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Roadtrip dans les Rocheuses canadiennes

Ce roadtrip dans l’ouest canadien nous régale. Depuis notre arrivée à Vancouver, nous avons traversé de bout en bout l’île Victoria et découvert les forêts humides, navigué pendant 15 heures dans le Passage Intérieur au milieu des fjords. Nous voici désormais rendus aux pieds des Rocheuses que nous allons traverser du nord au sud. Une traversée qui s’apparente à une impressionnante plongée dans des sites à couper le souffle, ponctués de rencontres inoubliables et sauvages.

Premières impressions

Nous abordons les Rocheuses par le nord après une longue route depuis la côte Pacifique. Le bateau nous avait débarqués à Prince Rupert. Nous avons alors enchaîné plus de 1000 km en 3 jours, croisant de vieux totems en bois, des Indiens en train de pêcher des saumons dans les rapides, des cascades, d’énormes hydravions, avec pour toile de fond les montagnes. Ce matin, nous entamons notre dernière ligne droite vers Jasper. Droite, comme la route devant nous, la Yellowhead Highway (autoroute 16), un long ruban de bitume qui ondule légèrement pour suivre le relief. Les montagnes nous entourent, les kilomètres défilent et nous sommes pratiquement seuls sur la route. Tout à coup, un ours déboule devant nous. Il traverse sans se presser ; nous sommes impressionnés. Le paysage tout autour de nous est magnifique. Il nous donne l’impression d’être au bout du monde tant ces montagnes sont imposantes.

Nous marquons un dernier arrêt avant d’entrer dans le parc provincial du Mont Robson à la hauteur de Mac Bride ; c’est l’endroit idéal pour avoir un très beau point de vue sur deux sommets : le Mont Robson, le plus haut des Rocheuses avec 3954 mètres et le Teare Mountain. Le coin est vraiment très sympathique. Il y a des tables pour pique-niquer et en contrebas, la rivière Fraser, que nous suivons depuis plusieurs centaines de kilomètres maintenant. Nous reprenons la route et entrons sans nous en rendre compte dans le parc provincial. Les limites de ces parcs ne sont pas matérialisées comme celles des parcs nationaux. Les cartes nous aident à nous repérer. Les sommets qui nous entourent sont de plus en plus enneigés et les forêts de sapins très denses. On nous a prévenu, il peut faire très froid à certains endroits, même en été ! Juste après l’entrée du parc se trouvent les Overland Falls. Elles ne sont pas très hautes, environ 10 mètres de haut, mais le débit est impressionnant. Les eaux turquoises dévalent à grand fracas au milieu des sapins. La route longe ensuite deux lacs tout en longueur, le lac Moose (qui signifie « orignal ») et le lac Yellowhead. Nous quittons la Colombie-Britannique pour entrer dans l’Alberta. Devant nous, le Mont Robson, énorme, écrasant nous attire comme un aimant. Nous passons le poste d’entrée du parc de Jasper au col Yellowhead… et nous avançons nos montres d’une heure, car nous entrons dans le secteur « Moutain Time ».

Jasper et autour

Jasper est une petite ville entourée de crêtes rocheuses impressionnantes, une ville où les boutiques vendent majoritairement du matériel de randonnée et d’alpinisme. Elle fut fondée en 1811 ; c’était alors un poste de traite des fourrures. En 1911, une gare ferroviaire fut construite : une locomotive à vapeur est d’ailleurs exposée juste devant. Depuis Jasper, il est possible de faire un nombre de randonnées impressionnant. Le parc national de Jasper est le plus grand des Rocheuses. Nous y passons deux jours à la découverte des lacs et glaciers… et bien plus encore.

Notre première journée est consacrée à la découverte de lacs. La route passe par Pocahontas. Il paraît que c’est un endroit que les wapitis affectionnent tout particulièrement. Et, c’est bien vrai. Nous n’aurons pas besoin d’attendre bien longtemps pour en découvrir un en train de brouter au bord de la route. Je n’en reviens pas de voir ces animaux comme ça, de si prés, déambulant tranquillement aux abords des routes. On est vraiment sur une autre planète ! Nous en découvrons même un autre dans le lac en contrebas de la route.

Nous reprenons notre chemin en direction du canyon Maligne, l’occasion d’effectuer une première randonnée. Le sentier suit la rivière. Le débit est très fort. Nous passons plusieurs petits ponts qui nous mènent au bout du canyon, là où les parois rocheuses se rapprochent tellement qu’il devient difficile de voir l’eau en contrebas. Nous faisons le retour à flanc de montagne avec une belle vue sur les sommets. Enthousiasmés par notre balade, nous ratons l’embranchement du retour et sommes quitte pour faire un kilomètre de plus… Au total, nous avons marché 10 kilomètres, un bon début pour tout le monde, petits et grands !

Nous reprenons la voiture pour nous rendre au lac Medicine. C’est un grand lac qui disparaît complétement en octobre puis se remplit à nouveau lors de la fonte des neiges. Sur la route, nous croisons cette fois-ci des chèvres qui ne prennent pas la peine de se pousser quand nous approchons en voiture. Mais, il est l’heure de la pause déjeuner. Nous choisissons un joli coin au bord de la rivière (en vrai, tout est beau par ici). A peine installés, nous voilà entourés de chipmunks, pas farouches du tout. Deux d’entre eux grimperont même sur les jambes des enfants pour leur faucher des carottes !

Dernière étape sur cette route (qui est aussi un cul de sac), le lac Maligne. C’est le plus grand lac du parc. Ce qui frappe, c’est la couleur de l’eau, bleue turquoise. Tous les lacs ici ont cette couleur, la couleur des eaux froides ! Il faut dire qu’il est situé à 1690mètres d’altitude. Au milieu du lac, on aperçoit une petite île, Spirit Island qui est l’un des emblèmes du parc.

Nous finissons cette journée à proximité de Jasper par une baignade dans le lac Annette… dans une eau à 14°c, mais que ne ferait-on pas pour dire qu’on a nagé dans un lac turquoise des Rocheuses.

Pour notre deuxième journée, nous voulions prendre le téléphérique qui mène au sommet du Mont Whistler. Mais ce matin, le temps est gris et nuageux. Nous choisissons plutôt de nous rendre au Mont Edith Cavell pour voir l’Angel Glacier. A peine avons-nous pris la route qui y mène que, sur la route devant nous, déboulent une maman grizzly et ses deux oursons. Quelle émotion ! Interdiction de descendre de la voiture, car les grizzlys sont plus agressifs que les ours noirs. La maman possède une épaisse fourrure brun doré, dans laquelle on aurait presque envie de plonger les mains. À la voir comme ça, nous constatons qu’elle est plus imposante que l’ours noir, plus musclée.

La route monte en altitude et le froid nous saisit. Nous avons heureusement prévu de quoi nous couvrir, polaires et gants sont de rigueur. Ici, contrairement à Jasper, les sommets sont bien dégagés. Une petite marche permet d’accéder jusqu’au glacier en suivant un torrent. Nous repensons aux grizzlys croisés un peu plus tôt. Si nous avons équipé nos sacs à dos de clochettes et glissé un sifflet dans nos poches comme il est conseillé pour se faire entendre des éventuels ours, nous n’avons pas acheté de bombes au poivre… Toutefois, la zone n’est pas interdite d’accès : c’est le cas lorsque les rangers estiment que le secteur est parcouru par des grizzlys. Ils condamnent alors l’accès à l’aide de rubalises jaunes. Nous en déduisons que sa zone de chasse se situe plus bas. Aux pieds du glacier, il y a un lac avec une eau très claire rempli de blocs de glace. Nous nous promenons un peu juste en dessous du glacier, mais il fait énormément de bruit. De gros craquements se font régulièrement entendre, ce qui ne nous rassure pas. Nous préférons quitter la zone et prendre un chemin qui monte et qui devrait nous réserver un beau point de vue. Tout à coup, au milieu des éboulis de cailloux, nous découvrons un pica. Il ressemble à une souris mais en plus gros et il a de jolies petites oreilles toutes rondes. Il cueille des herbes fraîches, les fait sécher au soleil puis les met à l’abri pour l’hiver. Cette petite randonnée est vraiment à faire, c’est un paysage vraiment particulier.

Le temps de pique-niquer, le soleil est enfin apparu. Cette après-midi, nous partons à la découverte des chutes Athabasca. Elles sont vraiment très larges, hautes de 25 mètres et une nouvelle fois, nous sommes impressionnés par le volume d’eau. Elles se continuent par un canyon étroit et profond. Un petit regret, le chemin qui les longe est bétonné, mais il permet de protéger le site.

De Jasper à Banff, une route spectaculaire

Entre jasper et Banff, 290 km. La promenade des glaciers, Icefields Parkway, c’est ainsi qu’est appelée cette route, offre 290 km de paysages grandioses. Elle est qualifiée par le National Geographic comme l’une des routes les plus spectaculaires au monde. C’est donc avec des étoiles plein les yeux que nous quittons Jasper de bonne heure, notamment pour éviter un peu la foule. Car l’endroit est très couru. Malgré le nombre important de gens qui voyagent par ici, nous sommes surpris par la faune sauvage qui peuple ces contrées et la facilité avec laquelle encore une fois nous rencontrons un ours noir. Ignorant les voitures, il déguste tranquillement des baies en bordure de la route. Nous avons pu l’approcher de très près ; il a fini par s’éloigner lorsqu’un ranger a activé sa sirène, car beaucoup trop de gens avaient fini par s’arrêter un peu n’importe où et n’importe comment sur la route.

Nous reprenons notre trajet et enchaînons les points de vue grandioses. La brume matinale laisse entrevoir les grands sommets, des glaciers émergent des hauteurs, tandis que plus bas des forêts denses plongent dans des plaines humides. Des cascades dévalent les montagnes. Difficile de ne pas s’arrêter à chaque virage. Petit à petit, la brume s’estompe et le soleil vient sublimer le paysage au moment où nous atteignons le Columbia Icefield. C’est un immense champ de glace situé à cheval sur la ligne continentale de partage des eaux de l’Amérique du Nord. Il est encore tôt et il n’y a pas trop de monde. Nous pouvons donc directement entreprendre l’excursion phare du lieu : se rendre au beau milieu du glacier avec un bus spécial. Pour pouvoir rouler sur la glace, il est effectivement équipé de très grosses roues, presque aussi hautes que nous. L’excursion consiste en un circuit de 5 km d’une durée d’une heure trente environ. Le parcours est chaotique, d’abord une descente vertigineuse, puis un chemin tracé sur le glacier. Il y a de l’eau qui ruisselle un peu partout. Sur le glacier, il fait bien froid, l’eau est bleutée. Nous avons fait cette excursion il y a quelques années. J’avoue qu’avec le recul et une sensibilisation plus forte au changement climatique, je ne pense pas que je referai une telle excursion. Je privilégierais la randonnée d’1,4 km, l’Athabaska Glacier trail ou me contenterais probablement de la vue de la route. Car le nombre de cars qui tournent ici tous les jours est impressionnant, pour au final permettre à des centaines de milliers de visiteurs de poser le pied sur le glacier. Sur la route qui mène au glacier, des panneaux matérialisent le recul du glacier. Autant de visiteurs amenés en bus, ça ne peut que fragiliser un si bel endroit.

Nous reprenons ensuite la route et entrons dans le parc national de Banff. Nous marquons un nouvel arrêt au canyon Mistaya, au km 72 de l’Icefields Parkway. Une petite marche permet de découvrir la rivière qui s’engouffre littéralement dans des gorges étroites et profondes. Il y a de nombreuses marmites de géants créées par les tourbillons de l’eau. Un pont permet de passer au-dessus du canyon et d’avoir une vue impressionnante. C’est vraiment une halte à faire.

Nous continuons notre traversée des Rocheuses. Et voilà que nous longeons un lac d’un bleu, mais d’un bleu… je n’avais jamais vu un lac d’un bleu turquoise aussi intense. C’est le lac Peyto. Sa couleur est due aux particules minérales en suspension à la surface de ses eaux. Il est entouré de forêts qui descendent au ras de ses eaux ce qui accentue sa couleur. L’arrêt est obligatoire ! Et nous voilà repartis pour une nouvelle petite randonnée. Le sentier mème tout d’abord à un belvédère, mais pour avoir une vue encore plus belle, il ne faut pas hésiter à marcher jusqu’au Bow Summit (soit environ 2h30 aller-retour). Le sentier chemine à travers la forêt et les nombreuses fleurs, puis au milieu des cailloux. De là-haut, la vue porte sur les lacs alentours et les sommets et permet de voir la tête de loup : c’est en effet ainsi qu’est surnommé le lac Peyto, car sa forme fait penser à une tête d’animal. Quant à son nom, il le doit à un célèbre trappeur et guide, Ebenezer William Peyto, qui fut l’un des premiers gardiens du Parc National de Banff.

Beaucoup de choses à voir sur cette route. Le soleil commence déjà à décliner au moment où nous atteignons le lac Louise. Site très connu, nous prenons le temps d’aller jeter un œil… finalement assez rapide. Certes le cadre est magnifique, notamment les versants abrupts qui plongent dans le lac. Mais un célèbre hôtel, pour moi une horreur en béton, a été construit tout au bord. Nous avons finalement préféré filer directement sur Banff, à l’extrémité sud de la Promenade des Glaciers.

25 km avant d’arriver à Banff se trouve le Johnston Canyon. C’est une balade très agréable que nous avons faite depuis Banff, le lendemain : il est possible de suivre le canyon à pied sur plusieurs kilomètres grâce à des passerelles. Petit à petit, les parois montagneuses se rapprochent, le passage se fait plus étroit permettant de saisir encore plus fortement la violence avec laquelle le torrent dévale de la montagne.

Banff et Yoho National Park

Le Mont Cascade sert de toile de fond à cette petite ville située à l’extrémité sud de la promenade des glaciers. La vie s’organise essentiellement autour d’une artère très commerçante, la Banff Avenue… artère sur laquelle nous croiserons des wapitis au milieu de la circulation en train de brouter les jardinières.
Banff est réputée pour ses eaux sulfureuses. Le site, Cave and Basin, est malheureusement fermé lors de notre visite, mais nous avons pu malgré tout faire le tour des bâtiments… et en prendre plein le nez, de quoi bien ecoeurer les enfants !

Juste à côté de Banff, vers l’est, se trouve le lac Minnewanka, un grand lac semi-artificiel de 28 km de long. Nous voulions aller y faire du canoé, mais la brume, particulièrement épaisse, ne nous en a pas laissé l’occasion. Nous avons donc marché un peu sur le rivage, espérant que le ciel se dégagerait. Que nenni, il y a des jours comme ça où la chance n’est pas au rendez-vous. Ça aura été finalement l’occasion d’observer de près des écureuils et de faire une jolie promenade, car le site est nettement moins fréquenté que les autres lacs.

Depuis Banff, il y a de nombreuses excursions à faire. Pour notre part, nous avons mis le cap sur le Parc National de Yoho. En langue cree, Yoho signifie « stupéfaction ». Et il est vrai, que si le parc est petit par la taille, ils comptent pas moins de 28 pics de plus de 3000 m d’altitude et un lac de toute beauté.
Pour commencer la journée, nous nous sommes rendus aux chutes Takakkaw. Elles figurent parmi les plus hautes du Canada. On les aperçoit déjà de la route ; une fois encore, le volume d’eau nous surprend. Un chemin mène aux pieds, l’occasion de bien se faire mouiller par les embruns. Un très bel endroit aussi pour pique-niquer, entourés de chipmunks.

Alors que nous avions encore le souvenir de la couleur turquoise du lac Peyto, nous découvrons maintenant le lac Emerald. À nouveau, nous voilà subjugués par sa couleur, émeraude comme son nom l’indique. Une couleur tellement marquée qu’elle semble irréelle au milieu de ces montagnes. Le lac Emerald est un véritable petit bijou de la nature. Nous en avons fait le tour à pied (5,5 km), ce qui nous a permis de nous éloigner des chalets et de la foule, car c’est un endroit très fréquenté, notamment pour y faire du canoé.
En une journée, nous n’aurons pas le temps d’en faire plus ; pour autant, c’est un parc magnifique qui mériterait qu’on s’y attarde un peu plus.

Impressions finales

J’ai vu des montagnes majestueuses, des sommets dominant littéralement le paysage.
J’ai vu d’immenses forêts courir à l’infini sur ces montagnes et se jeter dans les lacs.
J’ai vu des glaciers et je les ai entendus craquer de manière impressionnante.
J’ai vu des lacs d’un bleu insolent.
J’ai vu des animaux sauvages comme jamais je ne pensais pouvoir les voir, si proches, si beaux.
Cette traversée restera dans ma mémoire comme l’un des moments les plus intenses de nos voyages.

Le coin pratique

  • Accès au parc : Les entrées aux parcs sont payantes. Dès qu’on programme la visite de plusieurs parcs, il est intéressant d’acheter une carte d’entrée « Découverte » qui donne accès à plus de 80 parcs nationaux et plusieurs sites historiques pendant 12 mois, avec un nombre d’entrées illimitées. Tarifs et informations sur le site des parcs du Canada
  • Le prix des denrées alimentaires à Jasper est particulièrement élevé. Il est très conseillé de faire le maximum de courses avant de s’y rendre si on a prévu de confectionner ses repas ou de pique-niquer.
  • Station service : Penser à faire le plein avant de se lancer dans la traversée des Rocheuses par l’Icefields Parkway. Il n’y a en effet qu’une seule station essence sur le parcours, à Saskatchewan River Crossing (et elle est uniquement ouverte du mois juin au mois d’octobre).
  • La météo est changeante et évolue très vite. Même en plein été, il est nécessaire de prévoir que quoi se couvrir très chaudement ; la température peut avoisiner les zéro degré par endroit en altitude… Il est souvent nécessaire d’ajuster son itinéraire et son emploi du temps selon la météo.
  • Autres endroits visités dans l’ouest canadien à découvrir sur ce blog :

2 comments
  1. Audrey Favre

    Que d’émotion à lire ton récit ! Entre les paysages sublimes et les rencontres avec les animaux, c’est le genre de voyage qui reste gravé en nous. La route des glaciers reste l’un de mes plus beaux souvenirs de voyage de ma vie, rien de moins.

  2. Renée

    Merci Audrey pour ton commentaire. Comme tu le dis, ça fait partie des voyages qui, des années après, suscitent encore des émotions quand on ressort les photos.

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