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Boucle à vélo depuis La Romieu

Une boucle inspirée d’un circuit proposé par le Pays Portes de Gascogne pour laquelle je vous propose une petite variante qui permet de rester hors des routes départementales trop roulantes. Empruntant les petites routes gersoises doucement vallonnées, ce circuit dévoile de magnifiques points de vue et permet de découvrir quatre jolis villages. 40 km au total qui se font plutôt facilement avec un VAE.

Première étape : Larroque-Engalin

Arrivés sur les coups de midi à La Romieu, nous décidons de garder la visite pour le retour. Nous enfourchons directement les vélos et partons à la recherche d’un joli coin pour pique-niquer. Le circuit emprunte très vite après la sortie du village des routes, certes étroites, mais peu fréquentées. Très vite, nous apercevons le village de Larroque-Engalin, reconnaissable à la tour de son château à une extrémité du village, tandis qu’à l’autre extrémité se dresse le clocher de l’église. Car Larroque-Engalin est un « castelnau », un village fortifié au Moyen-Âge. Quelques traces subsistent de cette époque : le château et une porte médiévale. Le village est organisé autour d’une rue centrale, presque unique. Il faut quitter la D266 pour le traverser. La route contourne le château puis se transforme en une ruelle étroite bordée de maisons en pierre aux volets bleu pastel. Une petite place enherbée a pris place entre deux maisons. Posés au soleil, à l’abri du vent, dominant la vallée, c’est un bel endroit pour notre pique-nique. En repartant, nous passons par l’église. Elle est malheureusement fermée, mais son porche abrite une jolie statue polychrome.

Laissons derrière nous Larroque-Engalin. La route dévale les coteaux au milieu des champs de colza en pleines fleurs, mais aussi d’ail. L’ail de Cadours est très réputé : il présente des stries violacées, un goût plus prononcé que les autres. Il est aussi plus précoce, récolté dès le mois de juillet.

Deuxième étape : Lectoure et une variante

Le circuit emprunte ensuite la D36… beaucoup trop roulante à notre goût. Sur la carte, un autre chemin nous fait de l’œil. Nous bifurquons assez rapidement sur la D219. Et ce détour nous a beaucoup plu. Il permet de s’approcher du Gers, la rivière, de découvrir de belles bâtisses en pierre et un pigeonnier. Peu après avoir franchi le Gers, nous bifurquons à nouveau pour prendre une route encore plus étroite parallèle au Gers. Sur notre gauche, nous découvrons, perché sur une colline, le village de Castéra-Lectourois. Quelques photos pour immortaliser le point de vue, puis nous filons tout droit vers notre deuxième étape.

Très vite, nous arrivons en vue de Lectoure, une grosse bourgade située au cœur de la Lomagne Gersoise. Lectoure était autrefois réputée pour la culture du pastel, une plante qui permettait de produire le « Bleu de Lectoure », un bleu pastel, comme celui que nous avons vu sur les volets de Larroque-Engalin. Il était utilisé aussi pour teindre des tissus. Il a permis à la région de s’enrichir au 16ème siècle avant d’être concurrencé et de tomber en désuétude. Mais depuis 1994, « Le Bleu de Lectoure » fait revivre cet artisanat depuis la culture de l’Isatis Tinctoria jusqu’à la production du pigment bleu.

La ville a été construite sur un promontoire rocheux. Les premier habitants à s’être installés ici sont les Lactorates deux siècles avant notre ère. Puis ce sont les Romains qui se sont emparés de cet emplacement stratégique au croisement de deux grandes voies romaines, celle reliant Bordeaux à Narbonne et celle reliant Agen à Saint Bertrand de Comminges.

Et comme Lectoure est perchée sur un promontoire rocheux… pour la visiter, nous devons tout d’abord grimper une belle côte. Tout en haut, nous découvrons un ancien hôpital, aujourd’hui transformé en brocante. Au départ, il s’agissait du château des comtes d’Armagnac. Au 18ème siècle, l’évêque Narbonne-Pelet demande à Louis XV de le transformer en hôpital pour accueillir malades, mais aussi mendiants dont le nombre s’accroît. C’est un très beau bâtiment en forme de U qui s’ouvre sur la rue principale de Lectoure. A l’arrière de l’hôpital, on peut découvrir les fortifications qui datent des 13ème, 16ème et 17ème siècles.

La rue principale passe devant plusieurs beaux bâtiments. Il y a tout d’abord les thermes, installés depuis 2003 dans l’hôtel de Goulard, un très beau bâtiment du 18ème siècle. Ils étaient précédemment installés dans l’hôpital. Un peu plus loin, nous sommes surpris par un joli porche ; il s’agit en fait du couvent des cordeliers, dont il ne reste aujourd’hui que le portail d’entrée. Nous découvrons ensuite la halle aux grains, construite entre 1842 et 1846 pour abriter le marché. Enfin, tout au bout de la rue principale se trouve la cathédrale Saint-Gervais. Elle a une physionomie assez massive avec son clocher donjon qui date de 1488 ! Il semble posé à côté de l’édifice. Devant la cathédrale trône une étonnante sphère en acier inoxydable soudé surmontée d’un petit ange. Elle représente le globe terrestre. Elle a été réalisée par un artiste de Lectoure, Serge Carvalho.

A côté de la cathédrale, une rue descend vers la Fontaine Diane, autrefois appelée Hountélie. Elle a été construite au milieu des remparts. Elle servait notamment à alimenter en eau les ateliers de tanneurs situés en contrebas de la ville. On peut encore voir le bâtiment qui abritait la tannerie royale au 18ème siècle et qui fonctionna pendant 150 ans, employant jusqu’à 100 ouvriers.

Troisième étape : Terraube

Direction Terraube, notre troisième étape. Nous empruntons la D42. Après quelques coups de pédales, il ne faut pas hésiter à se retourner pour avoir une belle vue sur Lectoure. Encore une côte et nous voilà aux pieds de l’église du couvent de la Trinité de Terraube ; une église en pierre toute simple, avec des vasques en forme de coquille Saint-Jacques accrochées à la façade.

Comme Larroque-Engalin, le village est organisé autour d’une rue avec des maisons en pierre claire (Terraube vient de Terra Alba qui signifie « terre blanche » en référence à la pierre calcaire) et … des volets bleu pastel. Un village, fief de la famille Galard. Pour l’anecdote, tout le monde connaît Hector de Galard. C’est le valet, Hector, qui figure sur les jeux de cartes. Le village a conservé ses fortifications. Pour y entrer, nous passons sous l’une des portes d’accès. Une statue de Saint Joseph a été installée à côté du couvent. Alors qu’une épidémie de peste ravageait le village en 1653, les habitants s’en remirent à Saint Joseph. Depuis, tous les ans, une procession lui est dédiée. De l’autre côté de la rue, un agréable jardin public a été installé. Le temps d’une pause collation 🙂

Un peu plus avant dans la rue se dresse une église qui étonne par sa taille. Construite au 18ème siècle, elle a été complétée au 19ème siècle par deux tours carrées qui viennent encadrer sa façade, lui donnant des airs de cathédrale. Tout au bout du village, nous découvrons le château et une belle porte bien conservée. Il ne faut pas hésiter à la franchir pour sortir du village et avoir une belle vue sur les remparts et le château.

Retour à La Romieu

Pour regagner notre point de départ, nous traversons à nouveau Terraube jusqu’à l’église du couvent. Dernière ligne droite jusqu’à La Romieu par la D 166. C’est la fin de l’après-midi. La Romieu et sa collégiale apparaissent sous une belle lumière.
C’est une étape sur le chemin de Compostelle. Son nom gascon «Roumiou » signifie « pèlerin». On y découvre d’ailleurs dans la rue principale des maisons accueillants les pèlerins. Mais on découvre aussi beaucoup de statues de chats dans le village : sur les murs, sur les façades ; ça devient un jeu de les chercher ! Ils font référence à une ancienne légende. Au 14ème siècle, alors que les habitants souffrent de la famine, ils jettent leur dévolu sur les chats. Mais une jeune paysanne, Angeline, décide le les protéger et de les cacher. Quelques temps plus tard, alors que la famine a disparu et que les greniers sont à nouveau plein, le village est envahi par les rats. Angeline dévoile alors son secret en offrant des chatons aux habitants. C’est un artiste installé à La Romieu qui a réalisé toutes ces sculptures, Maurice Serreau.

Au milieu du village se trouve une jolie place bordée sur deux de ses côtés par des arcades. A voir ici surtout, c’est la collégiale. Elle a été construite entre 1312 et 1318. C’est un vaste ensemble qui comprend un cloître, une église, deux hautes tours et les restes d’un ancien palais. Il est possible de monter dans l’une d’elle pour avoir une belle vue sur la région.

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