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Fuji San, et si on le grimpait ?

 « Celui qui gravit le Mont Fuji une fois est un sage, celui que le gravit une deuxième fois est un fou »

Lorsqu’on programme un voyage au Japon, il y a des noms qui résonnent comme des passages obligés : Tokyo, Kyoto,… Fuji San.

Quand j’ai construit mon circuit, j’ai donc prévu de m’approcher au plus près du Mont Fuji et de passer deux nuits dans la région des lacs qui l’entourent. Et là, tout doucement, une nouvelle idée s’est fait jour : et si nous le grimpions ? A consulter les blogs de voyageurs, ça semblait dur mais pas infaisable. Oui, mais alors, de jour ou de nuit ? Car l’un des «must» est d’assister au lever du soleil depuis le sommet, ce qui suppose de grimper de nuit…

Nous avons hésité jusqu’au dernier moment. Nous avions réservé un logement à Kawaguchi-ko, et de notre fenêtre, nous avions une vue magnifique sur le volcan. Et le premier soir, à la nuit tombée, nous avons vu… nous avons vu une longue file de lumières continue qui serpentait jusqu’au sommet ! Nous ne nous voyions pas grimper dans ces conditions, à la queue leu leu et à la frontale. La décision était prise : nous le ferons de jour.

C’est ainsi que nous avons pris un bus à la gare de Kawaguchi-ko qui partait à 7h30. Il y avait peu de monde. Une heure plus tard, le bus nous déposait à la 5ème station, point de départ de l’ascension. En fait, le lieu ressemble à une station de ski avec des magasins et des bâtiments de services. Une grosse effervescence y règne : il y a ceux qui sont venus en bus touristiques pour voir le point de vue, il y a ceux qui ont passé la nuit au sommet et qui se détendent et enfin il y en a quelques uns, comme nous qui enfilent des vêtements chauds pour partir à l’assaut de cette montagne mythique. La température avoisine les zéro degré au sommet… contre plus de 35° dans la vallée !

9h00 : c’est parti, nous entamons notre longue journée par le Yoshida Trail. C’est le sentier le plus fréquenté et le plus « facile ». Il est ponctué de 5 stations où on trouve de quoi se restaurer (avec des prix qui grimpent au même rythme que la pente…) ; on peut aussi à chaque station faire marquer au feu un bâton de bois à acheter au départ et qui sera la preuve que vous l’avez fait. Le chemin est large, plutôt plat. Nous avançons à notre rythme, assez facilement car il y a vraiment très peu de grimpeurs à cette heure.

Passé la 6ème station, ça commence à se corser. La pente devient plus raide ; à la 7ème station, le chemin disparaît sous les rochers de lave. Il faut bien regarder où poser les pieds. Nous grimpons ainsi jusqu’à la huitième station. Le manque d’oxygène se fait sentir, la tête tourne, des pauses s’imposent régulièrement… mais nous ne lâchons rien. Le plus dur est à venir. Notamment, la dernière demi-heure sera exténuante, d’autant plus que nous avons plus de 4 heures de marche derrière nous. On a l’impression d’escalader un mur, cherchant sans cesse nos appuis, le souffle court. C’est finalement après 5 heures d’effort que nous franchissons le tori blanc qui nous ouvre l’accès au sommet. C’est alors une joie intense. La vue est magique, nous avons une chance infinie : le beau temps est de la partie, aucun nuage n’est venu cacher le sommet ou le paysage. On en oublie le froid, c’est l’effervescence : les gens crient, rient, font des photos, achètent des souvenirs ! Car, oui, il y a une boutique au sommet ; mais surtout comme un peu partout au Japon, il y a un coin avec des tampons mentionnant la date et l’altitude (3776m). Et autre chose incroyable, internet fonctionne, histoire de pouvoir partager son exploit en direct !

Il est possible de faire le tour du cratère en une heure, mais nous n’en avons pas eu le courage. Nous avons pris notre temps pour le photographier. Il présente de belles couleurs du rouge au noir, et dans les endroits que le soleil n’atteint pas, quelques stalactites subsistent.

Ce qui nous fera le plus souffrir finalement, ce sera la descente, avalée certes en 3 heures ; mais le chemin est différent de celui de l’aller. Il est sinueux et sablonneux, les pieds s’enfoncent parfois jusqu’aux chevilles. Il faut régulièrement vider les chaussures. Les genoux et le dos encaissent mal… Finalement, nous parvenons en bas à temps pour le bus retour de 18h20. Quel plaisir de pouvoir s’asseoir. Le soleil se couche, auréolant le paysage de belles couleurs orangées. Nous voilà de retour à Kawaguchi-ko, il fait déjà nuit… et nous, nous avons eu un mal infini à nous lever et à marcher. Heureusement, notre appartement était à côté de la gare. Nous avons à peine mangé avant de nous effondrer dans nos lits, mais tellement heureux !

Cette journée est l’un de nos plus beaux souvenirs du Japon. Avec le recul, nous sommes contents de l’avoir fait de jour car ça nous a permis de bien profiter du paysage tout au long de la montée : la vue y est magnifique, découvrant une partie des lacs qui entourent le Mont Fuji.

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