vous Benjamin de Tudela ? Grand voyageur, il a parcouru le sud de la France, l’Italie et l’Asie Mineure. Il a traversé la Mésopotamie, est allé jusqu’à Bagdad et peut-être même plus loin, jusqu’en Inde et en Chine. Il a documenté ses voyages dans de nombreux carnets. Et tout cela, c’était au 12ᵉ siècle !

Olite et son incroyable château

Je ne m’attendais pas à trouver à Olite un château royal. Qui plus est, un château avec une architecture étonnante, qui aurait, dit-on, inspiré Walt Disney…

Coup de cœur pour le château

Olite possède donc un château un peu particulier. L’intérieur est un véritable labyrinthe qui passe de salles en tours en terrasses et même en jardins suspendus. Il est composé de trois parties : le Palacio Viejo construit au 13ᵉ siècle, les ruines de la chapelle San Jorge et le Palacio Nuevo érigé au 15ᵉ siècle. Seul, le Palacio Nuevo se visite.
C’était le château des rois de Navarre, un des plus luxueux d’Europe. L’architecture y est très travaillée avec des piliers et des arcs-boutants sculptés. C’est un mélange de deux styles : l’architecture est d’inspiration française, tandis que la décoration est d’inspiration mudéjar. Le nombre de tours est impressionnant ; elles ont des formes variées : rondes, carrées, crénelées, pointues… Encore plus étonnant, il y a, aux pieds du château, un énorme œuf en pierre ! En fait, ce dernier servait de fosse à glace.
Vu de la route en contrebas, le château paraît assez massif, entouré de hautes murailles. Mais, à l’intérieur, c’est vraiment différent : les ogives des fenêtres, les arcs-boutants, les coursives et les colonnes autour des jardins suspendus sont le plus souvent d’une grande finesse. Presque toutes les décorations ont malheureusement disparu (et les meubles aussi). Il reste toutefois quelques panneaux protégés dans une salle vitrée. Ils sont très travaillés.

Visiter ce château ressemble à un véritable jeu de piste. J’ai bien aimé passer de terrasse en terrasse, monter dans les différentes tours, emprunter des escaliers en colimaçon, découvrir de jolis points de vue sur la ville, le domaine viticole tout à côté, et au loin, les premiers reliefs des Bardenas Reales. Il y a même une partie du château qui a été construite comme une maison d’enfants par le roi Charles III. Tout y est plus petit : les pièces, les escaliers. Il est même difficile d’emprunter le chemin de ronde qui est particulièrement étroit.
Dans le jardin, on peut voir la trace du système d’irrigation. En effet, le tuyau qui amenait l’eau était inséré dans les murs. Des orangers étaient cultivés dans les jardins suspendus ainsi que des fleurs exotiques. Il y avait également des cours intérieures transformées en mini zoos qui accueillaient des oiseaux exotiques, des lions, un chameau, une girafe…

Le village

Se balader dans les ruelles du village m’a aussi beaucoup plu : les maisons sont souvent décorées de blasons. Elles possèdent de belles portes en bois ou des balcons en fer forgé. Olite était un village fortifié ; on peut encore voir les traces des murailles et les portes d’accès à la ville.

Parmi les incontournables à voir, il y a deux églises. La première, l’église Santa Maria Real est située tout à côté du château. Elle possède un impressionnant portail orné de nombreuses sculptures. Il reste encore quelques traces de couleurs. Dans le tympan, quatre scènes de la vie de Jésus (l’Annonciation, la Naissance du Christ, le massacre des Innocents et la fuite en Égypte) entourent une statue de la Vierge. C’est ici que se déroulaient les grandes cérémonies et célébrations du temps des rois de Navarre. Le parvis de l’église est occupé par un superbe atrium avec des colonnes polylobées.

La deuxième église, l’église San Pedro Apóstol, se distingue par son clocher original. Il est surnommé la « Tour-aiguille » en raison de la flèche installée à son sommet. Regardez-bien, elle présente une légère courbure, un vrai défi architectural. Le tympan au-dessus du portail d’entrée évoque la vie de Saint Pierre. Ici aussi, il reste quelques traces de couleurs sur les sculptures. Deux aigles terrassant chacun une proie se tiennent de chaque côté.

Le coin pratique 

  • Olite est situé à 42 km au sud de Pampelune
  • Informations sur Olite
  • Informations sur le château
  • Enfin, une documentation intéressante pour tout savoir sur le château

Arguedas et ses cuevas

Arguedas est le dernier village avant le désert des Bardenas . Surnommé le Balcon des Maures, il possédait autrefois un château construit sur une hauteur. Aujourd’hui, il n’en reste que quelques murs en ruines, mais ça vaut le coup d’y monter pour avoir une vue d’ensemble sur le village et la plaine.

Dans le village, il y a quelques jolis bâtiments en briques comme l’église, la mairie (16ᵉ et 18ᵉ siècles) ou encore la Casa Murazabál (17ᵉ siècle). Il y a aussi de belles fresques dont un immense portrait d’une habitante d’Arguedas, centenaire.
Arguedas est aussi et surtout très connu pour ses cuevas, des habitats troglodytes, creusés dans la paroi rocheuse qui ont servi jusque dans les années 60. Acheter une maison était trop onéreux. Alors, les habitants ont creusé la montagne pour s’y installer. Nous n‘avons pas pu y accéder, car ils font l’objet d’une restauration (novembre 2025).

Le coin pratique 

  • Arguedas est situé à 7 km du désert des Bardenas Reales (centre d’informations touristiques)
  • Informations sur Arguedas

Roncevaux : rencontre avec Charlemagne

Je dois bien avouer que je ne savais pas situer exactement Roncevaux sur une carte. Je l’ai découvert en cherchant une route pour rentrer en France à travers les Pyrénées. Pour rejoindre Saint Jean Pied de Port, la route passe par Orreaga (en basque), Roncesvalles (en espagnol) et donc Roncevaux (en français). Forcément, ma curiosité a été titillée !

Roncesvalles est un tout petit village, je dirai même un hameau, qui compte 20 habitants. Il est perdu dans les Pyrénées, au milieu d’un environnement verdoyant et vallonné. Il apparaît au détour d’un virage. Face à nous, deux – trois maisons ; puis sur le côté, une petite chapelle et un bâtiment qui pourrait faire penser à une petite halle couverte ou un lavoir… Mais qu’est venu faire Charlemagne par ici ?

Petit point d’histoire :
Cette route à travers les Pyrénées a très tôt constitué un point de passage important : les romains l’empruntaient déjà, puis les Wisigoths. En 778, Charlemagne se rendit en Espagne avec son armée pour défendre les chrétiens contre les musulmans de l’émirat de Cordoue qui contrôlaient une grande partie du pays. La campagne n’eut pas le succès escompté. Alors que l’armée de Charlemagne se retire et traverse les Pyrénées, elle tombe dans une embuscade menée par les Vascons. Son neveu Roland périt dans la bataille après avoir sonné son cor pour prévenir Charlemagne. Son histoire est racontée dans la Chanson de Roland, une chanson de geste qui mêle légende et réalité.

À voir dans le village

  • La Collégiale de Santa María d’Orreaga : la Collégiale existe depuis le 12ᵉ siècle. C’était alors un hôpital-monastère, construit à l’initiative d’Alphonse ier d’Aragon et de l’Évêque de Pampelune. Sancho le Fort y fit ajouter une église. Il y a à l’intérieur une belle statue entièrement recouverte de dorures, celle de Santa Maria de Roncesvalles. Depuis le cloître, on peut accéder à un balcon qui surplombe toute la nef et permet de prendre la mesure de la hauteur de la voûte centrale.
  • Le cloître et le mausolée de Sancho le Fort : le cloître est assez petit. Des décors en pierre y sont exposés ; au sol, les pavés dessinent des arabesques. Mais surtout, il donne accès à une salle capitulaire qui abrite une imposante statue, un gisant représentant Sancho de Navarre. Sa statue est particulièrement grande, reflet de sa taille. Il paraît qu’il mesurait plus de deux mètres ! Un véritable géant au 13ᵉ siècle. Il était roi de Navarre. Il se distingua tout particulièrement dans la bataille de Las Navas Tolosa, croisade appelée par le Pape, l’une des plus importantes batailles dans la reconquête de l’Espagne. Sancho le Fort ramena comme trophée les chaînes auxquelles étaient attachées les imesebelen, la Garde noire qui combattait aux côtés des musulmans. Un morceau de ces chaînes est visible dans la chapelle du mausolée. Et ce trophée figure dans les armoiries de Navarre.
  • Le Silo de Charlemagne : aussi appelé Chapelle Saint Esprit, le Silo de Charlemagne est le plus ancien bâtiment de ce site. Il a été construit au-dessus d’un ossuaire. C’est là que, selon la légende, Roland aurait planté son épée, après la défaite de la Bataille de Roncevaux. La légende raconte également que Charlemagne fit enterrer ici ses 12 neveux, dont Roland, tous morts lors de la bataille de Roncevaux.

Le coin pratique 

  • Orreaga – Roncesvalles est situé à 48 km au nord-est de Pampelune (et est un point de passage du Chemin de Compostelle)
  • Informations sur Roncesvalles
  • Plan du site
  • Il y a aussi sur ce site un musée à visiter avec apparemment de belles pièces. Mais ce dernier se réserve impérativement à l’avance. Nous n’avons pas pu y accéder.

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