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Irlande

Coup de cœur pour le Donegal

C’est une route large et fréquentée qui relie Sligo à Donegal. Après 14 jours passés en Irlande, j’en avais perdu l’habitude. Mais une fois quittée la route qui se dirige vers l’Irlande du Nord, je retrouve les chemins étroits et sinueux. Et je découvre très vite que ce n’est pas pour rien que cet endroit est surnommé le « Forgotten County », le comté oublié. S’il est un lieu hors des sentiers battus, c’est bien celui-ci. Préparez-vous à en prendre plein les yeux !

La ville de Donegal

Donegal, c’est un peu la porte d’entrée du comté, la ville la plus au sud, située à l’embouchure de la rivière Eske. Elle a une longue histoire. Elle fut fondée par les Vikings à qui elle doit son nom : Dun na nGall, en gaélique, signifie « fort des étrangers ». Elle fut plus tard le siège du clan O’Donell aux 15ᵉ et 16ᵉ siècles. On peut encore voir leur château, construit au bord de la rivière Eske. Tout en pierres grises, il paraît plutôt imposant, mais surtout austère.
En dehors du château, la ville est assez petite, organisée autour d’une place très commerciale avec de nombreux magasins d’artisanat local, notamment des articles en tweed ou en laine.
Après Donegal, la route est bordée de paysages grandioses, à perte de vue. Les routes sont désertes et me donnent l’impression d’être seule au monde (enfin, si on exclut les vaches et les moutons).

Saint John’s point, le bout de la route

Ma première étape sera Saint John’s Point, une petite plage desservie par une route sans issue, étroite et escarpée (mais je commence à être habituée). Il faut finir le trajet à pied pour rejoindre le phare. Il n’y a quasiment personne si ce ne sont des vaches imposantes, noires avec de belles cornes. Il y a aussi quelques taureaux, ce qui n’est pas pour me rassurer. Mais ils nous regardent passer sans broncher. Tout au bout du chemin, il y a donc un phare. Des fous de Bassan survolent les rochers. De là, la vue porte sur Sligo ainsi que sur le château de Classiebawn et sur le Ben Bulben, dont les silhouettes sont reconnaissables à leurs formes caractéristiques. Mais aujourd’hui, nous les devinons, car la brume nous entoure.
Demi-tour, nous reprenons notre route direction les falaises de Slieve League. La route longe une baie intérieure au bord de laquelle est installé le plus important port de pêche d’Irlande, le port de Killybegs. Il y a quelques gros bateaux à quai.

Slieve League, des falaises vertigineuses

Après une petite heure de voiture, nous voilà encore une fois au bout de la route. Il faut laisser la voiture et continuer à pied.
Slieve League, c’est une chaîne de montagnes qui se transforme en falaises au bord de l’océan. Et quelles falaises ! Ce sont les deuxièmes plus hautes d’Europe : 600 mètres au plus haut point. Un chemin goudronné part du parking et mène à une plateforme panoramique. La vue porte sur toute la longueur des falaises. Mais il serait dommage de s’arrêter là. Il y a en effet un sentier qui permet de suivre la ligne de crête, le One Man’sPass. C’est un parcours sans difficulté, si ce n’est le vent qui souffle en rafales obligeant à s’arrêter par moment. Un vent qui fait changer le paysage en permanence avec des variations de lumières, des bancs de nuage qui s’accrochent au relief puis disparaissent. Depuis le chemin, la vue en contre-plongée est saisissante. La pente de la falaise paraît tellement lisse, sans obstacle jusqu’à l’océan. Et tout en bas, les vagues se fracassent bruyamment contre les rochers. Pas de quoi effrayer les nombreux moutons qui gambadent en liberté et se jouent de la pente. Le chemin continue longtemps encore. C’est un ancien sentier de pèlerinage. Pour notre part, nous avons fait demi-tour au bout de 30 minutes, ce qui nous a donné un bel aperçu.
Ce bol d’air nous a ouvert l’appétit et ça tombe bien, car en quittant les falaises, il y a au bord de la route , un restaurant très sympa, le Rusty Mackerel. De quoi reprendre des forces !

Cloghanmore, une tombe atypique

La route se faufile au milieu des prairies jaunies. En bord de route, nous découvrons par hasard un site mégalithique, celui de Cloghanmore. Perdu au milieu de la lande, il est accessible gratuitement.
On distingue bien sa forme ovale ainsi que les chambres funéraires recouvertes de grosses dalles. Ces dernières sont situées à une extrémité de la tombe et sont disposées côte à côte. Il paraît que c’est une disposition atypique, qui ne se rencontre que dans un seul autre site en irlande.

Glencolmcille, un village musée

Direction maintenant un village historique, celui de Glencolmcille. Il s’agit d’un village reconstitué en 1967 avec des maisons de différentes époques, de 1700 à 1900. Elles sont toutes coiffées d’un toit de chaume arrondi au sommet. Une école a été mise en scène. On peut y voir les bureaux des écoliers et aussi la cheminée dans laquelle le maître faisait brûler la tourbe apportée par les enfants. Il y a aussi un atelier de tisserand, une épicerie ainsi qu’un petit musée très intéressant. C’est l’occasion de « rentrer » dans la vie quotidienne des gens : ainsi on découvre la maison d’un agriculteur en 1700 avec son sol en terre battue ; puis un cottage de 1850, beaucoup plus moderne avec un sol couvert de dalles de pierre et des carreaux aux fenêtres, et bien d’autres reconstitutions encore. C’est un véritable voyage dans le temps qui montre l’évolution des techniques et des conditions de vie.
Un petit sentier monte sur les hauteurs à l’arrière du village, l’occasion d’avoir une vue d’ensemble des maisons, ainsi que sur la plage juste en contrebas du village et sur Glen Head, un promontoire rocheux. J’ai beaucoup aimé ce village musée.
Le temps a encore une fois passé très vite. Nous abandonnons l’idée de visiter Ardara. Peu après le Glengesh Pass, point culminant, nous revenons sur Donegal. Demain, une autre aventure nous attend, direction l’Irlande du Nord.

Mon avis sur le Donegal

Je suis arrivée dans le Donegal pensant avoir déjà vu les plus beaux paysages d’Irlande : les falaises de Moher, le Connemara… Mais le Donegal est encore un cran au-dessus. C’est ici que se trouvent les étendues les plus sauvages, ici que les paysages sont les plus spectaculaires. C’est finalement l’idée que je me faisais de l’Irlande avant d’y aller. Et je n’ai qu’un regret, n’avoir passé que 2 jours par ici, ne pas avoir poursuivi la route jusqu’au point le plus au nord. C’est un comté peu documenté dans les guides et c’est bien dommage.

Le coin pratique

  • Informations sur les sites :
    • Les falaises de Slieve League se situent à environ à 1h30 de Donegal Town. Parking payant. Informations sur le site du tourisme irlandais ,
    • Cloghanmore, site mégalithique situé à 8 km à l’est de Glencolmcille : informations sur le site Voices from the dawn,
    • Informations sur le village historique de Glencollumcille ,
    • Découverts à mon retour, les articles de Vio-vadrouille sur le Donegal, une mine d’informations (elle vient même de sortir un guide).
  • Où manger :
    • Quay West à Donegal : des plats locaux très bons et une belle vue sur la rivière depuis la salle à l’étage,
    • The Rusty Mackerel, restaurant style pub avec de bons plats de poissons, situé à Carrick sur Teelin Road.

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