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Japon

Nokogiri-yama, la montagne aux 1500 statues

Et même bien plus ! Le mont Nokogiriyama est situé au bord de l’immense baie de Tokyo, dans la préfecture de Chiba, sur la péninsule de Boso.

De Tokyo à Nokogiri-yama

Il faut 2h30 en train pour s’y rendre depuis Tokyo. Le train contourne toute la baie. Pour autant, l’océan n’est visible qu’en toute fin de parcours. Le long de la voie ferrée, les maisons s’alignent, serrées les unes contre les autres, étroites. Les toits sont souvent recouverts de tuiles vernissées bleues ou vertes. Les fils électriques inondent le paysage.
Nous y sommes allés pendant la Golden Week, un dimanche. Le train était bondé. Mais à Soga, il s’est presque entièrement vidé. Il y a ici une correspondance qui mène aux longues plages du Pacifique du côté de Chibuka. À partir de là, les maisons commencent à être un peu moins collées les unes aux autres. Certaines ont même de petits jardins. Un peu plus loin, nous commençons à voir de petites rizières.
Changement de train à Akisarazu. Le départ est prévu à 10h28… nous courrons vers notre correspondance. Le timing est tellement serré que nous sommes persuadés que c’est peine perdue ! Et pourtant, chose incroyable au Japon, en ce jour férié, la plupart des trains affichent quelques minutes de retard. Le quai est bondé. Les gens attendent patiemment, sans broncher. Nous ne comprenons rien aux annonces. C’est un peu angoissant et nous comptons beaucoup sur Ludovic, le seul à parler japonais. Finalement, nous réussissons à prendre le train prévu qui affiche 10 minutes de retard. Nous découvrons que les trains par ici ne circulent que sur une seule voie. Chaque train attend donc le train en sens inverse avant de pouvoir s’engager.

Le paysage est désormais bien vert ; il y a de plus en plus de rizières, de plus en plus grandes. Puis, la voie ferrée longe l’océan et nous apercevons sur une colline une immense statue blanche. C’est la Tokyo-Wan Kannon. Elle mesure 56 mètres de haut !
Nous descendons à Hama-Kamaya, notre destination finale. La gare est située dans un village en bord de mer. Avant de nous diriger vers la montagne des Bouddhas, nous faisons quelques provisions au 7 – 11, la supérette locale.
Pour accéder à la montagne des bouddhas depuis la gare, il est possible d’emprunter un téléphérique… enfin, sauf les jours fériés (et aussi les jours de grand vent) ! Face à notre surprise, le personnel de garde s’est plié en quatre pour nous trouver une solution pour rejoindre l’entrée du site. Ils nous ont appelé un taxi et lui ont demandé de nous amener au bon endroit.

Le mont scié

Le mont Nikogiri-yama, littéralement « la scie », s’élève à 329 mètres. C’est ici, qu’à l’époque Edo , il y eut une carrière et que des pans entiers de roche furent sciés pour servir l’édification de nombreux bâtiments. C’est à cette activité que le mont doit son nom, car à l’origine il portait un autre nom, celui de Kenkon-zan. Il faut dire que la roche qui constitue la montagne est une roche tendre et de bonne qualité. Il est possible de voir encore les traces de ces carrières, qui furent actives jusqu’au début des années 80.

2639 marches et 1553 statues

Nous voilà aux pieds du site, au point le plus bas… ce qui veut dire que nous allons affronter un nombre impressionnant de marches. Il paraît qu’il y en a 2639 au total. Je ne les ai pas comptées ! Mais c’est un parcours sans difficulté et qui au final se fait relativement facilement, car il est ponctué de statues de disciples de Bouddhas, qui font de nombreuses raisons de s’arrêter et de reprendre son souffle. Toutes ces statues sont l’œuvre du maître Ôno Jingoro et de ses disciples. Elles représentent 20 ans de travail, de 1779 à 1800.

Un immense Bouddha assis

Le chemin démarre au parking. Après quelques marches, il débouche sur un petit temple construit il y a 1 300 ans. Mais à peine tournons-nous la tête que nous découvrons un immense bouddha dont la sculpture émerge de la montagne. Il est très impressionnant. Il a fait l’objet d’une restauration à la fin des années 60 ce qui le rend probablement encore plus majestueux. Il est assis et tient un bol dans sa main. Du haut de ses 31 mètres, il fait partie des plus grands Bouddhas assis du Japon. Il fallut 3 ans au maître et à ses disciples pour le sculpter. Il se veut un symbole de paix et de tranquillité, représentant « un lieu pur confiné dans une fleur de lotus ».

1500 disciples

Le chemin s’élève ensuite entre les arbres, dévoilant de beaux points de vue sur la baie de Tokyo, même s’il y a un peu de brume. Par temps clair, on peut voir le Mont Fuji, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui. Je ne saurais dire combien de fois nous nous arrêtons pour admirer les milliers de sculptures de disciples de Bouddhas. C’est qu’ils ont tous des visages différents. Certains ont toutefois perdu leur tête suite à une vague anti-bouddhisme pendant l’ère Meiji. Ils sont le plus souvent posés dans des cavités naturelles, plus ou moins grandes, et par groupe. C’est vraiment un parcours étonnant.

Le belvédère de l’enfer

Tout en haut de la montagne, il y a un point de vue à 360° avec plusieurs plateformes d’observation. L’un d’eux, baptisé le belvédère de l’enfer, « Jigoku Nozoki », est tout particulièrement impressionnant, car situé sur un rocher en surplomb du précipice. Il faut faire la queue pour y aller. Chacun prend le temps de faire une photo. Les gens attendent patiemment (c’est long quand même…). La vue porte loin sur la côte, sur le petit port de Hama-Kamaya où accostent les ferrys et sur les montagnes recouvertes de forêts.

Une immense déesse

Nouveaux escaliers en descente cette fois-ci. Sur le côté, un petit chemin se faufile entre d’immenses parois rocheuses taillées sur toute la hauteur. Nous découvrons une immense déesse, de 30 mètres de haut, incrustée dans la montagne . C’est Hyakushaku-Kannon. Elle tient une fleur de lotus dans la main. Il s’agit d’une sculpture relativement récente, réalisée en 1966 pour célébrer les morts des différentes guerres.

Retour par la forêt et les carrières

Puis le chemin descend, toujours bordé de statues des disciples de Bouddha. Pour repartir… il faut remonter jusqu’à la grande déesse, car le ropeway ne fonctionne pas. Il est 16 heures. Nous repassons devant les plateformes d’observation. Il n’y a plus personne ! On en profite pour faire des photos. Un chemin part de la Grande déesse, traverse une forêt et descend jusqu’au village. Il est relativement pentu (on est bien content de ne pas l’avoir monté à pied ce matin!). Les marches sont de dimensions variées et il y a de nombreuses racines. Bref, il faut bien regarder où on met ses pieds. Nous passons à proximité de l’endroit où les moines taillaient la roche.

Nous arrivons juste à temps pour le train de 17h02. Mais le retour sera chaotique. Un vent fort souffle, si fort qu’il perturbe la circulation des trains. Il nous faut réactualiser nos correspondances à plusieurs reprises. Il nous faudra au final 3 heures pour regagner Tokyo, désagrément vite oublié au regard de cette belle journée.

Mon avis sur cette excursion

C’est l’excursion qui m’a le plus marquée lors de mon séjour à Tokyo : j’ai été véritablement impressionnée par ces milliers de statues dont pas une ne se ressemble ! Ajoutez à cela, le Bouddha assis et la grande déesse, bref, j’en ai pris plein les yeux. Quant au site naturel, il est tout simplement magnifique. C’est vraiment une excursion à ne pas manquer.

Le coin pratique

  • Accès en train par le Sobu Line Rapid à destination de Soga, avec un changement à Kisarazu ou Kimitsu pour prendre la JR Uchibo Line (direction Tateya).
  • Ropeway : durée 15mn, 1200 yens AR en mai 2023 (quand il marche 🙂 )
  • Taxi entre le point de départ du téléphérique et l’entrée du site : 1500 yens
  • Entrée du parc : 700 yens (mai 2023)
  • Zone de pique-nique avec plusieurs tables à côté du grand Bouddha
  • Bon à savoir :
    • Prévoyez de quoi pique-niquer car les restaurants sont rares. Il y a d’ailleurs sur le site même plusieurs tables abritées par des tonnelles à côté du Bouddha assis avec une jolie vue sur la baie.
    • Le chemin est le plus souvent ombragé, ce qui est appréciable par temps chaud.

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