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En rouge et blanc

Deux paysages que tout oppose, l’un en creux, l’autre tout en volume, l’un rouge, l’autre blanc. Si proches et pourtant si différents. Je vous invite à venir explorer le lac rouge du Salagou et le cirque blanc de Mourèze.

Salagou, le lac rouge

Rouge est la terre, rouges sont les rochers, rouges les reflets sur l’eau. Quelques tâches de verdure viennent ponctuer le paysage : une végétation de garrigue, composée de petits arbustes tels que des chênes verts, des arbousiers, des buis, des genévriers. Des plantes aromatiques, thym et romarin, parfument légèrement l’air lorsqu’on les frôle. Des roselières s’épanouissent au bord de l’eau. L’eau est ridée par le vent, un vent si chaud, qu’il donne l’impression de se trouver dans un désert lointain. Pourtant, nous sommes au cœur de l’Hérault.

Le Salagou est un barrage créé en 1969 pour irriguer les oliviers et les vignes et pour servir de réservoir d’eau en cas d’incendie. Pour ressentir l’atmosphère très particulière de cet endroit, l’idéal est de commencer la balade par le village de Roques situé au sud-ouest. Juste après le village, la route s’approche au plus près du lac. Il faut alors laisser la voiture pour rejoindre les berges à pied et se retrouver ainsi immergé dans ce paysage. Le sol doit sa coloration rouge à la ruffe, une roche sédimentaire très friable chargée en oxyde de fer. Quelques plantes émergent ça et là apportant de jolies touches de verdure. La végétation est un peu plus dense au bord de l’eau avec la présence de roselières constituées de bambous et de quelques arbustes, endroits propices à la nidification des oiseaux. Et ils sont nombreux, se laissant porter par les eaux, plus au large : mouettes, hérons et aigrettes.

Le lac est entouré de collines et de petites montagnes, le plus souvent d’anciens volcans éteints. On trouve d’ailleurs des necks : ce sont des cheminées de lave. Il y en a une ainsi au bord de l’eau sur laquelle on peut monter, le neck de la Roque qui s’est formé il y a environ 1,5 millions d’années. A son sommet, une croix a été érigée. Une légende raconte que cette croix a été installée ici pour protéger les habitants qui craignaient cette butte volcanique. De là-haut, il y a un joli point de vue sur le lac jusqu’aux ruines du village de Celles.

Un peu partout, on trouve des dessins réalisés avec des pierres blanches… survivance d’une ancienne légende. La fille du seigneur de Liausson était tombée amoureuse d’un paysan du village. leur union était impossible. Aussi, ils imaginèrent un stratagème pour s’échanger des mots doux à l’aide de petits cailloux blancs qu’ils disposaient sur la terre rouge. Pour autant, il est déconseillé de faire de même, tout simplement pour respecter le site et le paysage.

La route se détache ensuite des bords du lac pour grimper au village de Liausson. Saviez-vous que les Celtes, alors installés sur les hauteurs, sont à l’origine de ce village ? Il faut laisser la voiture sur le parking à l’entrée du village, juste à côté d’un joli lavoir, puis gagner à pied l’église et sa petite esplanade. De là, une vue magnifique s’offre alors à nos yeux : une vue sur tout le lac ainsi que sur les montagnes alentours, un endroit à ne pas manquer. Il y a même un banc pour profiter du paysage. A ne pas manquer non plus, la petite église avec sa tour carrée. A l’intérieur, les voûtes sont soulignées de rouge rappelant la couleur du paysage.

De là, nous avons regagné la ville de Clermont-l’Hérault. L’idée était d’aller y prendre une glace pour se remettre un peu de la chaleur. Bien évidemment, nous en avons profité pour y faire un petit tour. C’est ainsi que nous avons découvert l’église Saint-Paul. C’est une église qui a été fortifiée au moment de la guerre de cent ans. Elle était alors reliée aux remparts qui entouraient la ville. Elle possède un clocher donjon auquel est accolée une tourelle couverte de tuiles vernissées vertes. Sur la façade se trouve une imposante rosace de huit mètres de diamètre.

La ville de Clermont-l’Hérault est entourée de trois collines : la Ramasse, Gorjan et Puech Castel. Sur cette dernière se trouve un château, considéré comme le symbole de création de la ville. Il remonterait au 12ème siècle. Aujourd’hui, on peut encore voir les murailles et les tours de ce château. Si la chaleur nous a ôté le courage d’y monter, je pense qu’il est intéressant de s’y rendre, ne serait-ce que pour le point de vue sur la ville et les alentours.

Retour au bord du lac pour continuer notre balade. Très vite, nous parvenons au mur du barrage. De là part un chemin forestier que l’on peut emprunter à pied et qui permet de rester proche du lac. La route, quant à elle, après avoir contourné le mur de soutènement, s’éloigne du lac et passe derrière les hauteurs pour serpenter entre les vignes. Nous regagnons finalement les rives du lac au village de Celles, un lieu un peu particulier. La mise en eau du barrage devait à l’origine engloutir ce village. Ainsi, les habitants ont du quitter leur maison. Mais au final, le projet a été revu à la baisse et le village ne fut qu’en partie immergé. Pour autant, le village est resté abandonné et déserté. Mais depuis une quinzaine d’années, un projet de réhabilitation a vu le jour. Le village est désormais entouré de grillages pour le protéger des dégradations et les travaux de rénovation ont commencé. D’ici 2026, 80 habitants devraient avoir repris possession des lieux pour lui redonner vie.

Pour le moment, l’endroit attire une foule de touristes : une route étroite et sans issue mène à un parking et c’est un défilé permanent de badauds. Vous l’aurez compris, ce n’est pas l’endroit que j’ai préféré autour du lac.

Le tour du cirque de Mourèze

Et si après avoir fait le tour du lac du Salagou, on allait le voir du haut du Mont Liausson, une barre rocheuse située entre le lac et le cirque. Deux chemins mènent à son sommet : l’un depuis le village de Liausson, l’autre depuis le cirque de Mourèze. C’est cette deuxième option que je vous propose ici.

Un chemin au départ du village de Mourèze permet de faire le tour du cirque en 3 heures environ. Le sentier démarre tranquillement entre les formations rocheuses laissant entrevoir de beaux points de vue sur le village. D’ailleurs, après environ 30 minutes de marche, on atteint un belvédère qui domine le village et le cirque.

Ici, donc, c’est le blanc qui domine. Le paysage est composé de dolomies formées par l’érosion du calcaire. Il y a des millions d’années, il y avait à cet emplacement une mer chaude et peu profonde. Dès lors qu’elle s’est retirée, la pluie et le vent ont fait leur œuvre, s’en donnant à cœur joie sur cette roche tendre. Aujourd’hui encore, l’érosion continue, transformant sans cesse les roches et le paysage. Le résultat, ce sont ces pitons hauts et tordus aux formes bizarres et parfois évocatrices, que l’on appelle les dolomies. Si on laisse libre cours à son imagination, on pourra croiser un lion, une sirène, un singe… et plein d’autres animaux ou formes selon son humeur et son coup d’œil.

Après le belvédère, il est possible de continuer le chemin pour faire le tour du cirque. Il serpente alors entre les dolomies, c’est vraiment très agréable. La végétation apporte un peu d’ombre ; elle a repris ses droits dans tout le cirque depuis que le pastoralisme a été abandonné. Les chênes verts et pubescents sont particulièrement nombreux, mais il y a aussi des arbousiers, des genêts et des genévriers ainsi que des plantes odorantes comme le laurier tin, le thym, le romarin. Le pin maritime est également très présent, mais ici, il est considéré comme une espèce invasive.

Après avoir longé les falaises, le sentier emprunte le chemin des charbonniers à flanc de montagne. Au 18ème siècle, et jusqu’à la seconde guerre mondiale, des charbonniers italiens venaient ici pour récupérer du charbon de bois qu’ils transportaient à l’aide de chariots.

Puis, c’est l’ascension du Mont Liausson, une pente certes courte, mais bien raide. Le somment se situe à 520 mètres d’altitude. Heureusement, le chemin est entièrement ombragé par les chênes. Et une fois arrivé en haut, la vue à couper le souffle fait immédiatement oublier l’effort fourni. Un point de vue qui embrasse tout le lac du Salagou et plonge sur le village de Liausson. La transition est étonnante entre le blanc du cirque de Mourèze et le rouge des montagnes qui entourent le lac. Tout là-haut, il y a aussi un ermitage abandonné, celui de Saint Jean d’Aureilhan. Il ne reste que des ruines. Enjalbert fut le premier ermite à s’installer ici, dans une grotte en 1183. Puis, un ermitage fut construit en 1232. Plusieurs ermites se succédèrent alors jusqu’à créer une communauté religieuse retirée du monde.

Après avoir passé le col de Portes, le chemin redescend. Il y a parfois des traces d’éboulis et de ravinement. Nous voilà de retour dans le cirque. Nous passons sous des orgues immenses. Le chemin est devenu sableux et serpente au fond du cirque. Puis vient le village de Mourèze, accolé à l’une des plus imposantes dolomies, le Roc Castel. Le nom de Mourèze signifie « promontoire ». Il y avait autrefois au sommet du roc un château. Il occupait une position stratégique pour surveiller le territoire. Il était réputé imprenable et pouvait s’auto-suffire pendant de longues périodes grâce à ses nombreux greniers. Le village fut assiégé en 1587 au moment des guerres de religion, mais le château ne fut jamais pris ! Si le château a aujourd’hui disparu, on imagine facilement qu’il devait être impressionnant ainsi perché.
La randonnée se termine à travers le village et ses jolies ruelles dans lesquelles il est très agréable de se promener.

Le coin pratique :

Lac du Salagou

  • Lien vers la fiche randoland
  • pour tout savoir sur l’histoire du village de celles et sur le projet de réhabilitation  : mairie de Celles

Cirque de Mourèze

  • parking à la sortie du village, 3€ en 2020
  • sentier relativement facile, hormis l’ascension du Mont Liausson, relativement raide
  • la végétation est assez basse, c’est donc un sentier à éviter lors de fortes chaleurs
  • Lien vers la fiche randoland

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