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Amiens, côté nature

Après Amiens, côté ville, je vous invite ici à découvrir la même ville côté nature. Il y a l’eau tout d’abord, avec la Somme qui irrigue la ville et qui se démultiplie en plusieurs petits bras ; il y a également nombre de canaux au milieu desquels flottent des jardins, les fameux  hortillonnages. C’est un paysage vraiment particulier. Il y a ensuite d’immenses espaces verts dont certains ont une longue histoire.

Les hortillonnages

Depuis le pont du Boulevard Beauvillé, la vue porte sur les jardins qui bordent la Somme, et s’étirent loin devant. Ici débutent les hortillonnages. J’engage la conversation avec une dame. Elle m’incite à suivre le chemin de halage. En ce moment se tient le festival des hortillonnages. « Allez-y, vous allez bien vous amuser. Il y a plein de choses étonnantes. Et n’hésitez pas à prendre les chemins de traverse ! » Nous faisons un bout de chemin ensemble. Elle me parle de sa ville, qu’elle adore. Mais surtout, elle est intarissable sur l’histoire de ces jardins. Appelés « jardins flottants », ces hortillonnages s’étendent sur 300 hectares aujourd’hui et sont parcourus par 65 kilomètres de canaux. Mais autrefois, ils couvraient plus de 10 000 hectares! Il s’agit d’anciens marais, exploités au tout début pour leur tourbe. Puis les « hortillons », c’est à dire les maraîchers, y ont implanté des cultures de légumes, profitant ainsi d’une terre enrichie par les alluvions. C’est un paysage tout à fait particulier qui s’offre à nos yeux.

Je me suis enfoncée dans les îlots à la découverte des installations du festival des hortillonnages. À l’île aux Fagots, j’ai pu découvrir des plantations de houblons, des tiges qui grimpent à plusieurs mètres de hauteur, des jardins très fleuris, des œuvres d’art faites avec le matériau trouvé sur place, branches, racines, troncs d’arbres coupés… Les espaces ouverts et les espaces boisés alternent, cachant parfois d’étroits canaux sur lesquels circulent les barques à fond plat. Plus loin, les hortillons ont souvent été remplacés par des jardins d’agrément occupés par des petites maisons. Pour y accéder, il faut franchir un pont ; certains, tout de fer forgé, sont très jolis. J’ai poursuivi ma balade le long de la Somme. De nombreux pêcheurs s’étaient installés sur ses rives. Au bout du chemin, me voilà à l’île Robinson, au bord de l’étang de Clermont. De nouvelles installations à découvrir. Je contourne l’étang et me retrouve dans la commune de Camon. Elle abrite le Port à Fumier. De là, il est possible de louer une barque pour explorer l’étang de Clermont. Pour ma part, j’ai continué à pied, longeant les hortillonnages. Le secteur est un peu plus urbanisé. Après une petite côte, je me suis retrouvée de nouveau sur le boulevard Beauvillé, avec au loin la Tour Perret qui émerge.

J’ai passé une après-midi entière à parcourir à pied ces hortillonnages, une belle boucle d’un peu plus de 7 kilomètres qui m’a permis de découvrir des espaces variés, hortillons encore cultivés, jardins d’agrément, expositions insolites. Ce qui m’a frappée ici, c’est la proximité entre la ville et la campagne. La transition entre les deux paysages est vraiment très rapide. Je m’attendais à voir beaucoup de cultures de légumes… mais de nombreux espaces ont été transformés en jardins d’agrément ou en résidences secondaires. Pour sûr, ça doit être bien agréable de venir s’y détendre. Mais j’avoue que ça m’a un peu déçue.

Le Parc Saint-Pierre

De l’autre côté du pont du Boulevard de Beauvillé s’étend un immense parc, celui de Saint Pierre. Situé entre les hortillonnages et le quartier Saint Leu, il s’étend sur 22 hectares. J’ai beaucoup aimé m’y promener. Il alterne des espaces ouverts, de grandes prairies sur lesquelles il est bien agréable de s’allonger, des chemins boisés et étroits où l’on croise tout un tas de petits animaux, des oiseaux et même un héron qui m’a bien nargué depuis le tronc d’arbre sur lequel il faisait le beau. J’ai été étonnée de découvrir que l’aménagement de ce parc est très récent puisqu’il date des années 90. Avant, il y avait juste l’étang Saint-Pierre et tout autour un espace semi-sauvage. C’est un lieu très animé où les Amiénois viennent en famille ou en bandes d’amis pour pique-niquer, se reposer, jouer… J’ai beaucoup aimé ce parc où l’eau est omniprésente : il y a un grand étang, des jardins humides, des ruisseaux étroits comme des chevelus, des mares, un labyrinthe. Un parcours d’orientation et des jeux pour enfants y ont également été installés.
J’ai vraiment trouvé que ce parc était une belle réussite. Il y en a pour tous les goûts. Si j’habitais Amiens, je crois que j’y passerai beaucoup de temps …

Le parc de la Hotoie

Autre grand parc d’Amiens, celui de la Hotoie, un parc qui a une longue histoire. Situé à l’ouest de la ville, il s’étire tout en longueur. Il faisait – au moment où j’y suis allée – l’objet d’une concertation citoyenne. Une élue est venue nous parler du projet dans le cadre des Rencontres Nationales de la Participation (la raison pour laquelle j’étais à Amiens). Ainsi, les citoyens étaient appelés à dire « quel serait le bon usage du parc de la Hotoie ? ». Une tente les attendait où ils pouvaient consulter des plans et dire, écrire ou encore dessiner leurs aspirations.
Le parc existe depuis le Moyen-Âge. Il servait alors de prés communaux pour le bétail. Des premiers aménagements furent installés au 15ème siècle : on venait y jouer aux boules ou encore y pratiquer le tir à l’arc. Une promenade publique fut réalisée, bordée d’ormes, marquant l’entrée du faubourg de la Hautoye. Au 18ème siècle, un grand bassin ovale vint ponctuer l’extrémité de cette promenade. Au fil des siècles, cet espace prit différents visages : jardin à la française, puis jardin à l’anglaise. En 1875 , une laiterie fut construite. Le bâtiment est toujours présent ; il abrite aujourd’hui Le Pavillon Bleu, un restaurant. Juste à côté se trouve le zoo inauguré en 1952. Enfin, à l’extrémité Est du parc, on peut voir de belles grilles, celles de l’hôtel de ville qui ont été remontées ici.

Le jardin des Plantes

C’est mon deuxième coup de cœur pour Amiens après le musée de Picardie. J’ai adoré ce Jardin des Plantes, petit, certes mais vraiment très beau avec de jolies perspectives. Il est encadré de tous côtés par les bras de la Somme. Pour avoir une belle vue, je vous conseille d’arriver à pied par le boulevard du Jardin des Plantes. Il longe le jardin en le surplombant : ainsi, l’œil embrasse tout le site tandis qu’au loin émergent côte à côte la cathédrale et la silhouette de la Tour Perret.
On découvre un jardin millimétré dans lequel les plantations sont « rangées » dans des rectangles bordés de buis. Des rectangles aménagés parallèlement à une imposante serre, la serre Napoléon. Elle a fait l’objet d’une reconstruction en 2007 à l’identique de celle érigée en 1795. Ce jardin est l’un des plus vieux de France, installé au 13ème siècle sur un terrain marécageux. Devenu ensuite Jardin du Roy, il fut cédé par Louis XV en 1751 pour y créer un jardin des plantes. Des cours de botanique se tenaient dans ce qui est maintenant le bâtiment d’accueil.
J’ai beaucoup aimé déambuler entre les massifs, particulièrement foisonnants et fleuris. Un bassin a été installé dans l’allée centrale avec tout autour des bancs pour se poser. Encore un endroit qui fait oublier que nous sommes en pleine ville.

Il existe d’autres grands espaces verts à Amiens que je n’ai pas eu le temps d’aller explorer, comme le Bois Bonvallet à proximité du Jardin des Plantes ou encore le parc du Grand Marais. A Amiens, la nature n’est jamais très loin…

Le coin pratique

  • Informations sur les hortillonnages
  • Informations sur le Jardin des Plantes
  • A lire aussi sur le blog, Amiens, côté ville
  • J’ai logé à l’Ibis Style Amiens Centre. Il est situé entre la cathédrale et la gare. Les chambres sont calmes et fonctionnelles. Le personnel est très serviable. Seul bémol, difficile d’avoir du réseau depuis la chambre
4 comments
    1. Renée

      Merci Mélaine pour votre commentaire. Les hortillonnages forment vraiment un paysage particulier et les parcs sont très agréables. Ravie de vous avoir donné envie d’y aller.

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