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En balade à Rodez

La première image de Rodez, c’est sa cathédrale massive et imposante qui se détache sur le ciel. La ville, perchée au sommet d’un « piton », comme l’appelle les gens d’ici, domine la vallée de l’Aubrac. La route monte rapidement à l’assaut de cette cité particulièrement ancienne. Les Rutènes, peuplade gauloise, sont à l’origine de son nom. Les habitants sont d’ailleurs appelés les ruthénois. Ce fut ensuite une ville forteresse ; une petite partie des remparts subsistent encore à côté de la cathédrale, avec notamment la tour des Corbières qui date du 15ème siècle.

Parvenu en haut du Piton, l’un des premiers sites que l’on découvre est le musée Soulages. Posé à l’extrémité du jardin du foirail, il est devenu en quelques années l’un des phares de Rodez, ville natale de l’artiste.

Il a été  construit autour de ses œuvres, pour une mise en valeur particulièrement  réussie. Le bâtiment en acier marron et aux lignes épurées donne le ton. L’intérieur est constitué d’une succession de salles de tailles et de hauteurs variées correspondant chacune à une technique employée. Il y a ainsi une salle dédiée au brou de noix : « C’est pour ses qualités picturales que le brou de noix est employé : relations entre la fluidité et la viscosité, la transparence et l’opacité, et aussi pour la qualité des contours de la forme peinte : nette, grumeleuse, floue » expliquait Pierre Soulages. Une autre est consacrée à la  réalisation des vitraux de l’abbaye de Conques. Dans celle-ci, un film permet de suivre le peintre dans son cheminement. Les cartons préparatoires y sont exposés  ainsi que les matériaux travaillés.

Il y a également une salle dédiée aux gravures à l’eau forte où sont exposées les plaques de cuivre et la toile imprimée qui en a résulté.

Le noir est bien évidemment présent partout. C’est la marque de cet artiste, cette couleur qu’il affectionnait particulièrement pour la lumière qui naît du contraste et de l’interaction avec le blanc. Loin d’être triste, le noir se montre ici sous différents aspects et différentes textures. L’exposition permet de saisir toute la rigueur que Pierre Soulages mettait dans ses œuvres.

Le jour de notre visite, il y avait aussi une exposition temporaire consacrée à Yves Klein… et à la couleur bleue. Je ne connaissais pas ce peintre et pourtant, son bleu est tellement saisissant : son bleu outremer, est devenu une référence internationale sous l’appellation «International Blue Klein » (IBK). Chaud et lumineux, il apaise et invite à la contemplation. Mais Klein a produit bien d’autres œuvres, toujours très originales comme les « reliefs-éponges » qui intègrent … des éponges dans ses tableaux. Il a aussi beaucoup utilisé l’or et le rose dans le cadre de monochromes (comme les « monopinks ». Une très belle découverte !

Le jardin du foirail relie le musée  au centre historique de Rodez. Petite bulle de verdure, on y découvre un très joli kiosque à musique. Puis au bout de la rue, on se retrouve face à l’imposante cathédrale construite en gré rose. Flanquée de deux tours carrées, qui rappellent la forteresse qui la jouxte, elle domine une place très minérale. L’intérieur est surprenant avec un orgue qui trône au milieu, des autels à chaque extrémité. Il y a aussi des vitraux modernes très étonnants représentant le paradis et l’enfer. Il y en a un dédié au langage des sourds-muets.

A l’arrière de la cathédrale, c’est la ville médiévale qui se profile avec des rues étroites, des maisons à colombages. On peut parfois entrer dans certaines cours intérieures, comme celle de la maison dite d’Armagnac.

Un peu plus loin, on peut découvrir des bâtiments plus récents, comme l’hôtel de la préfecture installé dans un magnifique hôtel du 18ème siècle, ou encore le Family Ciné, créé dans la chapelle de l’ancien couvent Notre Dame et dont la façade est décorée de mosaïques.

Mais continuons notre visite, car Rodez recèle un autre musée, le musée Fenailles. Il couvre une large période historique de la préhistoire à la Renaissance, avec des collections bien mises en valeur. Parmi celles-ci, des menhirs de Rouergue particulièrement surprenants : ils sont gravés de manière à représenter des personnages. On visualise ainsi les traits d’un visage, les mains. Les femmes portent un collier et les hommes un baudrier. Ces menhirs constituent la première représentation de l’homme « grandeur nature ». Je n’en avais jamais vu comme ceux-là auparavant. Le bâtiment lui-même est magnifique avec une petite cour intérieure et un puits.

Il existe un troisième musée que je n’ai pas eu le temps de visiter, le musée des Beaux-Arts Denys Puech.

Rodez est une petite ville qui recèle bien des trésors, elle mérite qu’on y consacre une journée voire plus. Elle est d’ailleurs classée « Grand site d’Occitanie » et a reçu le label « Villes et Pays d’art et d’histoire ».

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