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Au cœur de Prague

Du sommet de la colline de Petřín, nous avions découvert la ville et ses cent clochers. Traversons maintenant la Vltava pour plonger au cœur de Prague, dans le centre historique, une toute autre ambiance.

Déambuler dans la vieille ville

Le Pont Charles

Pour commencer cette deuxième journée, nous retournons au Pont Charles, construit au 14ᵉ siècle. Il faut vraiment le voir de jour et de nuit. C’est un très bel endroit ; c’est aussi le plus fréquenté. Même sous la pluie, il y a beaucoup de monde. Il ne faut donc pas hésiter à y aller tôt le matin.

Mais avant de traverser la rivière, je vous suggère d’aller dans l’aire de jeu pour enfants juste en contrebas du pont, Dětské hřiště Pod Karlovým mostem, et vous aurez alors une jolie vue sur le pont et la rive opposée.

Il est vraiment magnifique ce pont, avec ses tours fortifiées à chaque extrémité qui marquent l’entrée de la ville et les nombreuses statues qui l’ornent sur toute la longueur. On y trouve d’ailleurs celle de Saint Jean Népomucène. Il paraît que de toucher le bas-relief de cette statue porte chance… Et surtout, la vue du pont est vraiment un régal  : d’un côté, le château perché sur la colline, et de l’autre côté de la rivière, la vieille ville avec ses bâtiments serrés les uns contre les autres et toutes ces toitures oranges et vertes qui émergent du paysage. Une fois passé le pont, on peut alors véritablement plonger dans la vieille ville. De l’autre côté de la rivière, les rues se font plus étroites. Piétonnes, elles permettent de prendre le temps d’admirer les différentes façades ornées de peintures, sculptures, chapiteaux et parfois de détails amusants comme une entrée de théâtre.

L’horloge astronomique

Très vite, nous débouchons sur la place de l’horloge astronomique, un «passage obligé» à Prague. Comme des centaines touristes, nous avons attendu l’heure pile, le nez en l’air pour voir les marionnettes s’animer. J’avoue avoir été un peu déçue car le spectacle est court, très court ! Le premier à bouger est le squelette qui agite une clochette et donne ainsi le signal du départ aux apôtres qui défilent derrière deux petites lucarnes. Finalement, ce que j’ai préféré, c’est prendre un peu de temps pour admirer l’horloge, une fois le « spectacle » terminé. Car elle est vraiment très sophistiquée. Elle donne l’heure (c’est une évidence) sur un cadran de 24 heures, ou plutôt les différentes heures : l’heure locale de Prague (ou centre-européenne) avec des chiffres romains ; quant au cercle extérieur qui arbore des nombres gothiques dorés sur un fond noir, il indique l’heure selon l’ancien temps tchèque (ou heures italiennes) : c’est le nombre d’heures écoulées depuis le coucher du soleil plus une demi-heure. En plus de donner l’heure, l’horloge indique aussi la position du soleil et de la lune dans le ciel, la phase lunaire, le signe astrologique en cours et enfin le temps sidéral – c’est l’aiguille qui porte une étoile – qui est définit par rapport aux étoiles (et non par rapport au soleil). Lorsqu’on sait qu’elle a été réalisée en 1410, on ne peut que s’émerveiller davantage devant ces mécanismes. Une légende raconte d’ailleurs que son créateur, l’horloger Hanus, eut les yeux crevés à la suite de son invention pour s’assurer que cette horloge ne puisse pas être reproduite ailleurs. J’ai beaucoup aimé tout le décor qui entoure l’horloge. Tout d’abord les quatre personnages qui représentent des allégories : la vanité avec son miroir, la mort représentée par un squelette, l’avarice qui tient fermement sa bourse remplie d’or, enfin l’avarice représentée par un prince turc jouant de la mandoline. Juste en dessous de l’horloge, il y a un autre cadran qui m’a beaucoup plu : il représente les douze signes du zodiaque et aussi, ce que j’ai préféré, les scènes de la vie paysanne suivant les mois de l’année.

Staré Město, la vieille ville

Juste à côté de l’horloge, la place de la vieille ville est entourée de bâtiments tous plus beaux les uns que les autres, plusieurs sont ornés de magnifiques dessins. Il y a notamment la maison U Minuty (à la minute) qui est décorée de sgraffites : c’est une technique qui consiste à appliquer plusieurs couches d’enduits que l’on gratte ensuite pour faire apparaître des motifs. À l’arrière de la place se trouve l’église ND de Tyn, dont les deux tours, imposantes, dominent la ville.

Dans les ruelles autour de la place, il est impératif de marcher le nez en l’air ! On découvre alors quantité de détails sur les façades. Comme cette maison dont l’angle est orné d’une scène de baptême, ou encore la façade peinte de la Wiehlův dům. Sans oublier la Maison Municipale, de style Art Nouveau. À voir également, à proximité de la Maison Municipale, la tour poudrière, bâtie en 1475, qui doit son nom au fait qu’y était stockée autrefois la poudre à canon.

Il y aussi de nombreuses boutiques qui proposent des Trdelník. Il s’agit d’une une pâtisserie traditionnelle sucrée originaire de la ville de Skalica en Slovaquie. Elle est à base de pâte de farine enroulée autour d’une brochette en bois, puis grillée à la braise et recouverte de sucre et de noisettes pilées. Elle a l’aspect d’une gaufre et on peut l’agrémenter de divers parfums de glaces ou de fruits.

Une pause au Louvre

C’est l’heure de faire une pause et d’aller se réchauffer. Nous choisissons le café Louvre, une brasserie très connue située sur Národní třída. Il faut pousser une lourde porte et monter à l’étage du bâtiment. Dans le hall d’entrée se trouve une immense et étonnante carte de Prague : on peut presser sur des boutons pour allumer des diodes. Créée en 1902, le café Louvre a été longtemps le repaire des intellectuels, fréquenté par Franz Kafka ou encore Albert Einstein. Fermé par les communistes en 1988, il a rouvert en 1992. L’ambiance y est feutrée, presque austère, mais le service classe et les plats très bons.

Le quartier de Josefov

Rencontre avec Kafka

Changement de décor pour l’après-midi, nous nous dirigeons vers le quartier de Josefov. La première chose que l’on voit en arrivant dans ce quartier, c’est une énigmatique statue de Kafka… aussi énigmatique que ses livres au fond. Kafka est représenté chevauchant un manteau vide, comme il chevaucherait un cheval. Le sculpteur aurait ainsi voulu exprimer le déchirement intérieur que l’on trouve dans les textes de cet écrivain.

Trois synagogues et un cimetière

Josefov est un ancien ghetto où était cantonnée la communauté juive. On y trouve de nombreuses synagogues. La plupart des choses à voir dans ce quartier se situent à l’intérieur. Ce qui nécessite de prendre un ticket qui donne accès à toutes les synagogues… Bref, il n’est pas possible de choisir et l’accueil au guichet n’a pas été des plus conviviaux. La caissière n’ayant pas de monnaie, nous avons dû chercher un distributeur pour faire l’appoint et insister lourdement pour payer le prix juste. À noter que les hommes doivent obligatoirement se couvrir la tête ; des kippas sont distribuées à l’entrée. Si les synagogues sont très belles, la difficulté est de les enchaîner les unes derrière les autres. Au final, nous en avons visité trois.

La visite démarre à la Synagogue espagnole (Španělská Synagoga). Édifiée en 1868, c’est la plus récente. Elle doit son nom au fait qu’elle est relativement semblable à celle de l’Alhambra de Grenade. Ainsi, la décoration intérieure est de style mauresque. Les murs sont entièrement recouverts d’arabesques où le doré domine.

Dans un style à l’opposé de la synagogue espagnole, nous avons ensuite découvert la Synagogue Vieille-Nouvelle (Staronová Synagoga). Sa décoration intérieure est très sobre avec de belles stalles en bois et des grilles et lustres en fer forgé. Construite en 1270, c’est la plus ancienne synagogue d’Europe centrale.

C’est ensuite vers le cimetière juif (Starý židovský hřbitov) que nous nous sommes dirigés. L’accès se fait par la synagogue Pinkas (Pinkasova Synagoga) rue Sikora puis en suivant un itinéraire guidé à travers le cimetière. Il comprend un nombre incroyable de stèles en pierre – a priori 12 000 – enchevêtrées les unes aux autres. Mais il faut savoir que les tombes occupent aussi plusieurs couches successives car, dans la tradition juive, il n’est pas autorisé de supprimer une tombe existante. Ainsi, par endroit, il y a jusqu’à douze couches les unes au-dessus des autres. Les plus anciennes remontent au 15ᵉ siècle. Certaines sont richement sculptées, ornées de caractères hébraïques et de symbôles caractérisant la personne défunte ou encore des armoiries de la famille. C’est une véritable forêt de stèles installées sous des arbres, ce qui rend l’endroit très calme et très reposant.

Au bout du cimetière se trouve la synagogue Klaus (Klausová Synagoga). Elle ressemble à un petit château. À l’intérieur sont exposées des pièces en lien avec la vie quotidienne des familles juives et avec les traditions religieuses.

Au bord de la Vltava

Après ces quatre visites, nous avons préféré retourner près du fleuve pour clore notre découverte de Prague. Nous avons alors longé les quais depuis le Pont Charles jusqu’au Théâtre national avant de gagner l’île des Slaves (Slovanský ostrov). C’est un grand espace vert, avec en son milieu, le palais Žofín (de Sophie qui était le prénom de l’archiduchesse, mère de l’empereur François-Joseph 1er). De là, il y a de jolis points de vue sur la ville, notamment au soleil couchant. Et tout au bout de l’île, une écluse et un petit phare.

Revenus sur la rive, nous avons découvert une drôle de maison, la maison qui danse. Oui, c’est son nom, et c’est vrai que la partie gauche du bâtiment a l’allure d’une danseuse à la taille resserée, le bas s’évasant comme un jupon ; tandis que la partie droite, rectiligne et coiffée d’un chapeau rond, figure le cavalier.

Le soir tombe, ce week-end a passé très vite. Une dernière fois, nous retournons flâner près de la rivière : sous nos yeux la ville de Prague illuminée se reflète dans la Vtlava.

Ce que j’ai aimé et ce que j’ai moins aimé

  • J’ai aimé me promener sur la colline de Petřín tôt le matin, lorsqu’il n’y avait que peu de monde et découvrir sous mes yeux la ville aux cent clochers ;
  • j’ai été subjuguée par la richesse de la bibliothèque du monastère de Strahov ;
  • J’ai aimé traverser le pont Charles, tellement fabuleux, et me balader le nez en l’air pour découvrir les ornements des façades .
  • J’ai eu beaucoup de mal à m’adapter à l’ambiance générale, plutôt froide. Il faut dire que les tchéques ne sont pas très parlants et encore moins souriants. À plusieurs reprises, dans les restaurants, nous nous somme demandés s’ils avaient bien compris qu’on demandait à pouvoir déjeuner…
  • j’ai détesté l’accueil au guichet de la synagogue espagnole ; nous avons été à deux doigts de renoncer à la visite.

Le coin pratique 

Découvrez Prague de la colline de Petřín au château dans mon article « Prague, la ville aux cent clochers »

de l’aéroport au centre de Prague

  • Prendre le bus n°100 jusqu’à la station de métro Zličín, c’est le terminus de la ligne de métro jaune (B) qui mène au centre de ville. Le ticket de bus s’achète à un automate directement à l’arrêt devant l’aéroport.

Déjeuner ou prendre une pause :

  • Pork’s, situé juste à côté du Pont Charles, Mostecká 16, 110 00 Malá Strana, un restaurant découvert le soir de notre arrivée : nous avons aimé le décor avec de grands réservoirs de bière en cuivre (et la bière était très bonne), les plats (essentiellement à base de porc), mais aussi, ce qui est une rareté à Prague, l’accueil très sympathique des serveurs (ce sera bien le seul endroit). Nous avons même eu droit à un petit digestif avant de repartir ;
  • des adresses plus classiques et plus courues :
    • le café Louvre, Národní 22, 110 00 Nové Město
    • le café Savoy, Vítězná 5, 150 00 Praha
  • le marché Havelske Trziste, entre la vieille ville et la place Venceslas. Il est installé là depuis 1232 ! On y trouve des fruits et des légumes et aussi quelques souvenirs.

Le circuit suivi sur cette deuxième journée représente environ 7 km :

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