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Le sentier du littoral basque va de Bidart à Hendaye, soit 25 kilomètres. On peut le faire d’une traite ou en plusieurs fois. Dans ce cas, la première question que l’on se pose est « d’où je démarre ? » En fait, ça n’a aucune importance. À vous de choisir votre point de départ en fonction de votre lieu d’hébergement, de la météo, de votre forme, de votre humeur, de votre envie de faire beaucoup de kilomètres ou juste un peu. Pour ma part, je me suis posée à Urrugne, au bord de l’Untxin (la rivière), à 5 minutes à pied du sentier du littoral et de la plage de Ciboure. J’ai emprunté le sentier une première fois de la plage de Ciboure à Guethary, puis une deuxième fois de Socoa à Hendaye. Dans cet article, je vous partage mes deux parcours et mes impressions sur ces deux randonnées.
Le coin pratique
- Des lignes de bus circulent tout le long du littoral : le mieux est de se référer à l’application Txik Txak qui permet de rechercher le meilleur trajet. La fréquence des bus est assez élevée avec de nombreux trajets programmés toute la journée à intervalle régulier. Il est possible de payer directement en montant dans le bus avec sa carte bancaire.
- Le sentier suit le bord de l’océan, il y a peu d’ombre pour se protéger du soleil : chapeau, crème solaire et gourde sont donc de rigueur.
- S’il y a quelquefois des petites montées, le chemin au final n’a rien de difficile. Des chaussures de marche basses sont suffisantes.
De Ciboure plage à Guethary
13km entre petites villes, plages et falaises
J’ai rejoint le sentier du littoral à la hauteur de la plage de Ciboure, un cadre magnifique. Avant même de commencer à marcher, j’ai passé un long moment à regarder le paysage. La vue porte du fort de Socoa jusqu’à la colline Sainte Barbe de Saint Jean-de-Luz, une belle courbe où alternent plages et rochers. De bon matin, des activités sportives sont organisées sur la plage et dans l’eau : cours de pilate, longe-côte… Mais très vite la plage laisse place aux rochers. Le chemin rejoint la route aux abords du village de Ciboure.
A l’entrée se dresse le phare de Saint Jean-de-Luz et un peu plus loin, celui de Ciboure. On dirait des jumeaux : ils se ressemblent en tous points ; seule la couleur diffère, rouge pour celui de Saint Jean-de-Luz, vert pour celui de Ciboure. Ils signalent l’accès au chenal du port. Je n’en avais encore jamais vu de cette forme. On les doit à l’architecte André Pavlovsky qui a mélangé style basque et style moderne, baptisé style «néo-labourdin».
J’entre dans Ciboure : la route longe de très belles maisons typiques du Pays Basque avec des colombages et des balustrades peintes en rouge. Mais au milieu de ces maisons, il en est une en pierre dont le style hollandais interpelle : elle fut construite par un négociant au 15ème siècle, Esteban d’Etcheto, qui s’était inspiré des maisons vues à Amsterdam. C’est dans cette maison qu’est né Ravel en 1875, d’une mère basque et d’un père suisse. Même s’il n’y vécut que quelques mois, cette maison est désormais connue sous le nom de « maison Ravel».
De l’autre côté de la route, la vue porte sur le port de Saint Jean-de-Luz. La ville se reflète dans les eaux ; de nombreux petits bateaux de pêche et de loisirs très colorés sont amarrés. Le dimanche matin, le marché se tient au pied du phare avec des produits locaux et quelques stands d’artisanat.
Je franchis la Nivelle et me voilà Saint Jean-de-Luz en train de longer le port. J’aperçois, au bord de l’eau, une maison un peu particulière, de style vénitien et dont la façade est faite de briques roses et de pierres blanches. C’est un lieu historique : c’est dans cette maison que l’infante Marie-Thérèse d’Autriche passa quelques jours avant son mariage avec Louis XIV, célébré dans l’église de Saint Jean-de-Luz.
Depuis le port, je bifurque dans le centre ville, notamment pour acheter de quoi pique-niquer : passage par le marché couvert très animé, la place Louis XIV où se trouve la maison du roi. Sous le kiosque à musique, une chorale basque entonne des chants. Je visiterai Saint Jean-de-Luz une autre fois. Après ce petit aperçu rapide, je reprends le sentier du littoral. Il passe devant la maison de l’Infante, puis à côté du phare et longe la longue plage jusqu’à la pointe Saint Barbe. Le cheminement suit une digue ; les rues de la ville sont en contre-bas. Aussi, les maisons ont installé des passerelles pour avoir un accès directement sur la digue et donc la plage.
En cette fin avril, il y a du monde attroupé sur la plage. En effet, une dauphine a élu domicile dans la baie depuis plusieurs mois. Elle est plutôt taquine, venant toucher les baigneurs et sauter parmi eux. Mais c’est un sujet compliqué : d’un côté, elle attire beaucoup de baigneurs qui veulent la toucher et qui sont parfois assez invasifs ; d’un autre côté, elle reste un animal sauvage et ne devrait pas être approchée ainsi. J’ai eu la chance de l’apercevoir ; mais je ne sais pas trop si je dois m’en réjouir ou la plaindre. J’espère qu’elle pourra retourner un jour parmi les siens. J’aimerais surtout que les gens la respectent.
L’extrémité de la digue m’amène à la pointe Saint-Barbe, une colline très verdoyante au sommet de laquelle se trouve un fanal. Ce fut longtemps un endroit stratégique ; un fort y avait d’ailleurs été construit pour surveiller la rade. Il y eut ensuite une chapelle où les marins se rendaient en pèlerinage. Puis, le fort fut reconstruit au moment de l’occupation espagnole. La chapelle fut frappée par la foudre au 18ème siècle et dut être démolie, ce qui permis au fort de s’agrandir. Elle fut remplacée au 19ème siècle par un fanal pour guider les marins. La colline servit encore par la suite de point de surveillance stratégique, notamment pendant la seconde guerre mondiale : des bunkers y furent érigés ; on en trouve plusieurs tout le long du sentier du littoral.
La colline Sainte-Barbe est l’endroit idéal pour pique-niquer. Il y a d’ailleurs plusieurs bancs installés à flanc de collines. La vue porte sur toute la baie et, quand il fait beau, sur la chaîne des Pyrénées. Mai aujourd’hui, le temps est bien gris et les nuages bas. Je ne vois que les contreforts de la montagne…
Après ma pause déjeuner, je repars en direction de Guethary. Le sentier suit le haut de la falaise et permet de bien voir le flysch, ces plissements géologiques où alternent des roches dures et des roches tendres. Comme ils sont empilés les uns sur les autres, ils ont été baptisés ici « pile d’assiettes ».
A l’endroit où le sentier rejoint la route se trouve une petite chapelle construite par un belge, Firmin Van Brée. Amoureux de Saint Jean-de-Luz, il a même été nommé citoyen d’honneur de la ville pour l’aide apportée à son développement. C’est dans cette chapelle qu’il a été enterré selon ses souhaits en 1960.
Très vite ensuite, le sentier s’écarte de la route et se faufile à nouveau dans la nature avec des points de vue plongeants sur la côte et sur les plages jusqu’à la croix d’Archilua (Archilua signifiant «pierre trouée » en basque). Cette partie est celle que j’ai trouvée la plus belle et – relativement – la plus sauvage, car la côte est quand même assez urbanisée.
Le sentier suit le « chemin des falaises», c’est son nom. Il offre de beaux points de vue sur les plages sur lesquelles on peut descendre. Il y a celle d’Erromardie, puis celle de Mayarco, enfin celle de Senix. Il faut parfois remonter pour passer de l’une à l’autre. Je poursuis par la Jetée des Alcyons, une digue, qui me mène directement au port de Guethary… qui ne ressemble pas tout à fait à un port. Les bateaux sont parqués sur une cale en pan incliné. Ils sont poussés à la main pour descendre et remonter à l’aide d’un treuil. Une résidence a été construite au bord du port et de l’océan. Je trouve ça un peu dommage mais le passage via la terrasse côté océan est autorisé.
Guethary est un tout petit village, construit à flanc de falaise et qui s’étire sur toute la hauteur. En suivant la rue principale, je suis passée devant la mairie et le fronton municipal où se tenait un vide-grenier. Sur la façade de la mairie, j’ai aperçu deux têtes basques sculptées. Un peu plus haut dans la rue, je suis passée devant le musée Saraléguinéa. Je n’ai pas pris le temps de le visiter. Il rassemble des œuvres données par le sculpteur Georges Clément de Swiecinski, des sculptures, des céramiques et des dessins.
Tout en haut du village se tient l’église Saint Nicolas, avec à l’intérieur les traditionnelles galeries en bois sur trois étages.
C’est à partir de Guethary que je suis revenue à mon point de départ en prenant le bus sur la route du littoral.
Mon avis sur ce premier parcours
Aucune difficulté sur cette partie, quelques petites montées et descentes. Le chemin est large et bien marqué. Il emprunte quelques tronçons de route, sur des portions très courtes à chaque fois. J’ai trouvé la côte assez urbanisée, ce qui m’a un peu déçue. Il y a toujours des maisons de loin en loin. J’ai bien aimé la colline Saint-Barbe et son point de vue, les plages d’Erromardi, Mayarco et Senix ainsi que le village de Guethary. Au final, c’est une jolie balade.
De Socoa à Hendaye
9 km entre falaises et collines verdoyantes
Direction le sud et la frontière espagnole cette fois-ci. Pour cette deuxième randonnée, je suis partie du fort de Socoa, et qui plus est, sous un grand soleil. Pour être tout à fait honnête, le sentier ne passe pas au fort, mais il me faisait de l’œil depuis plusieurs jours et j’avais hâte de m’en approcher. Il ferme la baie de Saint Jean-de-Luz. Parfois, on peut voir les vagues jaillir et s’écraser sur sa digue. Les premières fortifications datent du 16ème siècle. Une partie des aménagements dont la digue est due à Vauban. Il ne se visite pas, mais le lieu est très joli : d’un côté un petit port de pêche avec ses bateaux colorés et de l’autre l’océan et les falaises plissées.

Il faut revenir un peu en arrière pour prendre le sentier du littoral… en fait, non 🙂 le sentier est fermé depuis plusieurs mois sur cette partie en raison des effondrements qui se produisent sur la corniche. C’est donc en bus (n°26) que je démarre la randonnée jusqu’à Asporotsttipi. Ici, je peux rejoindre le sentier. A cet endroit se trouve la Maison de la Corniche. Ça vaut le coup d’aller y faire un tour pour comprendre la géologie de la région, l’évolution du littoral et avoir des informations sur la biodiversité.
Après cette visite, direction le sentier. Et quel beau sentier ! Tout du long, ce sont des points de vue à couper le souffle, que ce soit côté Pyrénées avec les pics de la Rhune et les Trois Couronnes, que côté océan. Le chemin alterne des passages à l’ombre sous les arbres et des passages à découvert. De nombreux belvédères ont été aménagés dévoilant une côte sauvage, des falaises qui tombent directement dans l’océan, des plages inaccessibles. Le château d’Abadia est le seul bâtiment que je croise. Le château Abadia peut se visiter, ce que je n’ai pas fait. C’est un château-observatoire construit au 19ème siècle par Viollet-Le-Duc pour un aristocrate géographe et ethnographe. Son architecture est inspirée des châteaux-forts du Moyen-Âge. L’intérieur vaut apparemment le coup d’œil, mais il faisait tellement beau le jour où j’ai fait cette randonnée que j’ai préféré rester à l’extérieur.
En arrivant à hauteur de ce château, j’ai laissé un temps le sentier du littoral pour bifurquer à droite vers la pointe Sainte-Anne. J’ai suivi le bord de côte au plus près, ce qui m’a permis de voir les flysch, beaucoup plus impressionnants sur cette partie de la côte, les « Deux Jumeaux », deux rochers séparés de la côte par l’érosion, et de belles criques.
J’ai finalement rattrapé le sentier du littoral à la hauteur de la maison Larretxea. Encore quelques mètres et me voilà sur la plage de Hendaye, une immense bande de 3 kilomètres de long. Je ne résiste pas au plaisir de m’y baigner, d’autant plus que je suis pratiquement toute seule sur cette plage.
Ici s’arrête le sentier du littoral, mais ce serait bien dommage de ne pas poursuivre. Il y a tout d’abord la promenade piétonne qui longe la plage. Les vagues sont prises d’assaut par de nombreux surfers. Tout au bout de cette promenade se trouve la Bidassoa, la rivière qui sépare Hendaye de sa voisine espagnole Fontarrabie, (Hondarribia). Le cœur de ville d’Hendaye est un peu plus loin à l’intérieur des terres au bord de la Bidassoa. Le chemin est un peu long et très ensoleillé, mais la récompense est au bout : une jolie petite église, les ruines du fort Vauban, le panorama depuis le Port de Caneta sur Hondarribia. De là, j’ai pu prendre un bus pour revenir à mon point de départ.
Mon avis sur ce deuxième parcours
J’ai vraiment préféré cette randonnée qui est nettement plus sauvage. Aucune difficulté là non plus : le tracé est presque plat et le sentier large. La côte est impressionnante, les formations géologiques à observer sont plus nombreuses. J’ai apprécié de finir par Hendaye pour profiter de la plage et pour prendre le temps de pousser jusqu’à la vieille ville.
A savoir : Une alternative a été mise en place entre Socoa et Asporotsttipi par le département : un nouveau sentier a été tracé à l’intérieur des terres.
L’office du tourisme met à disposition un petit circuit pour découvrir la vieille ville de Hendaye.
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