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Tarn

Castres, entre patrimoine occitan et carnaval vénitien

Chaque année en septembre, la ville de Castres se métamorphose à l’occasion de l’Escapade Vénitienne, un rendez-vous féerique où les rues s’animent au rythme d’un défilé de costumes inspirés du célèbre carnaval de Venise. Profitez-en pour partir à la découverte d’une ville pleine de surprises.

L‘escapade vénitienne

La parade des masqués

Mi-septembre, c’est toute la ville qui se met aux couleurs italiennes pendant deux jours et qui voit ses rues sillonnées par des « masqués ».
Ils sont nombreux à venir, vêtus dans la plus pure tradition des carnavals vénitiens. Ils arborent de splendides costumes, hauts en couleurs et particulièrement raffinés. Tous portent un loup ou un masque. Les dames déambulent dans de longues robes élargies par des paniers latéraux ; les messieurs ont le plus souvent de longs manteaux assortis à leurs gilets et culottes. Rien n’est laissé au hasard. La tenue est complétée par des accessoires : gants, éventails, perruques, tricornes ou chapeaux ornés de voilettes et chaussures d’époque.

Les masqués défilent deux fois dans la journée, une fois le matin et une fois l’après-midi sur la place Soult. Entre temps, ils déambulent dans les rues du centre ville et dans le jardin du Mail, l’endroit idéal pour les photographier. Ils défilent souvent à plusieurs, en couple ou avec des enfants. N’hésitez pas à aller échanger avec eux, ils pourront vous détailler leurs costumes et vous partager leur passion.

Les lanceurs de drapeaux

Parmi les animations, il y a sur la place Jean-Jaurès un spectacle de lanceurs de drapeaux, qui rappelle les démonstrations d’exercices complexes que pratiquaient les portes-drapeaux des compagnies militaires au 12ème siècle pour fêter des événements. Quelle dextérité ! Les drapeaux ornés de fleurs de lys virevoltent et s’envolent parfois très haut au rythme des tambours.

Le marché italien

Sur la place Soult, vous trouverez un marché italien installé pour l’occasion avec tout un tas de spécialités : charcuterie, fromage, pâtes. Des costumes sont également exposés.

Des animations traditionnelles

Des animations se tiennent tout au long des quatre jours de fête. Un soir, vous pourrez découvrir la Festa sull’acqua, un spectacle nocturne et aquatique.
Si vous venez le dernier jour, vous pourrez assister à la clôture des festivités avec l’envol de l’ange, qui remet la clé de la ville aux masqués, un joli moment plein de poésie.

Le coin pratique

  • Venez dès le matin afin de pouvoir admirer tous ces beaux costumes sans trop de monde, surtout si vous voulez faire des photos ;
  • L’endroit idéal pour les photos : le jardin du Mail, au bout de la place Soult avec ses massifs et ses bassins. Il y a même une petite île et un pont en fer forgé ;
  • N’hésitez pas à consulter le programme disponible sur le site de la mairie de Castres.

Que voir à Castres ?

J’ai profité de l’escapade vénitienne pour visiter Castres. Je ne connaissais pas du tout, et probablement, que sans cette animation, je n’y serai jamais allée. Or, c’est une ville qui réserve bien des surprises.

Castres est située dans le sud du département du Tarn. Elle est traversée par deux rivières : l’Agout, un affluent du Tarn, et la Durenque qui se jette dans l’Agout à proximité du cœur de ville. Au 16ème et au 17ème siècles, la ville a connu une période de prospérité économique liée au textile et aussi en raison de l’installation d’une cour de justice. Jean-Jaurès est né à Castres : une place porte son nom et une statue à son effigie s’y trouve.

Les maisons colorées

Parmi les jolies surprises, il y a les célèbres maisons colorées situées au bord de l’Agout. C’est une image bien connue en Occitanie. Les premières maisons ont été construites au Moyen-Âge sur la rive gauche de l’Agout. Elles étaient occupées par des artisans, notamment des tanneurs et des drapiers. Au niveau de la rivière se trouvaient les ateliers qui utilisaient l’eau pour leurs activités. Les boutiques étaient installées au rez de chaussée. Les artisans habitaient au premier étage, tandis que les étages supérieurs servaient de séchoirs. Ces maisons étroites, en bois ou en briques, ont été peintes avec des couleurs pastels (vert, marron, orange, des volets bleus…) à l’aide des pigments utilisés par les artisans. Les activités ont perduré jusqu’au 19ème siècle et ont fait la richesse de la ville. Ces maisons constituent l’image signature de Castres.

Les hôtels particuliers

Aux 16ème et au 17ème siècles, plusieurs hôtels particuliers ont été construits soit par des marchands, soit par des magistrats suite à l’installation par Henri IV d’une Chambre de l’Édit traitant les affaires protestantes.
Ainsi, on peut voir, rue Frédéric Thomas, l’hôtel de Nayrac en briques et en pierre. Ce fut le tout premier bâtiment à introduire la brique à Castres. Cet hôtel appartenait à un marchand drapier. Pour marquer la notoriété de la famille, une tour carrée fut érigée et la façade fut décorée de fruits, signe d’abondance, et de têtes de lions sous les fenêtres.
D’autres hôtels particuliers sont à découvrir dans le cœur de ville. ouvrez l’œil !

Autour du jardin de l’Évêché

Le jardin de l’Évêché est un endroit à ne pas manquer. Pour ses jardins à la française, mais aussi pour les bâtiments qui se trouvent autour ou à proximité, car il y a ici un véritable condensé de bâtiments historiques, tous magnifiques.
Pour accéder au jardin, il est possible de passer par la cour de la mairie, qui se situe dans l’ancien palais épiscopal qui date de 1673. Au bout de la cour se trouve le musée Goya – installé dans une aile du palais épiscopal – que je n’ai pas eu le temps de visiter (mais j’y reviendrai sûrement !) : il rassemble une importante collections d’œuvre d’art hispaniques (Velasquez, Murillo, Goya…).
Le musée donne directement sur le jardin de l’Évêché, un jardin conçu par Le Nôtre avec des parterres bordés de haies millimétrées et un bassin au centre d’où jaillit un jet d’eau. Il est bordé par l’Agout, en contrebas.
Sur le côté du jardin se trouve le théâtre, encore un bâtiment remarquable. De style rococo italien, il a été inauguré en 1904.
Enfin, face à la mairie, il y a la cathédrale Saint-Benoît (début du 18ème siècle). Elle devait être à l’origine l’une des plus grandes de France, mais le projet n’a pas abouti.

L’église de Notre-Dame de la Platé

Si vous avez un peu de chance, vous entendrez son carillon , le plus vieux de France encore en fonctionnement dan le sud de la France. Il n’a jamais cessé de sonner depuis 1847 !

Le coin pratique 

  • Allez-y en train depuis Toulouse :
    • comptez entre 1h10 et 1h15 de trajet ;
    • la gare est 17 minutes à pied de la place Jean Jaurès et à 20 minutes de la place Soult.
  • A faire : une balade sur l’eau avec le Miredames, un coche d’eau, bateau traditionnel en bois
  • Sur le site du musée Goya, vous trouverez toutes les informations pratiques

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