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Du côté de Saint Guilhem le Désert


Du côté de Saint Guilhem le Désert, vous trouverez trois lieux chargés d’histoire, à quelques encablures les uns des autres : tout d’abord une très ancienne abbaye dans le village même, puis un peu plus loin, une très vieille grotte et enfin tout au bout des gorges de l’Hérault un très vieux pont. Des lieux hautement touristiques, où se lever tôt est un atout pendant la haute saison.

L’abbaye de Gellone

Il est un petit ruisseau, le Verdus qui se faufile dans la vallée de la Gellone avant de se jeter dans l’Hérault. C’est à cet endroit que Guilhem, cousin de Charlemagne, choisit de construire son abbaye en 804. Elle avait alors vocation à permettre le contrôle des rives de l’Hérault en lien avec celle d’Aniane, située un peu plus au sud. L’objectif était d’asseoir l’autorité de Charlemagne dans cette région. Guilhem amena avec lui un morceau de la croix du Christ que lui avait offerte Charlemagne. Les reliques de Saint Guilhem sont conservées dans cette abbaye qui est devenue un lieu de pèlerinage et une étape sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle. D’ailleurs, partout dans le village sont représentées des coquilles de Saint Jacques.

Saint Guilhem est un très joli petit village. De vieilles maisons bordent la rue principale ; c’est presque l’unique rue d’ailleurs. Certaines maisons enjambent le Verdus, ruisseau qui court tout le long du village. Partout, il y a des fontaines, la plupart ornées de la coquille Saint-Jacques. De nombreuses portes d’entrée arborent des cardabelles séchées, ces fleurs que l’on trouve dans le sud de la France et dont le cœur est sensible au changement de temps : ouvert, il est le gage d’une journée ensoleillée, fermé, il annonce la pluie. Ces fleurs accrochées aux portes sont aussi un porte-bonheur.

La rue principale mène tout droit à l’abbaye : celle-ci donne sur une place occupée par une jolie fontaine et par un platane planté en 1855 et dont la circonférence atteint six mètres. On raconte que lors de la crue de 1907, un âne qui était attaché à ce platane, fut emporté par les eaux. On le retrouva dans l’abbaye, assis sur le maître d’autel, sain et sauf.

À l’intérieur de l’abbaye, on peut découvrir un cloître, en partie reconstitué… car figurez-vous qu’un maçon, au début du 19ᵉ siècle, en vendit des pierres et des sculptures. Ainsi, on peut retrouver des morceaux de ce cloître dans les maisons alentours, mais aussi à New-York dans le musée des cloîtres ! Ce cloître a été aménagé en un petit musée très intéressant : outre le tombeau du fondateur de l’abbaye, on peut y voir des sculptures romanes et gothiques, de très jolies pièces qui méritent d’aller y faire un tour.

Dans les entrailles de la terre, la Fons Clamosis

Fons Clamosis, tel était le nom donné autrefois à la grotte de Clamouse. En patois, Clamouse signifie « clameuse » ou « hurleuse ». Nom qui fait référence à une légende, celle d’un jeune berger qui avait pour habitude d’envoyer à sa mère une brebis de son troupeau en précipitant celle-ci dans un abîme du Causse. Le corps était alors emporté par l’eau jusqu’à la résurgence en contrebas. Mais un jour, c’est le corps de son fils que la mère y trouva… Folle de douleur, elle aurait erré longtemps aux abords de la grotte en poussant des clameurs désespérées.

La grotte de Clamouse a été découverte en 1945 à la faveur d’une sécheresse qui avait tari la source. Elle fait partie d’un vaste ensemble de grottes, situées en bordure des gorges de l’Hérault et creusées par l’eau dans la dolomie, roche sédimentaire. Elle doit sa réputation à son vaste réseau de galeries, au moins six kilomètres. Seuls, les tous premiers toutefois sont accessibles et peuvent se visiter. Le chemin suit la rivière souterraine. L’eau y est d’une belle transparence. C’est alors l’occasion de découvrir des lacs souterrains, des plages de sable fin et des formations toutes plus belles les unes que les autres. Ainsi, au fil du chemin, la grotte dévoile des fistuleuses, des stalactites et stalagmites, des draperies parfois immenses, des buffets d’orgues… On se plaît alors à imaginer des formes connues. J’ai beaucoup aimé les cristaux d’aragonites, qui offrent mille détails et une grande brillance. Dans l’une des plus grandes « salles », un spectacle son et lumière a été mis en place. Il y a aussi quelques aquariums dans lesquels évoluent des salamandres qui ont perdu toute couleur à force de vivre dans le noir.

A noter pour les propriétaires de canidés, la visite leur est ouverte ! Je peux vous dire que le nôtre a apprécié la fraîcheur de la grotte dont la température est constante,15°. Il a suivi sans problème le chemin, serpentant entre les formations, hésitant parfois à grimper les escaliers métalliques. Toutefois, il n’a pas eu l’air perturbé, trop content de découvrir un nouvel environnement et d’avoir un peu de fraîcheur !

Au bout des gorges, un pont construit par le diable

La construction de ce pont s’avéra difficile, en raison de son envergure certes, mais aussi et surtout parce que le diable prenait un malin plaisir à détruire chaque nuit les travaux réalisés dans la journée. Guilhem décida alors de pactiser avec lui. Il lui promit de lui offrir l’âme de la première créature qui le franchirait si celui-ci se chargeait de la construction du pont. Le diable accepta et lorsqu’il eut fini, il réclama son dû. Guilhem fit alors traverser un chien… Entrant dans une colère noire, le diable voulut détruire l’ouvrage. N’y parvenant pas, il se jeta dans la rivière creusant dans sa chute un gouffre, le gouffre noir.

Des ponts du diable, il y en a plusieurs dans l’arrière-pays héraultais. Ce qui fait la particularité de celui-ci, c’est son ampleur. Construit à l’entrée des gorges de l’Hérault au début du 11ᵉ siècle, il mesure 500 mètres de long et se compose de deux arches. À cet endroit, la rivière quitte les gorges et s’élargit sensiblement. Il devait servir à faciliter le passage des pèlerins entre l’abbaye de Gellone (aujourd’hui connue sous le nom d’abbaye de Saint Guilhem) et celle d’Aniane.

On s’imagine alors pouvoir faire de belles photos du côté le plus large, avec un pont qui se reflète dans l’eau… mais ce lieu est devenu la plus grande plage d’eau douce du département. Ainsi, aux pieds du pont, ce sont des centaines de touristes qui viennent  profiter des plaisirs de la baignade.  Jettent-ils seulement un œil au pont ? Personnellement, ça m’a gênée. Alors, de l’autre côté, me direz-vous ? Mais non, ce n’est pas terrible non plus : un pont routier a été construit en 1932, mais tellement proche que la vue en est gâchée. Vous l’aurez compris, ce lieu m’a déçue. Je n’ai eu aucune envie de m’attarder là et j’ai de loin préféré la visite de la grotte de Clamouse et la balade dans le village de saint Guilhem le désert.

Le coin pratique

  • Grotte de Clamouse :
    • 1h30 de visite et 30 mn de film pour une durée totale de 2h.
    • Une activité que je n’ai pas testée, mais qui a l’air très sympathique : il y a dans la grotte la possibilité de pratiquer la spéléologie, l’accrobranche et d’emprunter une via ferrata
  • Saint Guilhem le Désert :
    • il y a un parking en haut du village, toutefois assez petit. En saison, il vaut mieux privilégier l’accès avec la navette depuis le pont du diable.

4 comments
  1. martine lescur

    Merci pour cette jolie promenade ..

    J aime beaucoup la grotte de Clamouse et le joli village de St Guilhem où j essaie d aller tous les ans passer une journée..

    Merci pour cet article bien documenté

  2. Renée

    Merci pour votre commentaire. Ça me fait très plaisir. Saint Guilhem est vraiment très agréable et les paysages autour sont aussi très beaux.

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