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Centre Val de Loire

Escapades autour de Chartres

4 idées de sorties nature et patrimoine

Si vous cherchez des idées de balades autour de Chartres, vous êtes au bon endroit. Voici une première sélection avec la visite de deux châteaux, Maintenon et Rambouillet, et la découverte de deux villages, Bonneval et Illiers-Combray, avec une petite randonnée à la clé. Quelle balade choisirez-vous ?

Visiter des châteaux

Le château de Maintenon

Visiter Maintenon, c’est l’occasion de découvrir l’étonnante histoire de la marquise éponyme, qui au départ n’en était pas une.

Une gouvernante devenue épouse du Roi

Madame de Maintenon s’appelait Françoise d’Aubigné. Née en 1635, elle était la fille du poète Agrippa d’Aubigné, fervent défenseur des protestants. Il est notamment connu pour avoir écrit les Tragiques, un poème héroïque racontant les persécutions subies par les protestants. Quelle drôle de destin pour celle qui deviendra l’épouse secrète du roi soleil ! Elle épousa tout d’abord le poète Scarron, bien plus âgé qu’elle. Elle tomba veuve assez rapidement. C’est alors qu’elle devint la gouvernante des enfants illégitimes de Louis XIV et de la Montespan. Le roi en tomba amoureux et l’épousa secrètement… ou presque, car c’était à l’époque un fait connu. C’est avec le soutien financier du roi qu’elle acheta le château de Maintenon avant d’obtenir le titre de marquise.

Un très joli château

Le château est situé au cœur du village de Maintenon. La façade est en briques rouges et pierres blanches, encadrées de tours aux toitures pointues. Les fenêtres sont ornées de décors sculptés, fleurs ou animaux fantastiques. Une chapelle a été installée sur l’un des côtés. De l’autre côté, c’est la brique rouge qui domine. Le résultat est un décor tout en finesse avec des arcades au rez de chaussée, des décors en dentelles de pierres et des motifs géométriques. Il a vraiment une belle allure ce château. Le soir, à Noël, le château et les jardins sont illuminés.

Un aqueduc pour Versailles

Le château s’ouvre sur un jardin à l’anglaise dessiné par André Lenôtre puis sur un bassin tout en longueur. Quelle belle perspective ! Tout au bout, je découvre un étonnant aqueduc dont il ne reste que quelques arches. Il devait servir à alimenter les fontaines et les 1400 cascades du parc du château de Versailles ! Pour cela, La Hire, ingénieur, avait imaginé de faire venir l’eau de l’Eure et Vauban proposa de l’acheminer via un aqueduc. C’est l’architecte Blondel qui dessina le projet en s’inspirant du Pont du Gard. Au vu du coût du projet, l’aqueduc qui devait posséder trois étages d’arcades, est ramené à un seul étage. Mais il ne sera jamais terminé ; il manque 29 kilomètres pour boucler le projet. Les soldats mobilisés pour la construction de l’Aqueduc sont réquisitionnés en 1688 dans le cadre de la guerre de la Ligue d’Augsburg. Louis XIV s’était alors mis à dos les princes européens en annexant de nombreux territoires allemands à la France. Les travaux ne reprendront jamais et Louis XIV fit «cadeau» de l’aqueduc à Madame de Maintenon pour la dédommager des travaux.
Dans le parc, des panneaux expliquent la construction de cet aqueduc et des lunettes permettent de se représenter le chantier.

Le coin pratique

Le château de Rambouillet

Le château est lui aussi situé dans la ville. Il est entouré d’une grille, et tout autour s’étendent un grand parc puis une forêt. C’est une jolie idée de balade avec a minima la visite du château et du parc.
A l’origine, Rambouillet était un domaine de chasse royal où le gibier était très abondant. François Ier s’y rendait régulièrement et c’est même ici qu’il mourut lors d’une partie de chasse, victime d’un malaise. Les rois s’y sont succédé pour se réfugier, pour se détendre, pour y chasser. Puis ce fut Napoléon Ier qui en fit son lieu de détente. Il fit restaurer le château, abandonné après la Révolution. Depuis 1886, il sert de résidence d’été aux présidents de la République.

Le château

Visiter l’intérieur permet de découvrir les appartements napoléoniens, qui présentent un décor assez particulier. La salle de bains est la plus étonnante avec des murs couleur ocre inspirés de Pompéi et incrustés de médaillons représentant des paysages. Il y a également des références à la mythologie avec des représentations d’animaux. Et un peu partout, on retrouve le « N » de Napoléon : sur les murs, sur les poignées des fenêtres…
A voir également, la salle à manger des présidents : la vaisselle installée est celle qui fut utilisée lors d’un dîner du G6 organisé en 1975 par le président de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing .  

Le jardin anglais

Un immense parc s’étend devant le château, parcouru de cours d’eau. De petits ponts permettent de les franchir ici et là. Il y a de beaux et grands arbres. La curiosité de ce jardin est la chaumière aux coquillages. Chaumière car elle a un toit en chaume ; et aux coquillages car ses murs intérieurs sont entièrement recouverts de coquillages. Mais vraiment ! Ils sont assemblés de manière à former un décor esthétique. Il doit y en avoir des milliers : moules, bigorneau, palourdes…

Il y a aussi dans le parc du château une laiterie, la laiterie de la Reine… une laiterie qui, en fait, n’en est pas vraiment une. C’était un lieu destiné à la dégustation de produits laitiers, activité qui aurait été très prisée au 18ème siècle ! Le bâtiment vaut le détour à lui seul. Si l’extérieur revêt une apparence très sobre, l’intérieur, quant à lui, abrite une grotte monumentale à l’entrée de laquelle se tiennent Amalthée, naïade et nourrice du dieu Zeus enfant, et la chèvre dont Zeus boit le lait. Les produits laitiers étaient conservés dans la « grotte » rafraîchie par l’eau d’un puits qui s’écoulait sur les rochers.
Cette laiterie est un cadeau du roi Louis XVI à Marie-Antoinette. On peut également voir dans ce bâtiment quelques exemplaires de la vaisselle utilisée à cette occasion. Elle est ornée de motifs rappelant l’Antiquité. L’essentiel de cette vaisselle est quant à elle conservée dans le pavillon du roi situé juste à côté de la laiterie.

La forêt

Elle s’étend sur 30 000 hectares et 29 communes. Une partie est située dans le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse. C’est une forêt protégée, qui abrite une nature variée (landes, étangs, milieux humides) et de nombreux animaux dont le cerf élaphe, le plus grand cervidé d’Europe. De nombreuses balades sont possibles, que je n’ai pas encore testées.

Le coin pratique

Petites randonnées et jolis villages

La petite Venise de Beauce

En une demi-journée, vous découvrirez le joli village de Bonneval surnommé la « Petite Venise de Beauce » et vous ferez un belle balade dans la campagne environnante.

Bonneval, une cité médiévale

Bonneval tire son nom de sa situation géographique, la « bonne vallée », une vallée fertile. C’est aux bénédictins que l’on doit la fondation de ce village ; ils y installèrent une abbaye en 857, l’abbaye Saint Florentin. Au 12ème siècle, le village fut fortifié, des remparts érigés et des douves creusées. Ces douves existent toujours et sont encore aujourd’hui remplies grâce à l’eau du Loir. C’est à elles que le village doit son surnom de « petite Venise de Beauce ».

Il y a plusieurs vestiges historiques à découvrir dans le village. Ainsi, une partie des remparts est encore visible ainsi que deux portes, la porte Saint Roch et la porte Boisville. A côté de la porte Saint Roch se trouve la tour du roi, un ancien donjon.
Autre vestige historique, l’abbaye Saint Florentin est un bâtiment avec un mur en damier de pierres blanches et marrons assez étonnant et trois tours crénelées. On ne peut voir que l’extérieur, le lieu étant aujourd’hui un hôpital.
Il y a aussi de jolis petits ponts en pierre à découvrir, des écluses, des lavoirs, une église du 13ème siècle et de belles maisons, comme celle d’Albert Sidoisne (historien de la ville) : c’est probablement la plus belle du village. Baptisée la Maison du Cheval Blanc, elle fut construite au 13ème siècle. Elle possède un joli oriel en bois, ajouté dans les années 1920.
Lors de ma visite, j’ai aussi découvert un rond-point (place Allendorf) avec un drôle de dôme. Ce serait un ancien clocheton de l’église. Mais je n’ai pas réussi à trouver davantage d’explication (si vous en avez, n’hésitez pas à les mettre en commentaire 🙂 ).

Autour de Bonneval

Depuis Bonneval, il et possible de faire une jolie boucle à pied dans la campagne environnante. J’ai suivi celle proposée par l’office du tourisme. Elle passe par de tout petit villages, celui de Saint-Maurice en premier puis celui de Vouvray. Le chemin traverse le loir, l’occasion de voir un moulin, longe un bois avant de revenir sur Bonneval. Si vous regardez les toits des maisons, vous découvrirez de belles girouettes. Une balade très agréable, loin de toute circulation.

Le coin pratique

  • Y aller
    • en train : 35mn environ en TER
    • en voiture : 34 km soit environ 40 mn
    • à vélo : 36 km soit environ 1h50
  • Informations sur la randonnée sur le site d’Eure et Loir tourisme
  • Sur le site de la mairie de Bonneval, vous trouverez un circuit permettant de découvrir le patrimoine
  • Durée et longueur : 2heures, 7.8 km
  • A la belle saison, il est possible de faire un balade en bateau électrique sur le Loir.

Illiers, à la recherche du temps perdu

Voici une balade qui nous emmène sur les traces de Marcel Proust autour du village d’Illiers-Combray… qui, à l’origine s’appelait juste Illiers. Marcel Proust s’y rendit de nombreuses fois et ce village lui servit d’inspiration dans son roman A la recherche du temps perdu sous le nom de Combray. C’est ainsi qu’Illiers est devenu Illiers-Combray !

A Illiers, Marcel Proust retrouvait sa Tante Elisabeth – la tante Léonie de son roman – Elle avait pour habitude de lui donner des madeleines. C’est en en remangeant bien plus tard qu’il se souviendra de son enfance : «Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.» Et vous, votre « madeleine de Proust », c’est quoi ?

Partons tout d’abord à la découverte des endroits qui ont inspirés Marcel Proust. Le départ de la boucle se fait à proximité du village d’Illiers-Combray. Le clocher constitue un bon point de repère. On le voit de loin, émergeant au-dessus des champs. Première étape de cette boucle, le Pré Catelan, un jardin dont Marcel Proust s’est inspiré pour son roman Du côté de chez Swann. Entrez-y, il est petit mais très mignon. Il fut aménagé par l’oncle de Proust qui y installa une grotte artificielle, un petit cours d’eau, un pigeonnier… Les enfants du village s’y retrouvaient pour jouer.

Le parcours traverse ensuite le parc de la Peupleraie. Ici, on plonge A la recherche du temps perdu. Des panneaux présentent les différents personnages de cette comédie, Bergotte, Swann, Léonie, Marcel… tous probablement inspirés d’habitants d’Illiers-Combray que Marcel Proust connaissait. A côté, on peut voir une tour médiévale, vestige du château de Florent d’Illiers, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, et un très beau lavoir.

Arrivés à l’église, vous ne résisterez pas à vous asseoir sur le banc aux côtés de P’tit Loup en train de déguster une madeleine. C’était le surnom de Marcel Proust, enfant, donné par sa maman.
La visite de l’église est un incontournable : son intérieur est très étonnant. Vous y découvrirez un plafond en bois peint avec des poutres dont les extrémités sont ornées de têtes de dragons, censées protéger l’église des démons. Il y a de nombreux autres détails à observer, c’est véritablement un trésor cette église.

Le retour se fait au milieu des champs, passe à côté d’une chapelle reconvertie en habitation puis d’une ferme. Tout le long du chemin, il y a des points de vue sur le clocher d’Illiers-Combray. La toute fin du parcours longe l’autoroute, c’est la partie la moins agréable, heureusement pas très longue. Si vous faites cette boucle, je vous conseille de la démarrer (et de la terminer) à l’entrée du village au lieu du camping, ce qui vous évitera de longer des routes à grande circulation au tout début et à la fin.

Le coin pratique

  • Y aller :
    • en train : 26 mn en TER
    • à vélo : 28 km, environ 1h30
    • en voiture : 36km environ 30 mn
  • Informations sur la boucle d’Illiers-Combray sur Komoot
  • Il est possible de visiter la maison de tante Léonie qui rassemble des souvenirs d’enfance de Marcel Proust
  • Pour tout savoir sur l’église, lisez cet article réalisé par des élèves de seconde et publié sur le site de la mairie
  • Durée et longueur : 1h29, 5,81 km

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