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Nouvelle Aquitaine

Côte basque : 5 incontournables de Guéthary à Hendaye

Je vous emmène à la découverte de cinq villes et villages implantés sur la côte basque, tous différents, avec un charme et un caractère bien à eux.

Guéthary, un petit joyau

Guethary est un petit village construit à flanc de falaise. Tout en haut, il y a l’église Saint Nicolas, avec à l’intérieur les traditionnelles galeries en bois sur trois étages. Puis en descendant vers l’océan, la rue principale passe devant le musée Saraléguinéa qui rassemble des œuvres données par le sculpteur Georges Clément de Swiecinski : des sculptures, des céramiques et des dessins. Un peu plus bas se trouvent la mairie et le fronton municipal. Regardez bien la façade de la mairie et vous y découvrirez deux têtes basques sculptées.
Tout en bas, au bord de l’océan, il y a un port… qui ne ressemble pas tout à fait à un port. Les bateaux sont parqués sur une cale en pan incliné. Ils sont poussés à la main pour les mettre à l’eau et remontés à l’aide d’un treuil.
Guéthary est un très joli village et ce serait vraiment dommage de ne pas le mettre sur votre liste.

A Saint Jean-de-Luz, un mariage royal

Au 17ème siècle, Saint Jean-de-Luz était surnommée « le nid de vipère » par les anglais ! Ils avaient en effet une peur bleue des pêcheurs basques reconvertis en corsaires. Mais, ça c’était il y a bien longtemps ! De Saint Jean-de-Luz, je garde deux belles images  hautes en couleurs : celle de son port partagé avec Ciboure et celle de sa longue plage toute en courbe.

Le port est pour nombre de visiteurs le premier lieu qu’ils croisent en descendant du train. Il suffit de traverser la route pour se retrouver au bord de ce petit port rectangulaire occupé par des bateaux colorés. Tout autour, il y a de très belles maisons. L’une d’elle attire tout particulièrement l’attention avec sa façade de style vénitien, en briques roses et pierres blanches. C’est un lieu historique : c’est ici que l’infante d’Espagne, Marie-Thérèse d’Autriche, passa quelques jours avant son mariage avec Louis XIV. Vous le saviez vous que le mariage royal avait été célébré ici ? En fait, ce mariage était l’un des points du traité de paix signé entre la France et l’Espagne, mettant fin à une longue guerre. La ville de Saint Jean-de-Luz fut choisie pour sa proximité avec l’Espagne et aussi du fait qu’il s’agissait d’une ville « riche » qui s’était développée grâce à la pêche à la baleine et à la morue.

Le cœur de ville est très animé, parcouru de rues piétonnes et commerçantes. C’est à proximité du port que se situe la maison Lohobiague où résida le roi avant son mariage. Elle porte depuis le nom de Maison du Roi. A l’origine, cette maison avait été construite en 1643 par un armateur, Joannis de Lohobiague. Située sur la place Louis XIV, elle est facilement reconnaissable avec ses quatre élégantes tourelles, affichant le prestige et la réussite de l’armateur.

Un peu plus loin, je découvre l’église Saint Jean-Baptiste où fut célébré le mariage royal, en 1660, faisant de l’infante d’Espagne la reine de France et de Navarre. A l’époque, l’église était encore en construction : des tentures ont été mises en place pour masquer le chantier. Toute la cour était présente ainsi que les nobles de la région. Le cortège ne put entrer tout entier dans l’édifice trop petit. J’ai peine à imaginer l’effervescence qu’a du provoquer un tel événement ! A l’intérieur, il y a ici aussi des galeries en bois sur 3 niveaux, mais, il y a surtout un imposant retable en bois doré du 17ème siècle. Il est d’ailleurs considéré comme le plus spectaculaire du Pays Basque nord pour son ampleur et sa richesse décorative, notamment la vingtaine de statue qui l’orne. Proche de l’entrée, levez les yeux et vous verrez la maquette d’un bateau à aube : il s’agirait d’un ex-voto ramené de Terre-Neuve par une famille.

Avant de quitter le centre-ville, je suis allée faire un tour dans la halle couverte. Le marché s’y tient tous les matins. On y trouve des produits alimentaires locaux. Le week-end, des marchands s’installent aussi tout autour à l’extérieur : ils proposent des plats tout prêts (j’y ai acheté des chipirons persillés pour déjeuner) et de l’artisanat.

Équipée de mon pique-nique, je suis ensuite allée rejoindre la promenade du bord de mer. Le cheminement suit une digue qui domine la longue plage de sable blond et qui protège les rues de la ville situées en contre-bas. Pour avoir un accès direct à la plage, des passerelles ont été installées entre les maisons et la digue. Profitez-en pour admirer les façades, il y a de jolis détails à découvrir.
Au début de la digue, il y a la statue de Maurice Ravel, installée devant le port avec à l’arrière la vue sur Ciboure et la maison où il est né.

La baie est un lieu propice à la baignade, protégée par plusieurs digues qui stoppent les vagues : la digue de Socoa, celle de l’Artha et enfin celle de Saint Barbe. Depuis quelques mois, une dauphine y a élu domicile, une situation un peu compliquée à gérer par la ville : d’un côté, elle attire des visiteurs, d’un autre côté, comme elle n’est pas farouche, beaucoup de baigneurs l’approchent d’un peu trop prés. Espérons qu’un jour, elle puisse rejoindre ses congénères.

A l’autre bout de la digue, il y a la Pointe Sainte Barbe, une colline très verdoyante au sommet de laquelle se trouve un fanal. Ce fut longtemps un endroit stratégique ; un fort y avait d’ailleurs été construit pour surveiller la rade. Il y eut ensuite une chapelle où les marins se rendaient en pèlerinage. Puis, le fort fut reconstruit au moment de l’occupation espagnole. La chapelle fut frappée par la foudre au 18ème siècle et dut être démolie, ce qui permis au fort de s’agrandir. Elle fut remplacée au 19ème siècle par un fanal pour guider les marins. La colline servit encore par la suite de point de surveillance stratégique, notamment pendant la seconde guerre mondiale : des bunkers y furent érigés ; on en trouve plusieurs tout le long du sentier du littoral.
La colline Sainte-Barbe est l’endroit idéal pour pique-niquer. Il y a d’ailleurs plusieurs bancs installés à flanc de collines. La vue porte sur toute la baie et, quand il fait beau, sur la chaîne des Pyrénées. Mais le jour où j’y étais, le temps était bien gris et les nuages bas. Je n’ai vu que les contreforts de la montagne…

  • Le coin pratique :
    • Informations sur la ville
    • Les commerçants des halles
    • Informations sur la maison du roi
    • Ramener des souvenirs : le magasin Gachucha, une entreprise familiale créée en 1923 propose du linge basque, des accessoires (sacs, porte-monnaie…) . Difficile de choisir, tout est beau 🙂 et de qualité
    • Ciboure et Saint Jean-de-Luz étant voisines, il est possible de combiner la visite de ces deux sites sur une petite journée.

Ciboure, un village de pêcheurs

Ciboure est séparé de Saint Jean de Luz par un pont, « Ziburu », d’où il tire son nom. L’entrée du port est marquée par un phare vert situé à quelques mètres de celui de Saint-Jean-de-Luz, en tous points identique si ce n’est qu’il est de couleur rouge.
A Ciboure, j’ai aimé m’attarder le long du port, un port autrefois très actif pour la pêche à la baleine, puis à celle de la morue et des sardines. Des conserveries étaient implantées sur la commune. La dernière a fermé dans les années 90. Aujourd’hui de petits bateaux de pêches y sont stationnés. En face, les maisons de Saint Jean-de-Luz se reflètent dans l’eau. Sur le quai Maurice Ravel, j’ai pu voir la maison où est né le compositeur éponyme reconnaissable à son style hollandais.

Mais ce que j’ai préféré ici, c’est m’enfoncer dans les ruelles pavées pour découvrir l’église Saint Vincent et son clocher un peu particulier  qui ressemble à une pagode ; puis grimper l’escalier à l’arrière de l’église pour rejoindre le passage du belvédère qui offre une vue sur la baie.
Au sud de Ciboure, la route longe la falaise, passe devant une statue de la Vierge avant d’arriver sur la plage de Ciboure, un bien bel endroit pour se baigner. A l’extrémité de la plage, une passerelle permet de franchir l’Untxin, la rivière qui sépare Ciboure de Socoa.

  • Le coin pratique :
    • Informations sur Ciboure
    • Ciboure et Saint Jean-de-Luz étant voisines, il est possible de combiner la visite de ces deux sites sur une petite journée.

Socoa, un fort face aux vagues

L’image emblématique de Socoa, c’est son fort, construit au bout d’une jetée. Et c’est vrai qu’elle est saisissante cette vue, surtout lorsque les vagues viennent se fracasser sur la digue qui prolonge le fort.
Le fort ne se visite pas, mais on peut s’en approcher au plus prés. Les premières fortifications datent du 16ème siècle. Une partie des aménagements – dont la digue – est due à Vauban. Le lieu constitue une jolie promenade : d’un côté du fort, il y a un petit port de pêche avec ses bateaux colorés et de l’autre l’océan et les falaises plissées. Il y a également une petite jetée au bout de laquelle un marégraphe a été implanté afin de mesurer le niveau de la mer et d’observer la montée des eaux en lien avec le changement climatique. Un jour, une pieuvre s’installa dans le puits de mesure perturbant les résultats !

Mais Socoa, c’est aussi un village construit à flanc de falaise, avec une petite église, un sémaphore et un petit phare qui surplombe l’océan.
Le long du port sont installés des cafés et des restaurants. Difficile de résister à la tentation de s’arrêter pour déguster – selon l’heure – une assiette de moules ou une glace et profiter de la vue.

Hendaye, la plage, mais pas que

Hendaye, la balnéaire, offre une longue plage de sable blond. Vers le nord, la vue s’étend jusqu’aux deux jumeaux, deux rochers qui se sont détachés du littoral. Au sud, la ville est frontalière de l’Espagne, séparée de la France par la Bidassoa. Mais Hendaye présente aussi un autre visage, celui d’un village pittoresque perché sur une colline. Entre les deux, une longue promenade longe le port, une zone naturelle où se prélassent hérons, aigrettes et mouettes.

On arrive souvent à Hendaye par le bord de mer. Le premier endroit que l’on découvre est une longue plage de 3 kilomètres. Tout au nord, cette plage est fermée par les falaises côtières et les célèbres Deux Jumeaux (mentionnés plus haut). C’est de là que part le sentier du littoral.
En longeant l’océan vers le sud, la promenade passe devant un bâtiment à l’architecture particulière, de style mauresque. Il abrite des restaurants, des boutiques et une école de surf. Et effectivement, ils sont nombreux les surfeurs à tenter de dompter les vagues. Un bien beau spectacle.

Me voilà arrivée au bout de la promenade, au bord de la Bidassoa, à la Pointe de Sokoburu (autre nom donné à la plage d’Hendaye). En face, c’est l’Espagne. C’est en suivant la rivière qu’on peut rejoindre la ville historique de Hendaye après avoir longé le port. D’ici, il est possible de prendre un bateau pour une promenade en mer ou pour rejoindre Hondarribia, la ville située en face d’Hendaye.

Tournons le dos à Hendaye la balnéaire pour aller découvrir la ville historique. La promenade continue le long de la Bidassoa jusqu’au lieu originel de Hendaye. A savoir : c’est un chemin assez long – plus de 2 kilomètres – et très ensoleillé avec peu de zones d’ombre. En été, je conseille de prendre l’un des bus qui va du port jusqu’au cœur de ville (plusieurs lignes font la navette, informations à retrouver sur l’application Txik Txak).
J’aborde la ville depuis le bord de la Bidassoa. Je passe devant un ancien fort dont il reste quelques ruines. Construit en 1681, il était destiné à maintenir la présence française sur la Bidassoa et à protéger les pécheurs, les espagnols revendiquant l’exclusivité de la pêche et de la navigation sur cette rivière.

La promenade passe devant une maison mauresque… construite avec les pierres du fort. Prenez le temps de vous arrêter au Port de la Caneta, un ancien port sardinier, d’où il y a un très joli point de vue sur Hondarribia. Il faut ensuite quitter le bord de la Bidassoa pour découvrir la vieille ville. Pierre Loti, qui venait souvent à Hendaye, avait une maison ici qu’il avait baptisée Bakar exea, la maison solitaire.

Un peu plus haut se trouve l’église Saint Vincent, une église typiquement basque avec ses galeries en bois sur trois niveaux. Une croix un peu particulière a été installée juste devant, la croix de Fulcanelli, du nom d’un alchimiste qui aurait cherché à comprendre ce que représentaient les dessins qui l’ornent. Il en parle dans son livre «Le mystère des cathédrales ». Selon lui, l’inscription en latin serait un avertissement concernant la fin du monde… A ce jour, rien n’a été validé et le mystère reste entier.

  • Le coin pratique :
    • Informations sur le patrimoine de la ville historique
    • Hendaye peut se découvrir sur une demi-journée, à combiner par exemple avec une petite randonnée depuis Socoa ou avec une séquence plage et baignade.

Dans un prochain article, je vous emmènerai à Bayonne et Biarritz. Et, en attendant, si vous souhaitez continuer un peu plus loin la découverte de la côte basque sur le versant espagnol, je vous invite à lire mon article « Roadtrip en Pays Basque espagnol ».

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