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Voyager sur les traces de Louis II de Bavière, c’est partir à la découverte de cinq châteaux, tous plus fantastiques les uns que les autres et tous situés dans des cadres magnifiques.
Mise à jour 18/07/2025 : Les châteaux de Louis II de Bavière – Neuschwanstein, Linderhof et Herrenchiemsee – sont désormais classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Qui était Louis II de Bavière?
« Je veux rester un mystère, pour moi-même et pour les autres », avait autrefois écrit Louis à son éducatrice. Le ton est donné. Louis II était avant tout et surtout un admirateur inconditionnel de Wagner, au point de reconstituer des paysages des opéras de Wagner dans ses châteaux. Il devint roi à 18 ans suite au décès soudain de son père, Maximilien II, mais un roi malgré lui, une fonction qu’il a toujours cherchée à fuir, se réfugiant dans la musique (de Wagner) et dans la solitude. Son côté rêveur, remarqué dès son enfance, prit de plus en plus de place ; il évoluait dans un monde imaginaire, dormant le jour, vivant la nuit. Il éconduira sa fiancée par une simple lettre peu avant son mariage. Sombrant de plus en plus profondément dans la folie au fil des ans, ruiné en raison de ses constructions extravagantes, il sera destitué de ses fonctions en 1886. Quelques jours plus tard, alors qu’il venait d’être interné au château de Berg, il se noyât lors d’une promenade en barque avec son médecin sur le lac de Starnberg. Les circonstances exactes de sa mort (et de celle de son médecin) sont jusqu’ici restées floues.
Nymphenburg, ici est né Louis II
Le château de Nymphenburg est à 40 minutes de tramway environ de Marienplatz, le centre de Munich, un véritable joyau au cœur d’un immense parc. C’était la résidence d’été des rois de Bavière. À l’intérieur, les pièces sont sublimes, richement décorées, notamment la salle des fêtes dont les murs et le plafond sont ornés d’immenses peintures. Il y a aussi une salle étonnante, le « cabinet des beautés », avec de nombreux portraits de femmes de toutes conditions sociales. C’est ici que naquit Louis II en 1845 ; on peut voir la chambre où il est né.
J’ai aussi beaucoup aimé le parc. On y trouve plusieurs petits pavillons. L’un est décoré à la mode asiatique ; l’autre est en bois surmonté d’un croissant doré et entouré du jardin du prince Louis. Et il y en a encore plusieurs autres. À voir également dans le parc, la maison des pompes qui abrite tout le système d’alimentation des fontaines. Jetez un œil aux machines, elles sont impressionnantes !


Ici est né Louis II 

Le jardin du prince 

Le coin pratique :
– Informations pour visiter le château de Nymphenburg ; attention : le château est fermé en hiver, seul le parc est accessible.
Hohenschwangau, l’enfance de Louis II
Le château de Nymphenburg était un peu trop romantique pour le père de Louis II. Il fit construire en 1832 un château sur les ruines d’un autre édifié au Moyen Âge, le Hohenschwangau. Et le bâtiment est en effet nettement moins romantique que le précédent ; il est même massif. Les tours crénelées émergent à peine de la forêt qui l’entoure. La famille y passa tous les étés à compter de 1849.
La visite permet de se plonger un peu dans le quotidien du roi. J’ai pu voir la chambre de Louis II et son ciel étoilé, de nombreux objets et même un pain d’époque ! Louis II avait fait refaire la décoration des pièces : ainsi les murs sont ornés d’immenses fresques illustrant les opéras de Wagner : Lohengrin, Parsifal et les Nibelungen.
Neuschwantein, la 1ʳᵉ folie de Louis II
Neuschwanstein fut le 1ère « folie » de Louis II, devenu roi, dont la construction démarra en 1869. Il surveillait l’avancement du chantier depuis le Hoheschwangau. Les deux châteaux sont effectivement très proches et on peut se rendre à pied de l’un à l’autre. Chacun est perché sur une hauteur. Mais si Hohenschwangau se cache plus ou moins parmi les arbres, celui du Neuschwanstein émerge du paysage et se voit de loin.
Le style est totalement différent du précédent. Tout blanc, il est coiffé de tours fines et pointues, comme les châteaux qu’on voit dans les contes de fées. D’ailleurs, Walt Disney s’en est inspiré pour la Belle au bois dormant.
Depuis la terrasse de ce château, il y a une jolie vue sur le Forgensee et sur l’Alpsee.
À l’intérieur sont reconstitués des décors des opéras de Wagner, notamment Lohengrin et Tannhaüser.

Neuschwanstein vu du Marienbrücke 
La queue pour la Marienbrücke… 
Le coin pratique :
– Visiter les châteaux : les réservations sont obligatoires en amont de la visite (et même le plus tôt possible en période estivale) : site du Neuschwanstein et site du Hohenschwangau
– Lequel visiter ? Si vous y passez la journée, vous pouvez visiter les deux. Personnellement, je n’ai visité que celui du Hohenschwangau, un peu moins couru que le Neuschwantein. J’ai apprécié cette visite, car les pièces montrent comment vivait la famille de Louis II. Elle permet de mieux comprendre l’histoire de ce roi.
– Point de vue sur Neuschwanstein depuis Marienbrücke : après une longue montée (qui peut aussi se faire en calèche), nous avons dû faire la queue pour atteindre le pont. Mais la vue sur le château est imprenable et époustouflante. De là, on voit bien que le château a été construit au bord du précipice. Le pont surplombe les gorges de la Pöllat, des gorges étroites profondes de 92 mètres. Nous avons poursuivi le chemin un peu après le pont et avons trouvé un autre très beau point de vue sur le château et sur le Forgensee, un grand lac artificiel.
– À visiter à proximité : la ville de Füssen, très animée. On peut y voir le château des princes-évêques d’Augsbourg et ses façades en trompe l’œil. Un bus permet de se rendre de Füssen aux châteaux de Neuschwanstein et Hohenschwangau (carte de transport remise gratuitement par l’hôtel si vous dormez à Füssen).
– Dormir à Füssen : hôtel Hirsch, C’est un beau bâtiment qui dispose d’un toit terrasse avec une jolie vue sur le château de Füssen et le lac Forggensee. Les chambres sont spacieuses et très confortables. Petit-déjeuners et parking sur place.

Vue sur le château de Füssen 

Linderhof, le pavillon de chasse de Louis II
Linderhof est le deuxième château construit par Louis II en 1874. Il faisait office de pavillon de chasse, ce qui explique sa taille beaucoup plus réduite. Il est entouré d’un magnifique parc orné de jardins à la française, mais aussi d’une partie boisée et de collines. Un peu partout se cachent de petits bâtiments, comme le pavillon mauresque, le pavillon marocain, ou encore un belvédère situé sur la colline à l’arrière du château. Pour avoir un joli point de vue sur le château et ses jardins à la française, il faut grimper sur la colline qui lui fait face et qui est surmonté d’un belvédère abritant le temple de Vénus.
Il y a aussi dans le parc la grotte de Vénus, mais celle-ci est fermée jusqu’en 2025 pour restauration. À l’intérieur, Louis II y avait fait reproduire la scène du Tannhaüser où une barque traverse un lac souterrain.
Le coin pratique :
– Information sur le château de Linderhof
– À visiter à proximité : l’église de Wies, connue pour être la plus belle église roccoco du monde. Elle se trouve en pleine campagne et sa blancheur explose au milieu des champs tout vert. De l’extérieur, on découvre un bâtiment épuré ; à l’intérieur, c’est tout l’inverse. Les murs sont entièrement recouverts de décors dorés, chargés et le plafond est orné d’une immense fresque colorée.
Herrenchiemsee, le Versailles Bavarois
Voici probablement le plus extravagant et le plus coûteux des châteaux de Louis II… un château dans lequel il n’aura passé que 10 jours.
À mi-chemin entre Munich et Salzburg, il y a un grand lac, le lac de Chiem (le plus grand de Bavière) et sur ce lac, plusieurs îles. Sur l’une d’entre elles, Louis II fit construire son troisième château (1878). Émerveillé par le château de Versailles lors de son voyage en France, il lança la construction d’un nouveau palais dès son retour. Comme à Versailles, il eut la folie des grandeurs ; le château n’a d’ailleurs jamais été terminé. Seules 20 pièces (!) ont été finalisées. La façade présente effectivement des similitudes avec celle de Versailles, tout en longueur, ornée de colonnades et de nombreuses statues au sommet. Comme à Versailles, il y a à l’intérieur une galerie des glaces. Comme à Versailles, il y a à l’avant du château, un grand bassin orné de sculptures, puis un grand canal qui se jette dans le lac.
Le coin pratique :
– Se rendre sur l’île : il faut se rendre en ferry sur l’île d’Herrenchiemsee depuis Prien (en venant de Munich). Les billets s’achètent directement au débarcadère, la réservation n’est pas possible. Il y a un grand parking à proximité. Le bâteau se rend en 1er lieu à Herrenchiemsee ; pour le retour, il marque un arrêt à Fraueninsel et à Gstadt am Chiemsee.
– informations pour visiter le château
A visiter à proximité :
– sur l’île d’Herrenchiemsee, il y a plusieurs chemins qui parcourent les bois ; des tables de piaue-nique y ont été installées. Il y a aussi une jolie petite chapelle avec vue sur le lac.
– L’île de FrauenInsel, plus petite que la précédente, est aussi très jolie à voir. Il y a dessus une abbaye bénédictine, plusieurs maisons d’habitation et des restaurants. Elle est très animée.
Le mot de la fin
Je ne connaissais que très peu l’histoire de Louis II. Je ne m’attendais pas à trouver autant de châteaux en Bavière. Ils sont le reflet de l’esprit de démesure du roi et aussi de sa solitude.
Le Nymphenburg (et son parc) est celui que j’ai préféré. J’ai aussi beaucoup aimé le Linderhof, plus intimiste. Le Neuschwanstein et le Hohenschwangau sont certes à voir, mais les visites y sont très organisées (et souvent faites au pas de course). Et que dire de la foule qui se presse sur le Marienbrücke… Enfin, je conseille vraiment de faire l’excursion en bateau sur le Chiemsee, pour le château, mais aussi pour Fraueninsel, une très belle balade.





















