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Bleu, le Bassin d’Arcachon


Bleu comme le Bassin d’Arcachon, un bleu qui scintille sous le soleil, un bleu mis en valeur par la couleur dorée de la plus haute dune d’Europe, par le vert de la forêt landaise, par le marron des cabanes ostréicoles. Un lieu que j’affectionne tout particulièrement, lieu de souvenirs d’enfance. Je vous propose de découvrir ce bassin avec un petit tour en bateau.

Cet article participe au rendez-vous mensuel #EnFranceAussi organisé par Sylvie du blog « Le coin des voyageurs ». Le thème choisi pour ce mois d’octobre par Tiphanya du blog « Avenue Reine Mathilde » est «Bleu».

Le bassin, un paysage original

Le bassin d’Arcachon, un paysage original, qui marque une rupture dans la côte océane qui s’étire sur plus de 200 kilomètres de l’embouchure de l’Adour à l’estuaire de la Gironde. Il était surnommé autrefois la « petite mer de Buch » ; et effectivement, il a des airs de mer intérieure, reliée à l’océan par des chenaux que l’on appelle des passes. C’est un paysage qui évolue au gré des vents et des marées : ainsi, les passes se déplacent sans cesse rendant la navigation délicate ; la côte du Cap Ferret, quant à elle, avance ou recule. Au gré des marées, le bassin se remplit et se vide deux fois par jour, laissant alors apparaître les chenaux qui le parcourent.

Le bassin, un paysage original, qui doit son existence notamment à un petit fleuve côtier, l’Eyre dont les courants, en se déversant, ont permis de former le bassin et empêchent l’obstruction des passes par le sable venu de l’océan. Deux lacs alimentent également le bassin : le lac de Cazaux au sud, et le lac de Lacanau au nord.

Le bassin, un paysage original, à préserver : sa physionomie est menacée par le changement climatique, et à très court terme, avec une montée des eaux modifiant le trait de côte et engloutissant l’île aux oiseaux, et ce dès 2030. À plus long terme, ce sont des villes comme Audenge, Gujan-Mestras ou Andernos qui risquent de se retrouver submergées ; quant à la presqu’île du Cap Ferret, elle ne sera plus qu’une étroite bande de terre. Une situation complexe, délicate à gérer, avec des solutions difficiles à accepter parfois. Quand on se promène sur le bassin, difficile d’imaginer de tels bouleversements…

Le grand tour de l’île aux Oiseaux

Je vous propose de découvrir le bleu de ce beau bassin avec une jolie promenade en bateau, le « grand tour de l’île aux Oiseaux ». Pendant deux heures, elle permet de voir les différents visages de ce lieu atypique.

Embarquons à Arcachon, une petite ville qui n’a pas toujours eu le visage qu’on lui connaît aujourd’hui. Il y a bien longtemps, c’était un simple village de pêcheurs et de résiniers… jusqu’à ce qu’un normand, François Legallais, y construise un établissement de bains. C’était en 1823. L’activité se développera ensuite fortement avec l’arrivée du chemin de fer en 1841, puis la construction d’une route. Villas et hôtels se multiplient alors en front de mer et finiront par former la « Ville d’Été ». Un petit tour à pied dans la ville permet de découvrir ces belles et prestigieuses villas.

Le bateau quitte la jetée Thiers et se dirige rapidement vers les cabanes tchanquées et l’île aux Oiseaux. Les cabanes tchanquées ? Oui, vous savez, cette image emblématique du bassin, sur laquelle on distingue, au loin, au milieu des flots bleus, deux grosses maisons sur pilotis. Tchanquées, parce qu’elles reposent sur des pilotis ; et les « tchanques » en gascon désignent des échasses (échasses utilisées autrefois par les bergers pour surveiller leurs troupeaux de moutons dans les prés salés autour du bassin). En bois foncé, leurs volets rouges et blancs donne une touche de gaieté au milieu du bleu. À l’origine, ces cabanes ont été construites par des ostréiculteurs pour pouvoir surveiller leurs parcs à huîtres sans être tributaires des marées.

À l’arrière de ces cabanes, voilà l’emblématique île aux Oiseaux : une langue de sable qui surnage à peine au-dessus de l’eau, occupée par une cinquantaine de cabanes en bois aux volets colorés et aux tuiles oranges. Des cabanes construites dans un milieu particulier, un milieu protégé, qui voit passer plus de 150 espèces d’oiseaux et qui abrite des prés salés et une biodiversité exceptionnelle. Imaginez qu’autrefois, les paysans y faisaient paître leur bétail, vaches et chevaux, qui gagnaient l’île… en nageant. Au fil des marées la superficie de l’île passe de 300 hectares à plus de 3000 hectares.

Le bateau se rapproche ensuite de la côte et longe des petits villages aux noms qui chantent : Piquey, Piraillan, Claouey, Le Canon… Peu de plages de ce côté-ci, ou sur des espaces assez réduits. Il y a de nombreuses cabanes ostréicoles en bois construites sur pilotis ; des pinasses aussi, ces bateaux à fond plat qui permettent de s’approcher au plus prêt du rivage et de s’échouer facilement.

De belles maisons voisinent ces cabanes ; la plus connue est probablement la Villa Algérienne. Il est vrai que sa façade rayée et son architecture mauresque sont plutôt surprenantes. Elle fut construite par un entrepreneur de travaux publics en 1886, Léon Lesca. Il transformera le domaine en y plantant des vignes et des espèces rares à l’époque, comme le mimosa. Aujourd’hui, seule la chapelle a subsisté.

Nous voilà parvenus au bout de la presqu’île du Cap Ferret, gardé par le phare blanc et rouge : de là-haut, la vue embrasse tout le bassin jusqu’à la dune de Pilat.
Il est alors temps d’amorcer le retour vers Arcachon sans oublier de saluer la Dune du Pilat, la plus haute d’Europe (102 mètres au dernier relevé en 2020). Posée entre l’océan et la forêt de pins, c’est un espace fragile et en constante évolution car elle roule sur elle-même. Elle progresse de manière inéluctable vers l’intérieur des terres ensevelissant les arbres de la forêt landaise et autres constructions. Elle avance ainsi de 1 à 5 mètres par an.

Ce tour en bateau constitue une bonne introduction à la découverte de ce magnifique endroit, une invitation à l’explorer ensuite à terre. Il y a plein de belles richesses et curiosités à découvrir comme les prés salés, les ports ostréicoles, la réserve ornithologique du Teich ou encore les réservoirs de Piraillan…Alors, ça vous tente ?

Le coin pratique

  • Balade en bateau réalisée avec l’Union des Bateliers Arcachonnais
  • Pour en savoir plus sur le bassin, je vous suggère la lecture de ce magnifique livre sur la vie des gens du bassin à la charnière du 19ᵉ et du 20ᵉ siècle (livre qui est uniquement en vente d’occasion à ce jour) : « Le Bassin d’Arcachon, au temps des pinasses, de l’huître et de la résine » de François et Françoise Cottin aux éditions L’Horizon chimérique.
  • Changement climatique  : des cartes ont été réalisées par Climate Central, une organisation indépendante qui regroupe scientifiques et journalistes engagés dans des recherches sur le changement climatique et sur son impact concret sur le quotidien de chacun d’entre nous. Elles indiquent, en rouge, les zones qui se situeront sous le niveau de la mer dans les années à venir à horizons 2050 et 2100.
6 comments
  1. Renée

    Merci Marie-Laure ! A découvrir hors juillet et août de préférence. J’adorais m’y promener en hiver, c’est vraiment très agréable

  2. Martine Barbier

    Je suis déjà passée à Arcachon, il y a longtemps, mais je ne connais pas l’île aux oiseaux. J’adore ces petites maisons sur pilotis, elles ont beaucoup de charme ! Merci pour ce beau partage.

  3. Cédric

    Une région que l’on gagne à connaître avec quantité de choses à voir. J’ai déjà eu l’occasion de la visiter et je retrouve dans ce billet des endroits que j’avais pu apprécier. Merci !

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