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Amiens, côté ville

Fidèle à mes habitudes, j’ai profité d’un colloque professionnel pour découvrir une nouvelle ville. C’est ainsi que j’ai passé tout un week-end à arpenter Amiens. J’y ai découvert des monuments imposants, des maisons colorées posées au bord des canaux et d’immenses espaces verts ; j’y ai aussi partagé une bonne bière avec un sympathique blogueur. Dans ce premier article, je vous invite à découvrir les principaux monuments de la ville.

La tour Perret, le phare de la ville

La première chose que l’on voit d’Amiens en sortant de la gare, c’est la tour Perret ; une drôle de tour, toute en béton, avec des airs de building New Yorkais. Ce fut la première tour construite en béton armé en 1942. Si elle n’est pas très esthétique, elle devient vite indispensable au promeneur : avec ses 104 mètres de hauteur, elle permet de se repérer facilement. Finalement, je l’ai trouvée attachante et je l’ai admirée de plusieurs endroits. Je me suis prise au jeu de la photographier souvent, quand elle se reflète dans les eaux d’un canal ou quand elle a la tête dans la brume ! A la tombée de la nuit, elle se transforme en «sablier de verre », se drapant de flammes jaunes et rouges tandis que le sommet bleuit, symbolisant la teinte froide du verre. Car, tout en haut, a été installé un cube dont les faces sont constituées de verre divisées en 12 bandes horizontales ; 12 fractions qui forment les graduations d’une horloge lumineuse. Depuis la gare, il ne faut pas hésiter à traverser la rue pour passer en-dessous et se retrouver ainsi dans une ruelle piétonne ; un bon endroit pour l’admirer le soir notamment.

La plus grande cathédrale gothique du monde

Arrivée un soir sur Amiens, j’ai eu la chance de pouvoir assister à Chroma, un spectacle célébrant les 800 ans de la cathédrale. Assise par terre sur la place minérale, j’ai été envoutée par les projections multicolores sur fond musical. Les personnages qui ornent les trois portails de la façade reprennent des couleurs comme au Moyen-Age ; le bleu domine en référence à la culture de la waide (le pastel des teinturiers) utilisée pendant plusieurs siècles. Puis la façade sert de support à des créations artistiques contemporaines assez spectaculaires.
De jour, la façade apparaît vraiment très imposante. Il faut dire que nous sommes devant la plus grande cathédrale gothique du monde ! De nombreux personnages ornent cette façade. En regardant attentivement, on peut par exemple y voir Saint Philippe et le nœud qu’il a fait à son manteau, car paraît-il, il avait la mémoire courte…

Dès l’entrée, on se retrouve face à un immense dallage de marbre noir et blanc qui mène à un labyrinthe ; un labyrinthe qui permettait de faire pèlerinage en suivant à genoux les dalles noires, une substitution au pèlerinage en Terre Sainte. Au centre de ce labyrinthe se trouve une belle pierre appelée « Paradis » ou « Jérusalem céleste ». Il s’agit en fait d’une copie mais on peut encore voir l’original au Musée de Picardie.
L’intérieur recèle bien d’autres belles choses, comme les clôtures du chœur avec des haut-reliefs sculptés, qui ont conservé leur polychromie, ou encore les stalles en bois très ouvragées, avec sur chacune des représentations de scènes de la vie et des métiers d’autrefois. Il y a ainsi plus de 4000 personnages à découvrir.

À côté de la cathédrale se trouve le parc de l’Évêché, un petit jardin très agréable pour se poser qui fait la transition entre la ville haute et la ville basse. A son extrémité, un escalier franchit un étroit canal coincé entre les maisons. C’est une toute autre ambiance qui nous attend alors, une ambiance festive à la belle saison, avec les terrasses des cafés et restaurants grouillantes de monde. D’ici bas, on peut admirer la cathédrale ou aller se perdre de l’autre côté de la Somme au milieu des maisons en brique du quartier Saint Leu…

Le quartier Saint-Leu

S’il est donc un endroit où il faut aller se perdre, c’est bien dans le quartier Saint-Leu. Les maisons y sont colorées, recouvertes de briques ou à colombages de bois. Le soir, il règne une ambiance chaleureuse sur le Quai Belu. Les restaurants ont investi les bords de la Somme ; rien de tel que de se poser ici pour y dîner avec une vue magnifique sur la cathédrale. En journée, il ne faut pas hésiter à s’enfoncer dans les ruelles pavées pour trouver de belles surprises, façades colorées, petits ponts enjambant les canaux…

J’ai découvert également dans ce quartier deux anciens moulins qui dateraient du Moyen-Age. Leurs noms avaient piqué ma curiosité : Passe-avant et Passe-arrière. Le Moulin Passe-Avant doit son nom à sa puissante roue qui lui donnait la priorité, lors des opérations hydrauliques, sur le Moulin Passe-Arrière, son voisin du canal des Clairons. Ils avaient vocation à moudre du blé, à presser les feuilles de waide pour obtenir le « bleu d’Amiens » ou encore à moudre des graines de moutarde ou à fabriquer du vinaigre. L’enseigne « Brulé » figure encore sur un des côtés. Au 11ème siècle, il y avait une vingtaine de moulins installés dans ce quartier.

La maison Jules Verne

En venant à Amiens, j’ai découvert que Jules Verne y avait sa maison. J’étais très emballée à l’idée de la découvrir. Elle est un peu excentrée de la ville mais reconnaissable à sa tour ronde surmontée d’arceaux métalliques. A l’intérieur sont évoquées les œuvres de Jules Verne, avec de nombreuses mises en scène. J’ai bien aimé la carte au sol représentant le tour du monde en 80 jours. Mais j’avoue avoir été déçue par ma visite. La maison s’apparente surtout à un musée ; je n’y ai pas ressenti l’âme de Jules Verne, sauf dans le jardin d’hiver, le seul endroit resté à peu près intact.

Le Musée de Picardie

Le Musée de Picardie fait partie de mes coups de cœur. Le bâtiment en pierres blanches est magnifique. Il se détache des autres constructions de la rue. La nuit, il se reflète dans les deux bassins rectangulaires du jardin. Dès le départ, il a été construit pour être un musée par la Société des Antiquaires de Picardie avec le soutien de Napoléon.
L’intérieur a été rénové et je l’ai trouvé vraiment fabuleux.Il fallait oser orner les murs avec des couleurs flamboyantes et faire se côtoyer touches de modernisme et collections anciennes. Le dallage du sol est aussi remarquable : motifs géométriques, floraux ou encore aigles napoléoniens. Le musée abrite plusieurs collections : des collections archéologiques avec notamment une « Vénus », une petite statuette de 4 centimètres très étonnante trouvée dans un quartier d’Amiens en cours d’urbanisation. Elle daterait de 23 000 ans. Des sculptures du 19ème siècle sont également exposées ainsi que des peintures dont les compositions monumentales de Puvis de Chavannes.
On trouve aussi dans ce musée l’original de l’homme sur la bouée qui trône au milieu de la Somme. Cette statue était au départ en bois. Fragilisée par sa longue exposition dans l’eau et cassée au niveau des chevilles en 2018, elle a été remplacée en 2019 par une version en métal inoxydable réalisée. La statue originelle en bois a été restaurée et est désormais exposée dans le musée.

L’horloge Dewailly

Entre les rues Dusevel et des Sergents se trouve une étonnante horloge, l’horloge Dewailly. Elle date de la fin du 19ème siècle et a résisté aux bombardements de 1940. Toute de fer forgé, elle est sacrément alambiquée. Elle est chargée – je dirai même surchargée – de décorations : volutes, fleurs, feuilles, têtes de lions. A sa base, une femme dénudée est assise ; les habitants l’ont surnommée « Marie sans chemise ». On doit cette horloge à Monsieur Dewailly, maire d’Amiens qui, à sa mort, a légué une grosse somme d’argent pour édifier une horloge afin que les habitants puissent avoir l’heure pour ne pas rater leur train.

Le beffroi

Comme dans la plupart des villes du nord de la France, Amiens possède son beffroi. Il n’est pas très haut, mais j’ai bien aimé son clocher dont le carillon sonne à chaque heure. Clocher qui repose sur une tour carrée assez massive de trois étages. Il paraîtrait qu’elle servait de prison et qu’on peut même y voir des graffitis de prisonniers.
On peut en profiter pour faire un tour au halles situées aux pieds du beffroi. Elles abritent un agréable marché… ou encore se poser au Charleston, un pub avec vue sur le beffroi. Oui, c’est là que j’ai bu une bonne bière avec Cédric @FromYukon 🙂

Dans un prochain article, je vous parlerai d’Amiens côté nature. Car ici, l’eau est partout présente. La ville est traversée par plusieurs bras de la Somme ainsi que par des canaux. Je vous emmènerai en balade dans les hortillonnages, des jardins flottants sillonnés de canaux.

Le coin pratique

  • A Amiens, j’ai donc dégusté une bière avec un sympathique blogueur, Amiénois depuis peu. Il nous livre ses impressions sur sa ville dans « Une balade à Amiens »
  • C’est au Charleston, que nous avons siroté cette bière, 11 rue des chaudronniers, un pub sympathique à deux pas du beffroi.
  • J’ai logé à l’Ibis Style Amiens Centre. Il est situé entre la cathédrale et la gare. Les chambres sont calmes et fonctionnelles. Le personnel est très serviable. Seul bémol, difficile d’avoir du réseau depuis la chambre.
4 comments
    1. Renée

      Merci Tiphanya. Je te conseille vraiment le Musée de Picardie tant pour les œuvres exposées que pour sa nouvelle décoration intérieure.

  1. Cédric

    Je voulais justement aller visiter Amiens prochainement, merci donc de nous indiquer ainsi les lieux à visiter. Hop, l’article dans les favoris 😉

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