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Entre toits de chaume et rizières

Voilà maintenant une bonne dizaine de jours que nous sommes au Japon. Nous enchaînons notre troisième étape et nous nous sentons désormais à l’aise pour nous déplacer. Aujourd’hui, c’est une journée bus qui nous attend, mais avec une longue pause en cours de route. Nous allons en effet visiter Shirakawa-go à mi-chemin entre Takayama et Kanazawa.

Shirakawa-go est un ensemble de trois villages historiques : Ogimachi, Suganuma et Ainokura. Notre bus nous arrête à Ogimachi, un site relativement grand et toujours habité. La plupart des maisons ont environ 250 ans. Une consigne située à côté de l’arrêt de bus nous permet de laisser nos sacs de voyage. De là, un chemin accède au village. Ce qui frappe immédiatement, ce sont les couleurs du paysage : le vert des rizières à perte de vue, le marron sombre des maisons et les petites touches colorées des fleurs qui les bordent. Toutes les maisons sont orientées de la même façon, pour tenir compte du vent qui souffle du nord au sud. Le village est parcouru de petites rigoles dans lesquelles nagent de magnifiques carpes Koi.

Pour débuter la visite, on peut, juste après être entré dans le village, bifurquer sur la gauche pour monter à un point de vue qui domine toute la vallée : le Shiroyama Tendobai. C’est d’ailleurs à cet endroit que se tenait un château qui n’existe plus aujourd’hui.

Vue depuis le Shiroyama Tendobai

Ce qui fait l’originalité de Shirakawa-go, c’est l’architecture de ses maisons. Elles possèdent un toit particulièrement pentu et robuste destiné à supporter un poids important de neige. Car les hivers ici sont très rigoureux et le village peut se retrouver coupé du monde. Il est dit que ces toits inclinés à 60 % ressembleraient à des mains qui prient. Ils sont constitués de poutres immenses recouvertes de miscanthus, sorte de paille, sur environ un mètre d’épaisseur. Les poutres, entretoises et madriers sont reliés entre eux par des cordes de paille ; aucun clou n’est utilisé. Le résultat est impressionnant et plutôt esthétique. Dans l’une des maisons, un film présente la manière dont ces toits sont construits. C’est au printemps que les travaux sont exécutés. Le chaume qui recouvre les toits est récolté à l’automne. Tous les villageois participent à la construction ou à la réfection d’un toit, soit environ 100 à 200 personnes pour une seule maison. Ainsi, le travail est accompli sur une seule journée.

Les Gassho-zukuri, tel est le nom de ces maisons, sont de forme triangulaire (due à leurs toits très pentus), le plus souvent organisée en deux ou trois niveaux. La famille vit au rez-de-chaussée, divisé en plusieurs pièces. Chaque maison peut ainsi accueillir 20 à 30 personnes d’une même famille. Au centre trône le foyer qui permet de faire la cuisine, sécher le linge, chauffer la maison. Les plafonds de chaque niveau comportent des ouvertures permettant à la fumée et à la chaleur de monter jusqu’au grenier. Le chaume du toit est ainsi protégé de l’humidité et des insectes. Juste au-dessus du foyer est suspendue une planche appelée « hiama » : activée à l’aide d’une corde, elle permet de dissiper la chaleur et la fumée. Dans les étages, on peut voir les espaces où étaient élevés les vers à soie ainsi que ceux dédiés au tissage mais aussi à la fabrication de cordes servant à fixer les poutres entre elles.

Il est possible de visiter plusieurs maisons particulièrement bien conservées, comme la Wada-Ke, la Nagase-Ke ou la Kanda-Ke. C’est intéressant d’en visiter au moins une pour comprendre la vie dans ce village. L’entrée de chaque maison est payante : 300 yens. Dans la maison Wada-Ke, de vieilles photos sont exposées ainsi que des objets traditionnels du quotidien, des métiers à tisser et de nombreux outils… La maison Naga-Ke, quant à elle, rassemble du matériel médical car elle appartenait à une famille de médecins.

Le village peut se parcourir en trois à quatre heures. On peut y trouver à manger ; il est également possible d’y dormir en réservant une « minshuku ». Pour notre part, nous avons choisi d’y faire juste un arrêt entre Takayama et Kanazawa. Ainsi, nous avons pris le bus à Takayama qui nous a déposé à Shirakawago à 12h10. Nous en sommes repartis à 16h25 pour rejoindre Kanazawa à 50 minutes de route. Les horaires sont en ligne sur le site de la compagnie de bus et il est possible de réserver sa place par internet :

https://www.nouhibus.co.jp/highwaybus/kanazawa_en/

Shirakawa-go constitue pour moi un incontournable. Les maisons y sont vraiment magnifiques. Le fait de pouvoir s’y promener à pied rend la visite très agréable.

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