Loading...
baladesHaute-GaronneOccitanie

Sous le charme de Toulouse

Le Capitole, palais toulousain

Le Capitole, c’est probablement l’image emblématique de Toulouse. Mais quel nom étonnant pour ce bâtiment ! S’il abrite aujourd’hui la mairie et un théâtre, il fut au départ le palais des Capitouls… et voilà l’origine de son nom. Les Capitouls (terme occitan) étaient les seigneurs de la ville, élus du capitoulat, équivalent de notre conseil municipal. Construit au 17ème siècle, il abrite encore aujourd’hui les instances élues de la ville.

Et il en impose avec sa longue façade dominant une large place éponyme. Une façade qui comporte huit colonnes en marbre symbolisant les huit premiers capitouls. Si elle s’affiche aujourd’hui en brique rose, ce ne fut pas toujours le cas . En effet, les briques étaient souvent cachées par du badigeon blanc autrefois.

De l’extérieur, le bâtiment apparaît comme un véritable palais avec ses colonnes en marbre, ses nombreuses fenêtres et les sculptures qui le décorent : on y trouve ainsi une représentation de la justice et de la force, de la tragédie et de la comédie, de Clémence Isaure (personnage légendaire à qui est attribué la fondation des Jeux Floraux, la plus ancienne des sociétés savantes d’Europe) et de Pallas.

L’intérieur peut se visiter : il faut absolument aller voir la salle des illustres et les œuvres qu’elle abrite. Entre autres des peintures de Laurens et Henri Martin, mais aussi de belles sculptures où les artistes ont pu exprimer leur talent.

Aux pieds de ce bâtiment se tient une grande place minérale aujourd’hui ornée de la croix occitane agrémentée à chaque bout d’un signe du zodiaque. Plusieurs fois par semaine se tiennent des animations sur cette place, dont un marché le mercredi. C’est un excellent point de départ pour visiter la ville : de là partent plusieurs rues piétonnes, plus ou moins larges, plus ou moins étroites bordées d’immeubles en brique rose…

La ville rose, tel est son surnom

Il est vrai que la plupart des maisons et immeubles sont construits en briques de terre cuite et ce depuis l’Antiquité. Car la région est riche en terre argileuse et pauvre en carrières de pierre. Toutefois, ce surnom est relativement récent. Au 18ème siècle, les habitants avaient l’obligation de blanchir leur façade, imitant ainsi la pierre, plus noble.Ce n’est que depuis le début du 20ème siècle que ce surnom lui a été attribué par le syndicat d’initiative. Aujourd’hui, la tendance est de remettre à nu les briques ou d’utiliser les briquettes pour encadrer subtilement une porte ou une fenêtre.

Au fil de la promenade, des portes s’entrouvent sur des cours intérieures d’hôtels particuliers en brique rose. Si vous êtes un tant soit peu curieux, vous serez vite récompensé. Parmi ces hôtels, celui d’Assézat est un incontournable à visiter. Il fut érigé en 1515 par un marchand de pastel, plante cultivée dans la région et dont les feuilles produisent une teinture bleue pâle (couleur que l’on retrouve fréquemment sur les volets en bois). La cour intérieure recèle une architecture très travaillée et harmonieuse. L’intérieur se visite également et abrite la fondation Bemberg qui rassemble des objets de la Renaissance jusqu’au milieu du 19ème siècle.

Hôtel d’Asssezat

En déambulant dans les rues, si vous levez la tête, vous découvrirez très régulièrement de petites tours assez étroites qui surmontent les hôtels particuliers. On les appelle les tours capitulaires, car seuls les capitouls avaient le privilège d’en élever une. Toutefois, quelques riches marchands pasteliers, bien que non capitouls, ont fait de même.

Roses aussi sont les musées et les églises. L’un des plus grands, le musée des Augustins, installé dans un cloître, présente entre autres une collection de chapiteaux particulièrement bien mise en valeur. Il y a aussi le musée Saint-Raymond, logé dans un ancien collège universitaire. Le bâtiment apparaît petit vu de l’extérieur, mais il regorge de très belles œuvres antiques et régionales bien mises en valeur. Il y a notamment des bas-reliefs représentant les douze travaux d’Hercule provenant d’une riche villa au sud de Toulouse.

Quant aux églises, le choix est plutôt vaste. Parmi celles-ci, il y a deux clochers octogonaux que l’on repère très vite de loin :

  • celui de la basilique Saint-Sernin, le plus vaste édifice roman de France. Située sur une place aujourd’hui piétonne, elle est vraiment très belle à admirer ;
  • celui des Jacobins, plus difficile à observer car entouré de nombreux bâtiments. Ici, la surprise est à l’intérieur avec le « fameux » palmier. Il s’agit en fait d’une colonne en pierre au centre de l’église qui soutient la voûte et qui est décorée de motifs polychromes. La hauteur est impressionnante.

L’eau, miroir de la ville rose

Au soleil couchant, les toulousains aiment à se promener sur les berges de la Garonne pour voir se refléter les bâtiments qui virent alors du rose à l’orangé. Les quais ont été aménagés faisant la part belle à la promenade… ou à la pause déjeuner dès qu’un rayon de soleil pointe le bout de son nez.

Si la Garonne est aujourd’hui maîtrisée, elle fût à l’origine d’importantes inondations sur la rive gauche de la ville notamment , bien plus basse que la droite. De ce côté-ci, le fleuve est dominé par le dôme de la Grave, un ancien hôpital. A ses côtés, les Abattoirs ont été transformés en musée d’Art Moderne et les jardins à l’arrière donnent accès au fleuve. Un peu plus au sud, la prairie des Filtres descend doucement jusqu’au bord de l’eau. C’est un lieu de détente et de festivités.

Dôme de La Grave

La rive droite offre une autre image. Tout d’abord, celle d’une haute digue en brique qui borde la Garonne et protège la ville. Au-dessus s’alignent des bâtiments construits entre le 18ème et le 20ème siècle. Il y a l’église de la Daurade, les maisons du quai de Tounis aux volets bleu pastel ou vert. Enfin, il y a le Moulin du Bazacle, aujourd’hui usine hydroélectrique et lieu d’exposition. A cet endroit, une chaussée permettait de franchir le fleuve à gué avant la construction des ponts. Elle se distingue encore aujourd’hui par une petite chute d’eau.

L’eau à Toulouse, ce sont aussi les canaux. Car c’est en pleine ville que le canal du midi et le canal latéral à la Garonne se rencontrent, au port de l’Embouchure, reliant ainsi nos deux façades maritimes. Sans oublier le canal de Brienne, qui fait le lien avec la Garonne.

Canal de Brienne

Toulouse, « une fleur de corail que le soleil arrose » chantait Nougaro. Alors, vous venez quand ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.