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Saint Michel, Saint Martin et plus

Dans les Pyrénées Orientales, il est une route qui relie deux abbayes. Deux abbayes dominées par le Canigou, le mont sacré des catalans qui culmine à 2784 mètres d’altitude. Notre balade consiste en une boucle au départ de Prades, une jolie petite ville. D’ici, le Canigou semble tout proche, comme si on pouvait le toucher. Empruntons la D27 en direction de Saint Michel de Cuxa, afin d’y découvrir notre première abbaye.

Saint Michel de Cuxa, une abbaye dans la vallée

La route serpente entre les vergers avec pour toile de fond les Pyrénées. Au détour d’un virage, l’abbaye apparaît, posée en bordure d’une vaste prairie, totalement isolée. Elle resplendit sous le soleil. Fondée au 9ème siècle, elle possède un clocher carré, un clocher roman à quatre étages avec des baies géminées. A l’arrière de l’abbaye, une vaste prairie permet de prendre du recul et d’embrasser d’un coup d’œil l’ensemble des bâtiments. Si elle semble bien conservée, c’est qu’elle a fait l’objet d’un important travail de restauration. Car elle fut très largement pillée et démontée. D’ailleurs, un grand nombre de ses chapiteaux sont exposés au Musée des Cloîtres à New York !
Quand nous y sommes passés, elle était fermée, nous n’avons pas pu visiter l’intérieur. Nous avons donc poursuivi notre route jusqu’à Taurinya, un joli petit village typique de la région.

De Saint Michel à Saint Martin

Après Taurinya, la route devient sinueuse. Environ 1,5 Km après le village, à la hauteur d’une ferme, se trouve un sentier qui mène à une tour, la tour de Corts. Il s’agit en fait de l’église Saint Valentin de Corts, qui fut construite au 11ème siècle . Ce qu’il en reste aujourd’hui ressemble à un donjon. Elle servait de lieu d’ermitage puis fit office de tour de guet afin de surveiller la vallée de Codalet et de voir les châteaux alentours. Et de cette tour, il y a une vue magnifique sur l’abbaye, qui apparaît perdue en contrebas au milieu de la vallée. De l’eau coule sur le chemin et par endroit, la terre prend une teinte orangée. Au 19ème siècle, il y avait dans les environs des exploitations de minerai de fer. Le sentier est court et facile, c’est une vraiment une halte à faire.

Nous poursuivons notre route sur la D27. Dans un virage, nous découvrons la petite ville de Vernet-les-Bains, une station thermale, très prisée autrefois. Elle fut entre autres fréquentée par la reine mère d’Angleterre. Elle a conservé quelques édifices du Moyen-Âge, notamment son château (en travaux lors de notre passage) ainsi que l’église. Le lieu doit son nom aux arbres qui poussent ici : Vernet signifie un « lieu planté d’aulnes ».

Saint Martin du Canigou, une abbaye dans la montagne

Pour rejoindre l’abbaye de Saint Martin du Canigou, il faut emprunter la D116 à la sortie de Vernet-les-Bains, puis laisser sa voiture au parking en contrebas dans le petit village de Casteil. Le reste du trajet s’effectue à pied et consiste en une montée assez raide sur un chemin tout en lacets, soit 1,6 kilomètres et un dénivelé de 300 mètres. A savoir, la visite de l’abbaye se réserve en amont. Comme nous avions musardé sur la route, c’est au pas de course que nous avons avalé cette montée ! Heureusement, le chemin est bien ombragé. Nous sommes arrivés pile pour le départ de la visite, un peu déconfis et essoufflés mais à temps.

La visite est guidée par une sœur, toute heureuse de nous annoncer que l’abbaye a été reconnue par Rome il y a quelques mois,le 20 décembre 2020. C’est une abbaye un peu particulière en ce sens qu’elle accueille simultanément des frères et des sœurs. Des laïcs y vivent également. Tous participent à l’entretien de l’abbaye.
Il y a un magnifique cloître dont les piliers sont ornés de chapiteaux en marbre rose et blanc ; des chapiteaux sculptés représentants des moines, dont l’un tient une croix de procession, un autre porte un gremial, c’est-à-dire un tablier de protection, des animaux fantastiques… Aujourd’hui, le cloître est utilisé comme galerie d’exposition.

La visite se poursuit ensuite dans la crypte.. une crypte qui n’est pas souterraine en raison de la configuration du terrain, mais qui se situe sous l’église abbatiale. C’est un lieu qui servait de sépultures funéraires ce qui explique sa grandeur.
Au-dessus de la crypte donc, l’église abbatiale : malheureusement, les fresques qui l’ornaient ont disparu. Aujourd’hui, on peut y découvrir des colonnes monolithes en granit rose ainsi que plusieurs sculptures représentant des personnages ayant un lien avec l’abbaye. Ainsi, dans l’abside, une niche abrite la représentation de saint Martin, qui fut, avant d’être évêque, un soldat de l’armée romaine (au 4ème siècle). Il rencontra alors un pauvre à qui il partagea la moitié de son manteau pour le protéger du froid. Plus tard il eut la vision de Jésus revêtu du manteau. En quittant l’armée romaine, il partit fonder des abbayes et devient l’apôtre de la Gaule, le 1er moine d’occident. C’est ainsi qu’il finit par devenir évêque . Il y a également la statue de Saint Gauderic, qui aurait permis de chasser des pandémies.

Après la visite, il ne faut pas hésiter, en sortant de l’abbaye, à emprunter l’escalier qui part sur la droite. Il mène à un superbe point de vue sur l’abbaye.
En redescendant vers le parking, nous avons pris le temps de profiter du chemin et de faire le tour de l’église de Saint Martin le Vieux. C’est un petit édifice, tout en pierre et tuiles de lauze. Elle est très ancienne, déjà mentionnée dans les écrits de 996…

Retour à Prades

Pour clore cette balade, nous continuons la D116 en direction de Villefranche de Conflent. La route longe à nouveau Vernet les Bains et offre un très joli point de vue sur le village. Après quelques virages, nous découvrons un fort bâti à flanc de montagne. C’est celui de Fort Libéria, construit au-dessus de Villefranche de Conflent. C’est une visite à ne pas manquer également, ainsi que celle de Villefranche, une petite ville doublement fortifiée et lovée le long de la rivière Têt. Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon article « la cité fortifiée de Villefranche de Conflent ».

Il ne reste plus qu’à rejoindre Prades en empruntant la N 116 qui longe la rivière. Au centre de Prades, il y a une place sur laquelle donne l’église, qui bien que rebâtie au 17ème siècle, possède toujours son clocher roman.

Le coin pratique et la carte de la balade

  • Des adresses testées et approuvées sur Prades :
    • pâtisserie « Aux tourons catalans » : pour y découvrir une spécialité catalane, les rousquilles, des biscuits plutôt tendres parfumés à la vanille et au citron et recouverts d’une fine meringue
    • Restaurant La Ferreria, un peu à l’écart du centre ville, avec une terrasse agréable
    • Restaurant L’Alegria, une brasserie au coeur de Prades, pour goûter des spécialités locales comme la parillade (assortiment de grillades composé de saucisses et de boudins)
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