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L’arrière-pays héraultais, de village en village

L’Hérault, et notamment son arrière-pays, constitue un paysage de transition entre la Montagne Noire et ses versants verdoyants et les garrigues du midi ; un paysage de chênes pubescents et d’arbustes odorants comme le thym et le romarin. Il y a aussi des vignes qui ondulent sur le relief montagneux, des terres rouges ou brunes le plus souvent, exception faite du cirque de Mourèze qui tranche par sa blancheur. De nombreux villages en pierre sont accrochés à flanc de montagne. Beaucoup possèdent un « pont du diable », une église au clocher carré souvent surmonté d’un campanile maintenu par une structure en fer forgé.

Bédarieux, point de départ de nos explorations

Nous avons choisi Bédarieux comme point de chute pour passer une semaine dans la région. Situé dans le Parc naturel Régional du Haut Languedoc, c’est une petite ville posée au bord de l’Orb qui coule tranquillement – à cette époque du moins – à travers le village puis se transforme en chutes d’eau pour le plus grand bonheur des enfants qui s’échappent ainsi de la chaleur. Il y a aussi un petit ruisseau, le ruisseau de Vèbres qui rejoint l’Orb, aussi étroit qu’un fossé mais enchâssé profondément dans un espace beaucoup plus large que lui en ce mois d’août, mais qui peut se transformer en torrent tumultueux.

Bédarieux est entouré par les monts d’Orb, dominé par le Pic de Tantajo qui culmine à 518 mètres. Un mont proche de la ville, certes, mais la route pour y arriver se mérite : elle est vraiment très étroite et fait de nombreux lacets ! À l’arrivée nous sommes accueillis par de jolies chèvres. De là-haut la vue est magnifique sur toute la plaine biterroise et sur les monts du Caroux.
C’est aussi l’occasion d’apercevoir le parc photovoltaïque des Terres Rouges qui permet à la ville de couvrir 100 % de sa consommation d’électricité par des énergies renouvelables. Comme un pied de nez à son passé de cité minière et industrielle. Trace de cette époque, le viaduc ferroviaire, construit en 1857, qui servait au transport du charbon : avec ses 37 arches, c’est le plus long de la ligne de chemin de fer Graissesssac – Béziers. La ville a par ailleurs engagé de nombreuses actions en faveur de la nature et de sa préservation, ainsi le parc Pierre Rabhi est labellisé « refuge LPO » (Ligue de Protection des Oiseaux).

Vue du pic de Tantajo

Bédarieux constitue un point de départ intéressant pour rayonner dans la région. Les sites incontournables ne sont qu’à quelques kilomètres. Ainsi, je vous emmène à la découverte de cinq villages.

Olargues, un ancien castrum

Olargues, à 26 km à l’ouest de Bédarieux, est perché sur un éperon rocheux qui domine le Jaur, rivière, qui à cet endroit dessine un méandre avant de se jeter quelques kilomètres plus loin dans l’Orb. Rien qu’en observant le paysage, on comprend vite que le lieu constituait autrefois un point stratégique. Et encore plus lorsqu’on sait que ce lieu était un point de passage sur la route médiévale qui reliait Nîmes à Toulouse. C’est ainsi qu’en 1217, les seigneurs d’Olargues décidèrent d’édifier un village ; un village fortifié avec au plus haut point le castrum et son donjon et tout autour des maisons s’étageant à flanc de coteau. Aujourd’hui, il ne reste que peu de choses du château, si ce n’est les restes des remparts et de l’ancien donjon, qui a été transformé en un clocher. Les pierres des remparts ont entre autres servi à construire l’église Saint-Laurent. Sur le site du château, on retrouve encore des traces des habitations ainsi que deux fours de boulangerie, une citerne et une glacière.

Flâner en redescendant du donjon au fil des rues dans le village permet de faire de jolies découvertes, comme l’escalier sous galeries de la commanderie qui permet d’accéder au musée ou la maison du prieur qui affiche au-dessus de sa porte un chaudron, blason des seigneurs d’Olargues. Ainsi, d’escaliers en passages très étroits, on finit par rejoindre le Pont du Diable. C’est ce pont en marbre qui permettait au 12ᵉ siècle d’accéder au village. Large de 2,40 m, il pouvait alors être emprunté par les « grandes charettes » de l’époque. Il ne faut pas hésiter à descendre dans le lit du Jaur pour prendre toute la dimension de son arche qui enjambe la rivière et avoir un joli point de vue sur le village.

Vieussan, « l’amphithéatre du Jaur »

S’il y a des villages accrochés à la montagne, celui-là est peut-être le plus pentu par ici. Une ruelle étroite et raide, qu’on ne peut emprunter qu’à pied, serpente entre les maisons, passant parfois sous des arcades. Une ruelle tellement étroite qui, parfois, donne l’impression de rentrer chez les gens. Ruelle qui est bordée de vieilles maisons en pierre, avec de jolies entrées. Au plus haut, la rue se transforme en chemin caillouteux mènant au donjon, vestige de son passé. C’est en effet tout ce qu’il reste du château, le Castellas, construit au 12ᵉ siècle. Le village, avec sa rue dallée, a gardé son allure médiévale ; c’est celui que j’ai préféré. De la tour, la vue sur les montagnes et sur les courbes de l’Orb est très belle.

Aux pieds du village, le paysage est principalement occupé par des vignes : c’est ici qu’est produit un vin réputé des coteaux du Languedoc, l’AOC Saint Chinian.

Roquebrun et son climat méditerranéen

C’est un village très couru… notamment pour sa plage. Il est vrai que l’endroit est très agréable : la rivière est large, les berges sont dégagées et en prime, il y a une jolie vue sur le village. Mais nous ne sommes pas venus ici pour nous baigner… quoique, la tentation est grande. Nous nous poserons quand même un peu au bord de l’eau le temps d’un pique-nique.
Roquebrun est surnommé le « petit Nice de l’Hérault ». Accroché à flanc de montagne, il est protégé des vents du nord par le massif de l’Esquirol et exposé plein sud. Il bénéficie ainsi d’un micro-climat privilégié. Selon la légende, un moine sema des graines de mimosas qui en poussant formèrent un rempart contre le vent.

Une petite promenade dans le village permettra de découvrir la Porte Basse, encore appelée Porte du Couchant car située à l’Ouest, repérable aujourd’hui par la présence d’un arc en pierre et la Porte Haute, à proximité du jardin méditerranéen, témoignages des deux murs d’enceinte. A mi-hauteur, il y a une jolie église avec un portail en marbre rose provenant des carrières toutes proches. On arrive alors tout en haut du village, où un jardin méditerranéen a été installé à flanc de montagne. Il accueille toutes sortes de plantes grasses, des plantes de garrigues, des mimosas, une pinède… Ce jardin peut se visiter, mais en été, le sentier qui chemine à flanc de montagne est brûlant. Le jour où nous y sommes allés, le thermomètre frôlait les 40°. C’est probablement une des raisons pour lesquelles j’ai eu du mal à apprécier ce lieu. J’avoue avoir été un peu déçue, peu de plantes étaient en fleurs ; j’ai trouvé que ça manquait aussi d’explications. Par contre, la vue sur le village est un régal. Tout en haut du jardin, il y a la tour carolingienne qui date des 10 et 11ᵉ siècles. Elle était destinée à protéger les habitants des invasions barbares. Elle n’était d’ailleurs accessible que par une échelle en bois. C’est à cette construction que Roquebrun doit son nom : c’est au cours de cette période que « Rocabrune » a été mentionné pour la première fois, nom qui se traduit par la tour brune.

Pour avoir une autre jolie vue sur Roquebrun, il faut se rendre sur le pont qui traverse l’Orb, un pont relativement long à sept arches, assez récent puis qu’il date de 1870. Il est dit que les ouvriers qui l’ont construit ont dansé quatre jours et quatre nuit une fois l’ouvrage achevé ! Avant, la traversée se faisait au moyen d’un bac. De là, le village se dévoile légèrement en courbe, à flanc de montagne, exposé aux rayons du soleil. Au bord de l’Orb, on aperçoit les imposants moulins à grains et à huile, témoins d’une vie en autarcie et les jardins tout en bas du village, au bord de la rivière.

Murviel-les-Béziers

Un village bien différent de ceux vus précédemment : ici, toutes les rues sont circulaires, de la base jusqu’au sommet. Tout en haut se tiennent le château et l’église. Dans l’angle d’une tour du château, il y a un vieux cadran solaire qui date de1602, pas si facile que ça à trouver ! De l’esplanade du château, la vue porte jusqu’aux Pyrénées.

Mais la surprise vient surtout de toutes ces poupées de chiffon exposées aux balcons et fenêtres. Il y a tout d’abord la fanfare du Réveil Murviellois, puis des personnages fait de chiffon et de paille qui représente les métiers d’autrefois, ainsi que des personnalités du village comme le maire, l’instituteur… . Chaque année, de nouvelles poupées sont créées à l’initiative des « Petetaïras », nom donné aux dames-créatrices. Une jolie initiative !

Faugères et ses trois tours

Entre vignobles (produisant l’AOP Faugères) et garrigues se dresse le village de Faugères. Sa fondation est ancienne, puisque des villas romaines occupaient jadis cet emplacement. Au 12ᵉ siècle, il fut entouré de remparts.
Ici, il est amusant de se promener au hasard dans le dédale des ruelles ; beaucoup possèdent des passages couverts appelées voûtes sarrasines. Chose plus étonnante, on peut découvrir des temples – il semblerait que ce soit la seule commune de France où il en subsiste.

Un peu plus loin au-dessus du village – et après quelques kilomètres sur des pistes plus ou moins étroites – s’élèvent les moulins de Faugères constitués de trois tours. Ils sont construits sur les fondations d’anciennes tours de guet gallo-romaines. Les moulins datent du 16ᵉ siècle. l’un d’eux a été restauré et remis en fonction ; un meunier vient régulièrement produire de la farine. On peut monter sur l’une de ces tours et découvrir un paysage à 360°, avec d’un côté la Méditerranée et de l’autre le Mont Tantajo qui surplombe Bédarieux. Une table d’orientation permet de se repérer.
En poursuivant la route vers Bédarieux, on peut observer « Roméo et Juliette », doux noms donnés à deux « carabelles » (ailleurs appelées des bories), ces cabanes rondes construites en pierres sèches destinées à abriter les bergers.

Depuis Bédarieux, nous avons découvert bien d’autres endroits pittoresques comme les gorges d’Héric, le lac du Salagou et le cirque de Mourèze, Saint-Guilhem-le-Désert et les grottes de Clamouse. Découvertes à suivre prochainement sur le blog.

Le coin pratique

  • Vieussan : se garer à l’entrée du village, les places de parking sont peu nombreuses
  • Roquebrun : explications et histoires relatives au village dont la légende d’un méchant baron et d’un moine https://www.youtube.com/watch?v=v33sOeWE7w0

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