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Échappée belle au canal du Midi

21 juin, l’été est là. Les derniers nuages matinaux s’évaporent laissant la place à un joli soleil. C’est le jour idéal pour aller tester des vélos électriques le long du Canal du Midi. Nous récupérons nos vélos à Ramonville en bordure du canal. Le temps que le loueur nous donne quelques explications sur le fonctionnement du vélo électrique et nous voilà partis plein d’entrain. Nous contournons tout d’abord Port-Sud, un endroit assez étonnant, un petit port de plaisance en pleine ville avec des allures de marina. C’est l’occasion de voir des bateaux colorés, plus ou moins décorés, certains sont habités. Une fois la capitainerie dépassée, nous rejoignons le chemin de terre qui borde le canal sur sa rive droite. On nous a assuré que le chemin était praticable et sans difficulté particulière… hum hum

Un petit chemin de terre

Au début, tout va bien. C’est un petit chemin de terre plus ou moins étroit, mais on peut s’y croiser sans trop de difficultés. Le paysage est agréable à regarder. C’est sauvage ; de temps à autre, il y a des bateaux accostés avec des gens qui vivent dessus et qui cultivent même un petit potager en bordure du chemin. Certains poncent, d’autres peignent, tous sont occupés à bricoler sur leur bateau en cette fin de matinée. Nous atteignons notre première écluse, celle de Castanet. La maison éclusière a été transformée en salon de thé. La plupart de ces maisons ont été construites entre le 17ème et le 18ème siècle sur un modèle identique. Elles ont longtemps été habitées par les familles d’éclusiers. Aujourd’hui, avec l’automatisation des écluses, elles font régulièrement l’objet d’appels à projet afin d’y développer des activités touristiques ce qui permet de les préserver.

écluse de Vic

Il y a une deuxième écluse sur la commune de Castanet, l’écluse de Vic. Une fois celle-ci dépassée, les choses se compliquent ; le chemin devient de plus en plus boueux et de plus en plus étroit. Au début, nous arrivons à passer en restant sur le vélo mais à un moment, il y a tellement de boue et de flaques qu’il nous faut mettre un pied à terre. Je ne vous dis pas la tête des chaussures ; quant aux vélos, ils sont baptisés ! Plus embêtant, il y a aussi des arbres et des branches en travers du chemin et soulever un vélo de 27 kg, ce n’est pas anodin (ce sont des VTC que nous avons loués, pas des VTT !). Parfois, nous parvenons à contourner une branche mais ce n’est pas si évident car le chemin est étroit et du coup cela nous oblige à passer vraiment très près du bord. Heureusement pour nous, nous ne croiserons que peu de monde. Après un peu plus de 2 km de galère (mais pourquoi on n’est pas passé de l’autre côté ???), nous arrivons à la hauteur du pont de Deyme.

Deyme et son pont en briques

C’est un bel endroit pour marquer un arrêt. Le pont de Deyme, tout en brique, se reflète dans les eaux du canal. Il a été édifié au 17ème siècle, détruit par l’armée française en 1814 afin de ralentir les troupes anglaises, puis reconstruit en 1824.

Pont de Deyme

À cet endroit, la piste s’éloigne un peu trop du canal et nous emmène dans une zone d’activité, aussi, nous décidons de regagner l’autre rive pour emprunter la « vraie » piste cyclable. Et je dois avouer que nous apprécions la piste plate même si de temps en temps les racines des arbres la gondole un peu. Nous pouvons enfin tester notre vélo électrique dans toutes ses possibilités. C’est vraiment génial : quand on bascule en position « Eco », on a l’impression de ne plus avoir besoin de forcer pour pédaler. Il y a trois autres niveaux d’assistance, « tour », « sport » et « turbo ». Là, c’est le grand jeu, mais pour l’instant nous ne faisons pas appel à cette assistance électrique que nous nous réservons pour le retour.

Le long des berges nous découvrons beaucoup de canards, parfois des petits canetons et puis aussi un magnifique héron, pas du tout intimidé, posé gracieusement sur la berge. Il tourne légèrement la tête nous surveillant du coin de l’œil. Il ne bougera pas de son piédestal, à tel point que nous le retrouverons à notre retour pratiquement au même endroit.

D’écluse en écluse

Nous dépassons l’écluse de Mongiscard et nous arrêtons à celle d’Aygues-Vives, aussi appelée écluse de Ticaille. Juste à côté de l’écluse se trouve un aqueduc destiné autrefois à assurer un niveau d’eau adéquat au canal et à lutter contre son ensablement en récupérant les alluvions dans un bassin de décantation. Il existe 49 ouvrages de ce type tout le long du canal, édifiés par Vauban à la fin du 17ème siècle. Ces constructions ont sauvé le canal qui était menacé d’abandon.

Nous décidons de pousser un peu plus loin pour le déjeuner, jusqu’à l’écluse du sanglier. C’est une écluse double. Elle doit son nom à un pauvre sanglier qui s’est retrouvé pris au piège au fond du chantier de construction en 1760 et qui fut abattu. À cet endroit, il y a aussi un très joli pont en briques qui surmonte l’écluse. C’est là que nous nous installons pour pique-niquer à l’ombre des arbres. Ayant repris quelques forces, nous décidons de quitter le bord du canal à la hauteur d’En Serny afin de profiter de notre vélo électrique. Nous voilà partis à l’assaut de la ville de Montesquieu-lauragais. Et là, nous sommes vraiment bluffés : grâce à ce petit moteur nous avons réussi à monter rapidement et sans trop d’effort jusqu’en haut du village, c’est-à-dire à 274 mètres d’altitude. Pour une reprise du vélo après plusieurs années d’arrêt, c’est plutôt pas mal !

écluse du sanglier

Au sommet de la colline, Montesquieu-Lauragais

Montesquieu-Lauragais est une circulade c’est-à-dire un village circulaire. Ceci dit quand on est dedans c’est un petit peu difficile de s’en rendre compte, il faut regarder les photos vues du ciel pour bien comprendre. Le village s’est construit autour de son château qui date du Xème siècle. Mais le village a été entièrement détruit lors des guerres de religion alors qu’il abritait des protestants puis reconstruit au 17ème siècle. À l’intérieur du village nous découvrons une belle église malheureusement fermée avec un clocher mur, un château et de petites ruelles bordées de maisons à colombage, en pierre et en brique. La mairie est installée dans un ancien château, très joli bâtiment en brique, avec un puits en fer forgé devant. Du haut du village, la vue sur la Montagne Noire est magnifique.

Negra ou la forêt noire

Nous redescendons ensuite vers le bord du canal que nous rejoignons à la hauteur de l’écluse de Negra. Son nom fait écho à la forêt, probablement épaisse et sombre, qui recouvrait alors le territoire jusqu’en 1800. Cette écluse constituait autrefois une halte de la « Barque de Poste » qui transportait les voyageurs entre Toulouse et Agde. Les barques arrivaient sur le coup de midi ; les passagers y prenaient alors leur repas. Une petite chapelle est présente sur cette écluse. Les voyageurs de la Barque de Poste allaient y prier.
Comme à l’écluse d’Aygues-Vives, il y a ici aussi un aqueduc, construit sur le même principe, mais un peu plus grand.

C’est de là que nous faisons demi-tour pour rentrer sur Toulouse, et cette fois-ci, nous décidons de rester sur la piste cyclable sur la rive gauche. Le chemin est très agréable, il n’y a pas trop de monde sauf en arrivant à la hauteur de Ramonville. Nous en profitons pour admirer le canal et son parcours sinueux, les péniches colorées à l’approche de Toulouse.

Il est l’heure de remettre nos vélos. Au total, nous avons parcouru 50 kilomètres. Nous avons beaucoup apprécié cette expérience notamment dans les collines du Lauragais. L’effort reste présent mais plus facile à gérer. Nous avons aimé pouvoir faire appel à cette assistance lorsque nous avions le vent de face, ce qui nous a permis de ne pas casser notre (petit) rythme.

Le coin pratique :

Location de vélo : Le Petit Cyclo, 40€ pour une journée de location d’un VAE VTC (juin 2020)
https://le-petit-cyclo.com

Cet article participe au rendez-vous mensuel #EnFranceAussi organisé par Sylvie du blog « Le coin des voyageurs » et Mathilde du blog Voyager en photos : le thème de ce mois-ci est « cyclotourisme ».

3 comments
  1. aurelie@travelingaddress

    Coucou, ça a l’air d’une chouette balade! D’écluse en écluse le long du canal c’est chouette mais c’est vrai que souvent les bords de canaux sont boueux, pas idéal pour les vélos électriques, mieux vaut un VTT. Je réserve l’électrique pour les vraies pistes/bandes cyclables carrossées 🙂

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