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Kyoto, l’incontournable

Heian-Kyo, ancien nom de Kyoto, qui signifie capitale de la paix et de la tranquillité, était pour nous une étape incontournable d’un voyage au Japon. Ainsi, nous avons choisi d’y consacrer six jours en alternant des visites dans le cœur de ville et des excursions dans des sites à proximité (dont je parlerai dans un autre article).

Autour de la gare

Arrivés en train de Kanazawa, nous déposons nos sacs dans un coin locker et commençons notre visite… par la gare ! Le hall, immense, tout en verre et métal, présente une architecture futuriste avec un toit en damier inspiré des ruelles de la vieille ville. Nous empruntons de longs escalators pour nous rendre au 11ème étage du centre commercial. Après avoir longé un nombre conséquent de restaurants, nous débouchons sur un couloir vitré qui s’étire sur toute la longueur de la gare offrant une vue plongeante sur le hall mais aussi et surtout une jolie vue sur la Kyoto Tower. C’est un endroit idéal pour prendre des photos de la tour, qui plus est le soir, lorsque celle-ci est illuminée. La gare est aussi à voir à la nuit tombée lorsque des animations sont projetées sur les immenses escalators.

Nous montons ensuite dans la Kyoto Tower située en face de la gare. Le point de vue porte sur toute la ville et nous apercevons même Osaka et son château. De là-haut, nous avons repéré deux temples accessibles à pied : le Higasho-honganji et le Nishi-honganji, que nous partons aussitôt visiter.

Ces deux temples sont construits en bois foncé et sont très vastes. Les bordures de toits sont soulignées de dorures qui tranchent sur le bois. A l’intérieur, des moines bouddhistes officient. La simplicité de la salle recouverte de tatamis s’oppose singulièrement à l’autel richement travaillé de sculptures dorées. Dans le Higashi-honganji se trouve une corde enroulée sur elle-même. Elle a été réalisée avec les cheveux offerts par les dévots afin de servir à la construction du temple en1895. J’ai beaucoup aimé ces deux temples, pour leur architecture sobre, l’immensité des salles et le calme qui y règne.

Nous sommes emballés par ce premier contact avec Kyoto. Il y a peu de buildings, beaucoup de larges avenues, mais aussi des ruelles étroites où il est agréable de marcher.

Une journée autour du chemin de la philosophie

Le chemin de la philosophie est la balade la plus célèbre de Kyoto. Elle doit son nom au philosophe Kitaro Nishida qui s’y promenait régulièrement, plongé dans ses pensées. Le chemin est très agréable ; il suit un étroit canal planté de cerisiers. Dans les montagnes qui le bordent sont disséminés de nombreux temples. Ainsi, pour les visiter, il faut faire des aller-retours depuis le chemin et les montées sont parfois assez abruptes. Avec la chaleur, l’exercice peut même se révéler éprouvant.

Chemin de la Philosophie

Nous avons choisi de commencer le chemin par le nord afin de voir en début de matinée le Gingaku-ji, l’un des temples les plus visités. Son nom signifie « pavillon d’argent » : il était à l’origine la demeure d’un shogun qui voulait le faire recouvrir d’argent, mais ne put jamais finaliser son projet. Les jardins y sont particulièrement travaillés avec de nombreux espaces de sable ratissés et des couverts d’arbres tout en mousse.

Le temple que nous visitons ensuite fait partie de mes coups de cœur. Il s’agit du Honen-in. L’entrée, une porte surmontée d’un toit couvert de mousse, donne l’impression de pénétrer dans un lieu intime et préservé. Le chemin passe ensuite entre deux espaces recouverts de sable sensés purifier les visiteurs, puis mène à un jardin couvert de mousse et orné de nombreuses sculptures. Un petit pont de pierre permet d’accéder au bâtiment central, toutefois celui-ci n’est ouvert que deux fois par an…

Plus bas sur le chemin se trouve le Eikan-do, construit sur les pentes du Daimon-ji. Il est composé de plusieurs bâtiments et d’une pagode que l’on atteint après avoir grimpé plusieurs escaliers.

Le chemin de la philosophie délaisse ensuite le bord du canal. Nous arrivons alors devant une porte monumentale en bois noir, la porte San mon. Elle a été construite en 1626 en mémoire des guerriers victimes du siège du château d’Osaka. Un escalier étroit permet d’accéder aux deux niveaux qui la composent et d’où on a un joli point de vue sur la ville et sur le Nanzen-ji.

San Mon

Le Nanzen-ji est le dernier temple que nous visiterons sur ce chemin de la philosophie. Il s’agit d’un temple bouddhiste zen datant de 1291 ; c’est le plus important du Japon. Le site, plutôt vaste, comporte un bâtiment principal et de nombreux bâtiments secondaires ainsi qu’un jardin célèbre baptisé le jardin du tigre bondissant. Il y a aussi un aqueduc datant de la période Meiji qui permettait de faire venir à Kyoto l’eau du lac Biwa.

Le quartier d’Higashiyama

C’est LE quartier à visiter : c’est là que se situent les temples les plus célèbres de la ville, notamment dans la partie sud. C’est un endroit qui fut épargné par les incendies qui ravagèrent Kyoto à plusieurs reprises car situé de l’autre côté de la rivière Kamo.

Nous commençons par le Kiyomizu-dera construit à flanc de montagne. Il faut longer un immense cimetière puis monter une forte pente avant de passer sous de magnifiques portes rouges ornées de peintures très colorées. Une belle pagode – rouge elle aussi – se dresse juste après. Pour atteindre le temple, il faut continuer à grimper. Nous voilà alors dans le pavillon principal, le Hondo, construit sur une vaste terrasse en bois reposant sur 139 piliers. Malheureusement pour nous, le bâtiment est en réfection et complétement bâché. Pour autant, la foule est dense ; les gens le traversent lentement au son de clochettes accrochées au plafond et qui tintent doucement dans le vent. Le chemin se poursuit toujours plus haut pour accéder à un petit sanctuaire, le Jishu-jinja où de jeunes gens s’amusent à courir d’une pierre à l’autre les yeux fermés ; la légende dit que si on arrive pile en face de la pierre, son désir d’amour sera exaucé….
En redescendant, nous passons devant une cascade et la déesse Kannon : ici les gens font la queue pour prier et boire l’eau d’une source sacrée réputée apporter la longévité.

Nous quittons le site pour nous diriger vers deux ruelles classées : la Sannenzaka (pente des 3 ans) et la Ninenzaka (pente des 2 ans). Toutes deux sont pavées et bordées de maisons en bois. La légende dit que si l’on glisse sur ces pavés, on s’attire 2 à 3 années de malheur… nous passerons sans encombre ! Ces rues sont vraiment très agréables et très animées notamment en raison des nombreuses boutiques. Par contre, y faire une photo s’avère sportif au vu du nombre de touristes.

Peu après, nous arrivons au Kodai-ji. Construit en bois foncé, il est situé au milieu d’un beau jardin avec une bambouseraie. Plusieurs bâtiments le composent reliés par des chemins en bois surélevés et couverts. Tout à côté, un immense bouddha de 24 mètres de haut a été construit en hommage aux victimes de guerres.

Voilà quelques heures que nous arpentons ce quartier. Le jardin Maruyama-koen nous permet de faire une pause bienvenue. C’est dans ce jardin que se trouve le plus célèbre cerisier pleureur de Kyoto.
Ayant repris quelques forces, nous reprenons notre parcours en nous rendant cette fois-ci au Chion-in, siège de la secte bouddhique la plus importante du pays. L’entrée est marquée par une porte en bois, la San-mon, la plus colossale du Japon. Le site se compose d’un temple et de salles de réception décorées de belles peintures.

Le nord du quartier est moins couru. Ici, nous avons visité un vaste sanctuaire shinto, le Heian Jingu. Situé un peu à l’écart des sites touristiques, l’ambiance y est très calme et très agréable. Relativement récent, il fut bâti en 1895 à l’occasion du 1100ème anniversaire de la création de Heian-Kyo, ancien nom de Kyoto. Il est la reproduction partielle du palais impérial. L’entrée est marquée par un immense torii rouge vermillon de 25 mètres de haut (le deuxième plus haut du Japon). Une fois franchi la porte d’entrée, on se retrouve dans un vaste espace entouré de bâtiments rouges et blancs et aux toits verts. À l’arrière des bâtiments se situe un jardin connu pour ses cerisiers pleureurs, malheureusement fermé quand nous y sommes allés, un regret car il avait l’air magnifique.

Heian Jingu

Les quartiers commerçants

Il y a le marché Nishiki, grouillant de monde. Il s’agit d’un marché alimentaire couvert constitué de nombreuses échoppes vendant des brochettes de poissons, de viandes, des légumes, des préparations variées et aussi des bonbons qui régalent presque plus les yeux que la bouche ! C’est un endroit très sympathique pour déjeuner le midi et goûter diverses spécialités.

Juste à côté se trouve les galeries Teramachi. Très animées la journée, je les trouve encore plus divertissantes le soir quand tous les restaurants ont allumé leurs lanternes en papier de riz. L’endroit que j’ai préféré est le temple situé à mi-chemin, le Nishiki Tenmangu Shrine. Le soir, il prend un aspect féérique. A l’entrée se trouve la statue d’un taureau, porte-bonheur que beaucoup caressent en passant. On y trouve aussi une boîte à prédiction originale avec une marionnette de taureau qui s’anime quand on passe devant.

Le soir, nous nous sommes également promenés dans le quartier de Pontocho qui borde la rivière. Il faut s’engager dans une ruelle étroite pour goûter l’atmosphère de ce quartier. Toutes les façades sont en bois laissant rarement voir l’intérieur. De temps en temps, une fenêtre donne sur cette rue et on peut alors apercevoir un cuisinier en train de préparer des plats. J’ai beaucoup aimé ensuite descendre au bord de la rivière. Les restaurants surplombent les quais perchés sur de hauts pilotis.

Kyoto est une ville qui nous a vraiment séduit, pour la richesse de son patrimoine, pour ses différents quartiers, pour ses petites rues… je trouve que le nom de « capitale de la paix et de la tranquillité » lui va encore très bien.
Sur les 3 jours passés à explorer la ville, nous avons consacré une journée au chemin de la philosophie, une journée et demi au quartier d’Higashiyama et une demi-journée aux sites autour de la gare. Ça nous a donné un bel aperçu des sites à visiter. Le soir, nous avons pris beaucoup de plaisir à déambuler dans les ruelles, notamment la galerie Teramachi et le quartier Pontocho. Malgré tout, il y a quelques endroits que nous aurions aimé faire à tous prix, notamment le pavillon d’or et l’ascension du mont Daimon-ji. Une quatrième journée me semble donc utile pour vraiment profiter de la ville.

Le coin pratique

Comment distinguer temple et sanctuaire ?
  • un temple est dédié au bouddhisme ; son entrée est marquée par une porte appelée « mon ». Dans le nom, on trouvera les particules « dera », « tera » ou « ji »
  • un sanctuaire est, quant à lui, shintoïste et son entrée est marquée par un torii. Dans le nom, on trouvera la particule « jin »
Se déplacer :

Le bus est le moyen idéal pour aller dans les différents sites touristiques. Le coût d’un trajet est le même quelque soit la distance et la ligne (230 yens). Il est possible d’utiliser les cartes SUICA ou PASMO (valable dans le métro à Tokyo). On monte par l’arrière et on descend par l’avant. C’est à ce moment-là que l’on paye son ticket soit en passant sa carte SUICA ou PASMO devant un lecteur, soit en déposant l’argent dans la machine située à côté du chauffeur. La machine rend la monnaie.
Il y a également deux lignes de métro. A noter que le JR Pass ne fonctionne pas sur ces lignes.
A retenir : les bus 100, 101 et 102 desservent les principaux sites touristiques. Avantage, les annonces sont également faites en anglais sur ces trois lignes.

A visiter depuis Kyoto (aller-retour dans la journée) :
  • Fushimi-Inari et ses 30 000 torii, à 5mn en train
  • Arashiyama, sa forêt de bambous et son parc aux singes, à 15 mn en train
  • Nara et ses cerfs Shika, à 46 mn entrain
  • Himeji et son château blanc, à 52 mn en train
Se faire soigner :

J’ai testé la clinique Horikawa : 865 Horikawa-Imadegawa-agaru, Kamigyo-ku ( 075-441-8181).
Ce n’était pas prévu au programme, mais j’ai dû faire appel rapidement à un médecin. Sur le site de l’ambassade, j’ai trouvé les coordonnées et les horaires d’une clinique internationale, la clinique Horikawa. Les échanges ont eu lieu dans un anglais minimaliste – très minimaliste. Personne ce jour-là parlant français n’était présent. Pour autant, tout le personnel a cherché à bien se faire comprendre. Après avoir été reçue et soignée par le médecin, une personne m’a accompagnée à la pharmacie en dehors de la clinique et a demandé les médicaments pour moi. Ils m’ont été remis dans un sachet en papier – avec le nombre de comprimés dont j’avais besoin. Les prescriptions ont été retranscrites en anglais sur le sachet. J’en ai eu pour 7100 yens (environ 60 €) pour une otite (visite médicale, soins et médicaments).
Encore une fois, j’ai pu mesurer la gentille et la serviabilité des gens.

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