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Tokyo, entre traditions et modernité

Pour visiter Tokyo, et sachant la chaleur qui s’était abattue sur le Japon cet été-là, je me suis fixée un principe : alterner quartiers animés et sanctuaires et se ressourcer au moins une fois par jour dans un parc. Première et dernière étape de notre périple, nous avons consacré en tout six jours à la découverte de Tokyo (quatre au début et deux à la fin).

4 jours pour plonger dans l’ambiance et s’immerger dans la culture japonaise

1ère journée

Nous avons plongé dans cette mégalopole un matin à 7 heures fraîchement (enfin presque) débarqués de l’avion. Une fois les formalités accomplies, le pocket wifi et le Japan Rail Pass récupérés, la carte de métro faite – et tout ça dans l’aéroport – nous sommes directement allés prendre de la hauteur en nous rendant à l’observatoire de la mairie de Tokyo. De là-haut, nous découvrons l’immensité de la ville avec ses buildings et ses nombreux parcs.

Nous partons ensuite à la découverte du quartier de Shinjuku, le plus grand de Tokyo. L’occasion de marcher dans des rues très animées, avec des boutiques remplies de gadgets, de machines à sous. Il y a aussi une tête géante de Godzilla qui émerge du haut d’un building.

Nous enchaînons par notre premier sanctuaire, celui d’Hamazono-jinja. C’est le plus important sanctuaire shintoïste de Tokyo. Une petite allée de Tori mène à des statues de renards représentant la déesse Inari. Pour terminer cette première journée, direction le parc de Shinjuku et son magnifique jardin. Mais la chaleur et la fatigue du voyage ont quelque peu rendu la visite difficile…

2ème journée

Dur de se lever ce matin; mais nous avons réservé nos places pour visiter le musée Ghibli depuis la France. En effet pour visiter ce lieu, une réservation est obligatoire et les places sont comptées. Pour cela, les places sont mises en vente au début de chaque mois m pour le mois m + 1. Elles partent en moins de 30 minutes. Avec le décalage horaire, nous nous étions levés en pleine nuit pour faire nos réservations !

Direction, le musée donc, en métro. Ça y est, on a bien compris comment ça marche, tout est très bien indiqué et les noms des stations sont traduits en alphabet latin, le romaji. Nous arrivons sans encombre à Mitaka, le site du musée. En fait, il est relativement petit, mais il regorge de milliers de planches à dessins et de maquettes. On peut même assister à la projection d’un court métrage inédit.

A proximité du musée se trouve le jardin Inokashira Koen, organisé autour d’un vaste étang créé à l’époque Edo et sur lequel on peut faire une promenade avec des pédalos en forme de cygnes. Au bord de cet étang, un temple dédié à la déesse de l’amour Benzaïten a été dressé. C’est celui que j’ai préféré : il comporte de très jolies statues. Il est sous les arbres et plutôt intime.

A quelques encablures se trouvent les ruelles d’Harmonica Yokocho. Elles sont couvertes et abritent de nombreux magasins. C’est qu’on appelle les shotengai au Japon. Elles sont décorées de banderoles publicitaires dessinées.

Si ce matin, nous avons découvert un quartier plutôt calme, cette après-midi, nous partons visiter Akihabara, « electric town ». Quartier spécialisé dans l’électronique et les jeux, il regorge de magasins et de salles d’arcade toutes plus bruyantes les unes que les autres. Pour notre part, nous avons testé le Super Potalo, pas évident à trouver. Il faut repérer une petite porte, s’enfiler dans un couloir étroit et grimper 5 étages pour accéder aux consoles de jeux. On peut alors s’installer et tester des jeux gratuitement. Les étages inférieurs sont pleins à craquer de figurines et de jeux ; on peut à peine se croiser dans les rayons.

3ème journée

Ce matin, direction le marché aux poissons, Tsukiji market. Nous avons eu la chance de le voir à son emplacement d’origine, car depuis il a été déplacé à Toyosu pour être modernisé. De petites ruelles très animées et très commerçantes mènent du temple bouddhiste Tsukiji Hongwanji au marché. On y trouve toutes sortes de poissons, mais aussi des stands pour manger, des magasins de vaisselle avec chacun leur spécialité : il y a celui qui vend des bols, celui qui vend des baguettes… C’est très coloré. Le marché ouvre ses portes aux visiteurs à 10h00. C’est le plus grand du monde. Il y a d’abord une zone climatisée où l’on peut trouver toutes sortes de préparation à base de poissons et de fruits de mer. Puis à l’arrière, ce sont les hangars où les poissons sont découpés et conditionnés. Il y a de tout, beaucoup de thons, énormes. L’ambiance est très particulière avec tous ces poissonniers qui manient avec une belle dextérité machines de découpe et couteaux imposants, le tout au milieu d’énormes blocs de glace.

A quelques encablures du marché, il y a le jardin Hama-Rikyu Onshi-Teien. C’est le vestige d’un domaine de chasse à l’endroit où la Sumida, rivière qui traverse Tokyo, se jette dans la baie. C’est un jardin très reposant avec une partie très fleurie, puis une autre partie constituée de grandes pelouses vallonnées. Il y a un pavillon du thé où nous avons dégusté un thé vert à la mode japonaise, assis sur les tatamis. Ce moment hors du temps nous a requinqués !

Nous voilà donc repartis pour le quartier d’Ueno que nous rejoignons en métro. Dans les années 1600, Leyasu, premier shogun de la période Tokugawa, construisit à cet endroit le temple Kanei-ji afin de barrer la route aux esprits malins en provenance du nord-est. Aujourd’hui, plusieurs musées et temples ainsi qu’un zoo sont installés dans ce parc. C’est immense et nous n’avons visité que deux édifices :

  • l’Ueno Tosho-gu, sanctuaire shintoïste, très coloré, et recouvert de nombreuses feuilles d’or. Il est vraiment magnifique, orné de nombreuses petites sculptures représentant des fleurs ou des oiseaux. Il aurait nécessité un peu plus de temps que ce que nous avions prévu ;
  • le musée national de Tokyo, dont nous n’avons pu voir qu’une partie, notamment la galerie des trésors.

Le quartier d’Ueno nous a beaucoup plu. Il mériterait qu’on y consacre plusieurs jours tant il regorge de richesses. C’est un endroit où l’on a envie de se poser et de prendre le temps de contempler les différents édifices.

4ème journée

A l’issue de ces trois premières journées, nous sommes partis pour une escapade de 2 jours dans les Alpes japonaises à Nikko. Ce fut une excellente idée pour s’éloigner de la chaleur étouffante et de l’agitation de la ville.

Deux jours plus tard, nous voilà de retour à Tokyo après ce petit intermède bien reposant. La chaleur écrasante est toujours très présente, avec un ressenti de 48° et 70 % d’humidité… Le retour est difficile. Nous décidons d’aller visiter le Meiji Juingu, le sanctuaire le plus grandiose de Tokyo, posé dans un immense parc. Il est relativement récent : achevé en 1920, il était destiné à faire entrer l’empereur au panthéon des divinités shintoïstes.

Ici, on oublie qu’on est dans une mégalopole. Le parc Yoyogi est une vraie forêt ; 10 000 arbres y ont été acheminés de tout le Japon. Quand on est au cœur, on ne perçoit plus les bruits de la ville. L’entrée est marquée par d’immenses Tori de 12 mètres de haut en cyprès. Des tonneaux de saké, magnifiquement décorés, sont empilés les uns sur les autres d’un côté de l’allée. Ils ont été offerts par des donateurs. De l’autre côté de l’allée, d’autres tonneaux leur font face, ceux-là remplis de vin de Bourgogne, offerts à l’empereur en guise de paix et d’amitié.

Le temple est construit dans des lignes épurées. Une grande effervescence y règne, avec plusieurs endroits où on peut laisser des vœux ou accrocher des ema, des petites plaques de bois dessinées. On peut également se procurer des waka, minuscules rouleaux contenant de courtes maximes écrites par l’empereur.

Changement d’ambiance : presqu’en face de l’entrée du parc se trouve l’une des rues les plus animées de Tokyo, Takeshita Dori. Sur 400 mètres, elle aligne des boutiques de tenues de cosplay, de gadgets et aussi des « purikura no meca ». Il s’agit de cabines photos permettant de gommer les imperfections des clichés et d’ajouter des décorations avec des stylos tactiles.

De là, nous regagnons à pied le fameux carrefour de Shibuya et ses grands passages protégés en diagonale. Il y a un monde fou. Pour mieux le voir, nous grimpons sur le rooftop de la tour Hikarie.

L’agitation et la chaleur ont raison de nos forces. Nous prenons le métro, direction le jardin impérial, Koshikawa Korakuen . Encore une belle bulle de verdure avec des lotus en fleurs, une rivière qui serpente, un héron sur une île et un pont de la pleine lune. Quel bonheur !

Le périple touche à sa fin, retour à Tokyo

5ème journée

Après ces quatre journées bien remplies, nous avons réalisé une boucle en train passant par les Alpes japonaises, la ville de Kanazawa, Kyoto et ses environs et le Mont Fuji. Cette cinquième journée marque donc notre retour à Tokyo… et la fin proche de notre voyage.

Nous arrivons en début d’après-midi et posons nos sacs dans le quartier d’Asakusa, à proximité du Senso-ji. Nous constatons avec soulagement que l’épisode caniculaire est terminé. Quel changement, on respire enfin !

Le Senso-ji est le plus vieux temple bouddhiste de Tokyo. Le temple fut fondé en 645, après que deux frères eurent trouvé une statuette de Kannon dans les eaux de la rivière Sumida. Une porte monumentale en marque l’entrée, la porte du Tonnerre, Kaminari-mon, au centre de laquelle est suspendue une énorme lanterne rouge de 670 kg et 4 mètres de haut ! Passé sous cette porte, on se retrouve dans une ruelle commerçante très animée avec plein de petites échoppes, appelée Nakamise-dori . On y trouve beaucoup d’objets traditionnels : des papiers cadeaux – chiyogami, des cerfs-volants, des figurines, des bonbons, des gâteaux fourrés à la pâte de haricot rouge, et même des costumes pour les chiens… Il y règne une très belle ambiance. Il faut ensuite franchir une porte à deux niveaux, Hozo-mon, pour découvrir le temple. L’allée qui y mène est bordée de stands où on peut tirer au sort des rouleaux de papiers prédisant l’avenir. Au centre de cette allée trône un énorme brûleur d’encens. Beaucoup de gens sont attroupés autour affairés à faire venir la fumée sur eux en gage de bonne santé.

Le temple abrite une statue de la déesse Kannon (déesse de la compassion), à laquelle il est dédié. Ses plafonds sont entièrement ornés de peinture. Il est particulièrement beau. Sur le site, il y a d’autres bâtiments, comme une pagode à cinq étages, un temple dédié aux pêcheurs qui trouvèrent la statue, également de nombreuses statues et un jardin composé de bambous, arbustes et bien évidemment d’une petite rivière. Ça fait partie des endroits que nous avons bien aimés, notamment par l’atmosphère qui y règne.

Nous y sommes restés jusqu’à la tombée de la nuit. Voir la ruelle commerçante éclairée par les lanternes en papier était magique. Et de retour à l’hôtel, nous avons profité de la vue magnifique de notre chambre… située au 21ème étage.

6ème… et dernière journée

Dernière journée au Japon. Nous traversons le Senso-ji ; l’ambiance y est totalement différente, il n’y a presque personne. Puis ballade à pied entre la rivière Sumida et la Sky Tower. Le quartier est très calme, traversé par un canal. Les bâtiments sont relativement modernes. Nous ne sommes pas montés à la Sky Tower, le temps est bien gris ce matin. Un grand centre commercial occupe le bas de la tour, l’occasion d’acheter quelques souvenirs à déguster.

Retour au bord de la Sumida en fin de matinée où nous embarquons dans un bateau avec de grandes baies vitrées, le Hotaluna. Il nous permet de regagner Odaiba en une heure. Même si le ciel est gris et qu’il pleuviote un peu, le trajet est agréable. De nombreux canaux se jettent dans la rivière. Avant d’arriver à Odaiba, la rivière s’élargit ; nous voilà dans la baie de Tokyo.

Odaiba est une île artificielle avec de nombreuses attractions : une statue de la liberté (!), un Gundam grandeur nature qui s’anime régulièrement, des galeries commerciales à n’en plus finir, un parc aquatique, une plage artificielle… Nous jetons notre dévolu sur le Toyota Mega Web, sorte de musée de l’automobile, mais où la marque présente aussi ses concepts-cars. On en a pris plein les yeux.

Pour retourner à notre hôtel, nous avons pris le métro aérien (sans conducteur) qui effectue un quasi demi-tour avant d’emprunter le Rainbow Bridge, un pont suspendu qui traverse la baie. Ce quartier donne encore une autre image de Tokyo. Là aussi, il nous aurait fallu un peu plus de temps pour bien en profiter.

Dernière soirée, dernier restaurant : nous sommes allés au Kamiya Bar à Asakusa, très sympathique et très bon. Dernière ballade à travers le Senso-ji illuminé. Demain matin, le Narita Express nous emmènera à l’aéroport. Mais je sais déjà que ce n’est qu’un au revoir.

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