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De Loubens-Lauragais à Lautrec

Une balade un peu spéciale pour nous car c’était notre première sortie après deux mois de confinement. Nous voulions en profiter, prendre notre temps, retrouver la saveur de nouvelles découvertes, de nouveaux paysages. Au programme, la visite de deux villages et une halte pique-nique au bord de l’Agoût qui nous réservera une belle surprise.

Loubens-Lauragais, un village plein de charmes

Direction le Lauragais, un coin que j’affectionne tout particulièrement pour ses paysages vallonnés et ses villages en brique. Première étape au village de Loubens-Lauragais, à 30 km au sud-est de Toulouse. Comme souvent ici, le village est perché sur une colline. À l’entrée du village, nous sommes accueillis par la Vierge Noire, encastrée dans le mur d’enceinte du château. Elle est étonnante, assise sur un loup avec un enfant dans les bras. Cette statue fait allusion à une légende qui voudrait que la Vierge serait apparue à un enfant sur le point d’être attaqué par un loup. L’enfant fut ainsi sauvé, le loup ayant pris la fuite.

Tout de suite en entrant dans le village, on découvre l’église et le château. L’église est en pierre avec un clocher pointu. Si de l’extérieur, elle n’attire pas spécialement l’œil, l’intérieur est magnifique. Notamment, elle recèle un plafond peint et des murs entièrement recouverts de dessins originaux qui ont été restaurés dans les années 50.

Juste à côté, il y a le château, fondé par Guillaume Loubens au 11ᵉ siècle. C’est un bâtiment carré, assez trapu, avec une tour ronde. Une partie des douves est remplie d’eau. Il a subi quelques transformations au fil des siècles ; agrandi au moment de l’âge d’or du pastel, il fut ensuite transformé en grenier à grains, puis finalement racheté par un capitoul de Toulouse.

Les ruelles sont bordées de maisons bien conservées, avec le plus souvent, un rez-de-chaussée en pierre et l’étage à colombages. Beaucoup ont des volets en bois, peints en bleu, couleur du pastel. La plupart datent du 17ᵉ siècle. Au centre du village, il y a une petite halle : au 19ᵉ siècle, il y avait ici un cachot, dans lequel le garde champêtre enfermait les personnes en état d’ébriété ou les vagabonds.

Une jolie surprise

Nous reprenons la voiture. A Puylaurens, nous bifurquons en direction de Lautrec. Nous traversons des espaces boisés qui alternent avec de très beaux points de vue. Nous décidons de nous arrêter à Vielmur sur Agoût au bord de la rivière pour pique-niquer à côté d’une ancienne usine textile. Il y a bien quelques tables de pique-nique, malheureusement l’endroit mériterait d’être un peu mieux entretenu et mis en valeur.

La curiosité nous pousse ensuite à faire un petit tour dans le village. C’est ainsi que nous découvrons des vestiges de bâtiments abbatiaux. Vielmur, autrefois appelé «Vetus Murus» , abritait une abbaye de bénédictines au 11ᵉ siècle. Le site a pâti des différents conflits – guerres de religion, la Révolution… Ainsi, l’église a été entièrement reconstruite sur ce qui était la chapelle abbatiale. Et c’est là que nous découvrons une bien jolie pépite. L’intérieur est très sombre, on y voit à peine. Le temps que nos yeux s’habituent, nous trouvons un interrupteur. Dès que nous l’actionnons, il dévoile une église magnifique : face à nous un autel en marbre, et derrière nous, un retable en bois, particulièrement beau. Il abrite les reliques de Saint Geminien, évêque de Modène en Italie qui vécut au Vᵉ siècle. Les différentes scènes représentées retrace sa vie. Mais comment ces reliques sont-elles arrivées là ? Ce serait un cadeau fait par une comtesse de Toscane aux religieuses bénédictines.

Lautrec, cité médiévale

Nous quittons Vielmur par une route bordée de platanes. Nous voilà maintenant à Lautrec, berceau de la famille de Toulouse-Lautrec. Un parc situé en bord de route permet d’avoir un joli point de vue sur le village et le calvaire situé au plus haut point, juste au-dessus du moulin. Le temps de faire quelques photos, puis nous enfilons les rues étroites, bordées ici aussi de maisons à colombages. Il y a quelques belles portes d’entrée, de jolies boîtes aux lettres aussi. Certaines sont décorées d’une gousse d’ail.

Lautrec est connu pour sa production d’ail rose. Selon la légende, l’ail aurait été amené par un marchand ambulant, qui, n’ayant pas d’argent pour payer son repas, donna quelques-unes de ses gousses d’ail à l’hôtelier. Ce dernier les planta et c’est ainsi que la culture de l’ail se développa dans la région.

Lautrec est un village très agréable à parcourir, pour ses belles maisons, ses rues pavées dont certaines ont été restaurées. Ainsi, la rue qui mène à la porte de Caussade, qui fait partie de la fortification qui protégeait le village au 13ᵉ siècle. Il existait alors huit portes comme celles-ci. C’est la seule qui reste. À proximité, un panneau suscite notre curiosité, nous invitant à regarder par une ouverture dans un mur. On découvre alors une pièce sombre abritant de nombreux silos qui servaient à stocker le grain ; il y en aurait plus d’une centaine (prévoir une lampe de poche pour mieux les apercevoir).

La place centrale mérite également un détour : autrefois occupée par une halle couverte, il ne reste plus aujourd’hui que le puits central. Mais, tout autour, il y a de belles galeries en bois (des couverts) surmontées de maisons à colombages.

La collégiale Saint-Remy est le bâtiment le plus ancien. Surprenante par ses dimensions, 40 mètres de long, elle possède de magnifiques peintures en trompe l’œil et un plafond où le bleu domine.

Il ne reste plus qu’à grimper au sommet de la colline occupée par un moulin, et encore un peu plus haut par le calvaire de la Salette qui culmine à 328 mètres. C’est là qu’autrefois avait été construit le château. C’est ici que se termine notre balade avec un beau point de vue sur les toits du village, sur la Montagne Noire, sur la vallée de l’Agoût,… sur le Lauragais !

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