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Le petit Versailles des Pyrénées

De retour d’une balade en Ariège, nous aperçûmes sur le côté de la route des ruines impressionnantes. Les tours d’un château se dressant majestueusement vers le ciel attirèrent notre curiosité au point d’y faire un détour. Et là qu’elle ne fut pas notre surprise : nous y avons rencontré des gens passionnés et passionnants, investis dans la sauvegarde de ces ruines. Ils nous ont conté une histoire étonnante. Venez, je vais à mon tour vous en livrer quelques bribes et je suis sûre que vous aurez alors très envie d’y aller pour en savoir un peu plus.

Cet article participe au rendez-vous mensuel #EnFranceAussi organisé par Sylvie du blog « Le coin des voyageurs ». Le thème choisi pour ce mois de février par Jus Diego du blog «Tu PARIS combien» est «châteaux».

De la tour de garde au palais

Ou comment un château défensif devint un extraordinaire palais d’agrément.

Imaginez que les ruines que nous découvrons aujourd’hui n’étaient au départ qu’une simple tour de garde. Elle fut érigée en 1063 par le roi d’Aragon pour surveiller le nord de son royaume.
Puis ce fut la famille Lévis, des seigneurs d’Île-de-France, qui s’installa sur ce site après l’avoir reçu en cadeau du roi de France en récompense de leur victoire sur les Albigeois. C’est ainsi que fut édifié un château. À cette époque, il présentait un caractère défensif. Plusieurs enceintes et fossés le protégeaient d’éventuelles attaques. Quatre tours monumentales, toujours visibles de nos jours, furent alors érigées à chaque angle du château.
Au 17ème siècle, il est transformé en palais d’agrément sous l’impulsion de Jean V de Lévis. Des fenêtres sont percées, une chapelle de style gothique flamboyant sera construite. Quelques années plus tard, Louise de Roquelaure, veuve d’Alexandre de Lévis-Mirepois imprimera sa marque en lui donnant un aspect fastueux qui n’est pas sans rappeler Versailles… Elle fera installer d’immenses statues gréco-romaines de quatre mètres de haut et fera aménager des terrasses et des jardins à la française, des bassins… Elle ira même jusqu’à créer une galerie des Glaces.

Mais bientôt, la Révolution gronde. Le dernier seigneur de la famille Lévis-Mirepoix s’exile alors en Italie en prenant soin de sauver les archives du château. Le château fera l’objet de pillage et de destruction, puis sera laissé à l’abandon. Son histoire devient chaotique : vendu à un carrier, il fit ensuite office d’entrepôt d’armes ou de fourrages. En 1805, la famille Lévis-Léran en redevient propriétaire, le vend, le rachète… Mais ce ne sont déjà plus que des ruines. Certains tenteront de les protéger, tandis que d’autres les pilleront… En 1980, un pan entier de la tour sud-ouest fut détruit par des pilleurs pour dérober les pierres des fenêtres et les cheminées monumentales.

Depuis les années 90, des associations se sont succédées pour tenter de le restaurer. Depuis 2015, c’est l’association « per le castel » qui s’attache à lui redonner vie en y organisant des animations, comme des marchés gourmands ou l’embrasement du château en été. Il y a même des rassemblements médiévaux.

Des ruines majestueuses

Situé entre Camon et Mirepoix en Ariège, le château domine la vallée de l’Hers et surplombe le petit village de Lagarde.

Avant d’aller au plus près des ruines, il est proposé de visionner un film qui retrace l’histoire du lieu. Je vous conseille de vivement de le regarder avant la visite pour comprendre ce qu’a été ce lieu et découvrir son étonnante histoire. En découvrant les reconstitutions imagées, je ne peux m’empêcher de tourner la tête vers ce qu’il reste du château et de tenter de l’imaginer dans ses années fastueuses.

Certes, aujourd’hui, il a perdu sa splendeur et son faste d’antan. Mais les ruines sont tout particulièrement impressionnantes. Le regard est irrémédiablement attiré par les tours, à l’aspect déchiqueté, mais si hautes. Et que dire du large fossé qui l’entoure, le rendant inaccessible. Pour des raisons de sécurité, le visiteur n’est autorisé qu’à faire le tour en restant à l’extérieur des fossés. On peut encore voir les tours rondes, les tours carrées percées de multiples fenêtres, les restes d’une voûte et aussi cet écusson sculpté sur le pont qui enjambe un large fossé.
Alors si un jour, vous passez du côté de Camon ou de Mirepoix, n’hésitez pas à faire une pause au château Lagarde.

Le coin pratique

  • entrée 4€ (1€ de 10 à 18 ans et gratuit avant), buvette sur place et un accueil très sympathique
  • Pour en savoir, vous pouvez consulter le site dédié
  • ou la page facebook
  • un reportage FR3 avec une courte vidéo accessible ici
14 comments
  1. San Drine

    Merci pour cette belle découverte ! Je suis toujours impressionnée de voir ces pierres qui résistent aux attaques des hommes, du temps, et des bourrasques de vent ! bonne journée, Sandrine

    1. Renée

      Je t’avoue également que je les ai découvertes par hasard lors d’une promenade. Et je ne regrette pas du tout de m’être arrêtée !

  2. Delphine

    La reconstitution aide bien à se rendre compte de la splendeur passée du château. C’est fou de se dire qu’il y avait encore des pillages dans les années 1980 ! En tout cas ces ruines ont fière allure.

  3. Renée

    Oui c’est triste de voir que des gens n’hésitent pas à détruire pour récupérer des cheminées ou autres pour les avoir chez eux. Malgré ça, le lieu reste encore très impressionnant.

  4. Pauline

    Comme tu le dis si bien, ces ruines sont majestueuses ! Tu m’as donné bien envie d’aller faire un tour en Ariège pour aller le voir de mes propres yeux 😉 merci pour la découverte Renée et bon week-end

  5. Sophie

    Impressionnant de voir la reconstitution du château à l’origine. Ces ruines sont majestueuses. Il faut dire que de ce côté de France, il y a de quoi faire en châteaux et vestiges!!
    Merci pour la découverte.

  6. Paule-Elise

    De belles ruines comme ça donnent toujours libre cours à l’imagination ! Ça a l’air très beau, et c’est toujours chouette aussi de rencontrer les passionné.e.s qui font vivre ce genre de site. Merci pour la découverte.

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