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Échappée belle dans les marais salants

Laisser tomber la voiture, aller voir l’océan, se balader en famille à vélo, voilà un petit moment que ça nous titillait. Alors, un jour, nous nous sommes décidés à louer des vélos et à aller prendre un grand bol d’air iodé. Vous nous suivez ?

Cet article participe au rendez-vous mensuel #EnFranceAussi organisé par Sylvie du blog « Le coin des voyageurs » et Mathilde du blog Voyager en photos : le thème de ce mois-ci est « cyclotourisme ».

Notre échappée belle commence à la gare de Nantes par une journée fraîche mais ensoleillée de fin octobre. Direction La Baule, dans un train à étage qui nous permet de profiter pleinement du paysage. Nous apercevrons notamment le pont de Saint Nazaire.

Nous récupérons des vélos à quelques encablures de la gare. Passage à l’office du tourisme situé juste en face du loueur qui nous remet une carte de la région et nous voilà partis pour un grand bol d’air. Nous attrapons la Vélocéan au nord de La Baule à la hauteur d’un grand rond-point sur l’avenue de Noëlles. il s’agit d’un itinéraire cyclable qui longe le littoral dans le département de Loire Atlantique. Le parcours est mixte avec des voies dédiées aux vélos et des tronçons mixtes qui empruntent de petites routes à faible circulation. Jusqu’aux abords de Guérande, la piste est réservée aux vélos. Nous voilà tranquilles pour rouler en toute sécurité et profiter du paysage. Un petit pont suspendu nous permet même de passer au-dessus de la D192 et ainsi d’éviter un croisement routier. Le chemin est très agréable, presque plat, longeant les champs et bordé par de nombreux arbres. Au sud de Guérande, il nous faut reprendre la route pour gagner le cœur de ville.

Guérande, cité fortifiée

Parvenus devant l’enceinte fortifiée, nous sommes impressionnés par son bel état de conservation. Il faut dire qu’elle date du 15ème siècle. Devant nous se dresse la porte Saint-Michel flanquée de deux tours rondes et massives. Quatre portes ponctuent ces immenses murailles longues de 1300m et vraiment très hautes. Sur l’un des côtés, les douves ont été conservées et sont remplies d’eau. Dans la cité, règne une belle animation : c’est jour de marché. Nous déposons nos vélos dans un coin et profitons du marché pour nous acheter de quoi déjeuner. Nous prenons ensuite le temps de flâner. Toutes les rues sont pavées et bordées de maisons en pierre grise. Quelques-unes ont des volets rouges apportant une touche colorée. J’ai beaucoup aimé la rue de la Psalette avec sa maison à colombages bleus. Au cœur de la cité, il y a aussi la collégiale Saint-Aubin, une église de style gothique construite au 12ème siècle. Après cette visite, nous enfourchons à nouveau nos vélos, direction les marais salants.

Le sel de Guérande

Qui ne connaît pas le sel de Guérande et la célèbre fleur de sel ? Et pourtant, saviez-vous que les marais ont bien failli disparaître? Les marais salants sont avant tout des paysages façonnés par l’homme il y a plus de 2000 ans. Guérande connaîtra son âge d’or au Moyen-Age grâce à ses récoltes de sel. Mais au début du 20ème siècle, la région a subi des tempêtes dévastatrices, des récoltes désastreuses. Sont venus s’ajouter les conflits mondiaux et la concurrence des Salins du Midi. Le déclin semblait inéluctable. Mais c’était sans compter sur la volonté des paludiers, soutenus dans leur combat par les habitants puis par les militants écologistes. Aujourd’hui, le sel de Guérande est devenu une référence. C’est même un label. Environ 300 paludiers travaillent à l’heure actuelle récoltant entre 800 et 1200 tonnes de gros sel et 200 à 300 tonnes de fleur de sel chaque année.

Nous quittons Guérande en empruntant de petites routes, bordées de marécages et de prés verts. Il y a peu de voitures. De temps en temps, nous apercevons des salorges, anciennes granges en bois où était stocké le sel. Les maisons se font de plus en plus rares, laissant la place à un paysage géométrique ponctué d’étangs peu profonds séparés par des digues en terre.

Petite pause à Terre de Sel, à la fois boutique et espace d’interprétation des marais. Nous découvrons les nombreux produits élaborés à base de sel : les différents types de sel, bien sûr, mais aussi des produits cosmétiques. Il y a une petite exposition qui permet de comprendre comment fonctionnent les marais et de découvrir le métier de paludier.

Nous poursuivons notre chemin à travers les marais salants jusqu’au village de Saillé. Le temps hésite entre le soleil et la pluie, nous offrant de beaux reflets sur les étendues salées. Nous croisons de jolis oiseaux, aigrettes et vanneaux notamment, occupés à fouiller le sol. Nous marquons un arrêt à Saillé, petit village construit sur une île au cœur des marais. Nous y avons découvert de belles maisons de paludiers reconnaissables à leurs lucarnes surmontées d’un fronton triangulaire.

Nous entamons notre retour vers La Baule sous un ciel de plus en plus menaçant, et même quelques gouttes de pluie. Nous passons rapidement devant le château de Careil et décidons d’appuyer un peu plus fort sur les pédales pour arriver avant la pluie. Finalement, lorsque nous arrivons à La Baule, les nuages se sont éloignés, laissant la place au soleil ! Nous longeons le Grand Etier du Pouliguen, où sont amarrés de nombreux bateaux de plaisance et de pêche. Quelques belles villas donnent sur les quais.

Grand Etier du Pouliguen

Nous voilà bientôt sur le front de mer qualifié de l’une des plus belles baies d’Europe. Elle s’étend sur 9 kilomètres du Pornichet au Pouliguen. En cette fin octobre, les jours sont relativement courts. Sous nos yeux, le soleil s’enfonce doucement dans l’océan au milieu des derniers nuages qui traînent encore.

Coucher de soleil depuis la plage de La Baule

Il est l’heure de rendre les vélos. Nous traversons la Baule les vélos à la main ; les rues sont piétonnes et remplies de monde. En attendant notre train, nous revenons dans l’une de ces rues animées pour y déguster du cidre et des crêpes. Il ne nous reste plus qu’à rentrer sur Nantes. Nous arrivons à la gare à la nuit tombée, le cœur léger, les jambes un peu lourdes et plein de beaux souvenirs en tête.

Le coin pratique :

  • Notre parcours fait environ 25 kilomètres sans difficulté particulière.
  • Train : il faut un peu moins d’une heure pour relier Nantes à la gare de La Baule Escoublac ; il y a plusieurs trains par jour.
  • Location de vélos : il y a plusieurs loueurs de vélo à La Baule. Nous avons loué nos quatre vélos équipés de paniers à l’avant en face de l’office du tourisme chez « La Baule Locations Vélos » , 11 avenue Georges Clémenceau, 44500 La Baule-Escoublac. Nous y avons été très bien accueillis et satisfaits de nos montures.
  • Vélocéan : le circuit complet permet d’aller de Saint-Nazaire à Piriac sur mer (140 km) en longeant la côte, avec quelques incursions dans l’arrière pays. Retrouvez la carte du parcours ici : https://www.francevelotourisme.com/itineraire/velocean
  • Terre de sel : https://www.terredesel.com/fr/
4 comments
  1. Martine Barbier

    Visiter les marais salants de Guérande est très instructif ! Pour un produit qu’on utilise tous les jours, le sel, on ne s’imagine pas le travail que ça représente, et le courage de tous ces gens qui en vivent, pour nous apporter du bonheur dans nos assiettes. Merci pour cette belle découverte, à vélo, d’une région que j’aime bien.

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